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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

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SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME QUARANTE -QUATRE. — 1911 



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TOULOUSE 

IMPRIMERIE BONNET 

2, RUK UOMIGUISRES 2. 

1911 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 







SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE. NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME QUARANTE -QUATRE. — 1911 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - NM 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE SEBILLE 

2, RUE UOMIGUIÈHES 2. 

1911 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Iltrall du règlement <Ie la Société d'Histoire \aiureiîe de Toulouse 

Art. I er . La Société a pour but de former dos réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs ohservations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie, Les sciences physiques el his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la tîore, et la faune de la légion dont Toulouse est le 

centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections «.Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr.. 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du^ Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dan3 une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. I/étection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Présideniest nommé pour deux années, les autres 
memores pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
Ips Bibliotbécain s ei les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
ré°las immédiatement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le, mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s jiivrentle premiei mercredi après le 15 novembre, elonl lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 

AU. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Soci^'t 1 et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous ie ti.tre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

\rt. il. La tociélp laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinir» is scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
ignature de l'auteur. 

Art il. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d<*s linges a part, dis réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

k'ft. iS. Les membres de la Société sonl tous invités à lui adresser les 
frbantilloDi qoi'.s pourront réunir. 

Art. 51. Bu en d»» dissolution, ten diverses propriétés d« la fût*. *ef»t« 
--ml d>< droit a » rille de Toa'ou»*. 



BULLETIN 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE xNATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 
DE TOULOUSE 



iïqy* 




SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME XLIV. - 1911 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE & SEBILLE 

HUE ROM1GUIÈIIES. 2 

1911 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 
POUR L'ANNÉE 1911 



Président - M. Abelous. 

Vice-présidents MM. Dop, Mengaud. 

Secrétaire-général M. Ribaut. - 

Secrétaire-adjoint M. Vingens. 

Trésorier M. de Montlezun. 

Bibliothécaire-archiviste. M. de Lastig. 

Conseil d'administration. 

MM. Caralp et Laromiguière. 

Comité de publication. 

MM. Chalande, Garrigou, Jammes, Lamic. 




LISTE DES MEMBRES 

AU 1 er JUIN 1910 



MEMBRES-NES 



M. le Préfet du département de la Haute- Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 



MEMBRES HONORAIRES 

1878. D r Hayden (F.-V.), directeur du comité géologique des 

Etats-Unis, Washington. 
1891. D r Taschenberg, professeur à l'Université de Halle 

(Prusse). 

membres titulaires 
MM. 

1900. D r Abelous, Il I, professeur à la Faculté de médecine, 
allée des Demoiselles, 4 bis, Toulouse. 

1903. D r Aloy, f| I, chargé de cours à la Faculté de médecine, 

Grande-Allée, 22, Toulouse. 

1904. Audigé, || A, chef de travaux à la Faculté des sciences, 

rue Montaudran, 90, Toulouse. 

1911. Barthe, allée Lafayette, 2, Toulouse. 

1900. D r Baylag, fi A, professeur agrégé à la Faculté de Mé- 
decine, rue de la Pomme, 70, Toulouse. 



8 LISTE DES MEMBRES 

1906. Berniés, avocat, rue Tolosane, 16, Toulouse. 

191 1. Bonnet, étudiant à la Faculté des sciences, Toulouse. 

1885. D r BRiEMER,^, O 1, professeurà la Facultéde médecine, 
rue des Récollets, 105, Toulouse. 

11)07. Brôlemànn, Il I, à Pau. 

1911. Bkunet, étudiant à la Faculté des sciences, Toulouse. 

1883. Garalp, I, professeur à la Faculté des sciences, rue 
de Rémusat, 21, Toulouse. 
Cartailiiac (Emile), &, Q I, correspondant de l'Insti- 
tut, rue de la Chaîne, 5, Toulouse, (membre 
fondateur). 

1874. Chalande (Jules), p A, rue des Paradoux,28, Toulouse. 
1882. Comère, p A, quai de Tounis 60, Toulouse. 

1907. Despax, au Muséum, rue Cuvier, 57, Paris. 

1911. Deumié, §, professeurà l'Ecole d'agriculture d'Ondes, 

rue de Metz, 28, Toulouse. 
1911. Ducos, étudiant à la Faculté des sciences, Toulouse. 

1908. D r Durand, préparateur à la Faculté des Sciences de 

Toulouse. 

1904. Dop, Il 1, chargé de cours à la Faculté des sciences, 

rue Jonquières, Toulouse. 
1900. D r Dore, il A, pharmacien, boulevard Carnot, 2, Tou- 
louse. 

1875. Farre (Charles), p I, professeur à la Faculté des 

sciences, directeur de la station agronomique, 
rue Fermât, 18, Toulouse. 
1902. Feuga (Paul), i$ i, boulevard d'Arcole, 5, Toulouse. 

1905. D r Garelle, à Gaillac (Tarn). 

D r Garrigou, Il I, chargé de cours à la Faculté de mé- 
decine, rue Valade, 38, Toulouse (membre fon- 
dateur). 

1900. D r Gendre, |f A, rue Périgord, 10, Toulouse. 

1890. Gèze (Jean-Baptiste), Jardin-Royal, 7, Toulouse. 

1889. D r Jammes, Il I, professeur adjoint à la Faculté des scien- 
ces, Place Saint-Sernin, G, Toulouse. 

1908. D r Je annel (René), laboratoire Arago, Banyuls(Pyr.-Or.). 

L900 Juppont, II A, ingénieur^ allée Lafayette, 55, Toulouse. 

1900. D r Labordé, t^ A, professeur agrégé à la Faculté de 
médecine de Toulouse, 



LISTE DES MEMBRES V 

1895. D r Lamig, II I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

d'Auriol, 39, Toulouse. 
1886. Laromiguière, ingénieur civil des mines, rue Saint- 

Pantaléon, 3, Toulouse. 

1909. De Lary de Latour, rue de Languedoc, 20, Toulouse. 
1897. De I.astic, petite rue de la Dalbade, 5, Toulouse.» 

1907. Lazerges, rue Gros, 3, Toulouse. 

1911. Légaillon, Il I, professeur à la Faculté des sciences. 
1904. Loup, préparateur à la Faculté des sciences, rue d'Au- 

buisson, 23, Toulouse. 
1911. D r Marty, 'Il A, place de la Trinité, 7, Toulouse. 

1888. D r Maurel, #, Il I, professeur à la Faculté de mé- 

decine, boulevard Carnot, 10, Toulouse. 

1910. D r Maurin, rue Benjamin-Constant, 2, Toulouse. 

1908. Mengaud, professeur au Lycée, rue Lakanal, 7, Tou- 

louse. 
1885. Moquin-Tandon, Il I, professeur à la Faculté des scien- 
ces, allées Saint-Etienne, 2, Toulouse. 
De Montlezun, Il A, 13, rue des Couteliers, Toulouse, 
(membre fondateur). 

1909. Mouchet, prosecteur à la Faculté de Médecine, Toulouse. 

1910. M. Mourié, rue Saint-Léon, 15. 

1909. Nicolas, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse. 
1904. Paquier, Il I, professeur cà la Faculté des sciences, 9, 

rue Bida, Toulouse. 

1889. Prunet, ft, Il 1, è, professeur à la Faculté des scien- 

ces, grande rue Saint-Michel, 14, Toulouse. 
1879. D r de Rey-Pailhade, Il A, ingénieur, rue Saint- 
Jacques, 18, Toulouse. 

1899. D r Ribaut, Il A, professeur à la Faculté de médecine, 

rue Lafayette, 18, Toulouse. 

1900. D" Roule, #, Il I, prolesseur au Muséum, rue Cu- 

vier, 57, Paris. 
1900. Salignag-Fénelon (Vicomte de), allée- Alpbonse-Peyrat, 

1 bis, Toulouse. 
1900. Saloz, chimiste, rue Croix-Baragnon, 9, Toulouse. 

1910. Sebille, imprimeur, rue Romiguières, 2, Toulouse. 



10 LISTE DES MEMBRES 

1899. Ufferte, directeur de l'Ecole primaire supérieure, 

Belvès (Dordogne). 
1909. Tournier , aide d'anatomie à la Faculté de Médecine, 

rue Frizac, 47, Toulouse. 
1902. Versepuy, ingénieur, directeur de l'usine à gaz. rue Pé- 

rigord, 7, Toulouse. 
1909. Vincens, rue Montaudran, 74, Toulouse. 

MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. 

1874. Baux, Canton (Chine). 

1871. Biche, professeur au Collège de Pézenas (Hérault). 
1883. De Bormans, faubourg de Paris, 52, Valenciennes. 
1867. Dr Caisso, à Clermont (Hérault). 

1873. Cavalié, principal du collège d'Eymoutiers(Hte-Vienne). 
1867. Cazalis de Fondouce, rue des Etuves, 18, Montpellier. 
1867. Chantre, sous-directeur du Muséum de Lyon (Bhône). 
1871 . De Chapel d'Espinassoux, avocat, Montpellier (Hérault). 
1885. Choffat, membre du Comité géologique du Portugal. 
1876. D r Clos, 11, rue Jacob, Paris. 

1905. Daguin, professeur au Lycée de Bayonne. 

1881. Galliéni, général, commandant de corps d'armée. 

1901. Gavoy, Carcassonne. 

1871. Issel, professeur à l'Université de Gênes (Italie). 

1874. Jougla, conducteurdes ponts et chaussées à Foix (Ariège). 
1867. Lalande, receveur des hospices, à Brive (Corrèze). 
1871. D r de Montesquiou, à Lussac, près Casteljaloux (Lot- 
et-Garonne). 

1902. NoÉ, chef de laboratoire à la Charité, Paris. 

1873. D r Retzius, profess. à l'Institut carolinien de Stockholm. 
1<S73. D r Sauvage, directeur du Muséum de Boulogne-s.-Mer. 
1867. Sciimidt ( W.), attaché au Musée des antiquités du Nord, 

Copenhague. 

1874. Sers (E.), ingénieur civil, à Saint- Germain, près Puy- 

laurens (Tarn). 

1906. Vehhoeff, à Cannsfcatt (Allemagne). 

1911. D r Yiugoyen, président de la Société espagnole do mé- 
decine et chirurgie, Saint-Sébastien (Espagne). 



^IDIDITIOÏSTS 

A LA 

FLORE des ALGUES d'EAU DOUCE 

du Pays toulousain et des Pyrénées centrales 

Par M. J. COMÈRE 



La Flore algologique du Pays toulousain et des Pyrénées cen- 
trales (1) a été jusqu'ici l'objet d'un certain nombre de travaux. 
Les Conjuguées, comprenant les Zygnemacét s, les Desmidia- 
cées et les Diatomacées ont été plus particulièrement étudiées 
d'une manière assez complète. 

En publiant ces Additions aux Catalogues antérieurs, je me 
suis proposé de donner la nomenclature d'un assez grand nom- 
bre de plantes que j'ai pu récolter durant ces dernières années 
et d'augmenter ainsi la liste des Algues d'eau douce de nos en- 
virons qui, surtout en ce qui concerne les Protococcoïdées, les 



(1) Nous désignons sous le nom de Pays toulousain, en dehors de 
toute considération géographique administrative, la région compre- 
nant le bassin supérieur de la Garonne et celui de l'Ariège. Ce ter 
ritoire est limité par les Pyrénées centrales, les monts Bigorre, le 
plateau de Lannemezan, la ligne de partage des eaux de la Garonne 
avec les bassins scCundaires du Tarn et de la Save, la Montagne 
Noire et les Corbières occidentales. Nous comprenons sous le nom 
de Pyrénées centrales la partie de ces montagnes située entre le 
massif de Carlitte et la Brèche-de-Roland. 



12 J. COMÈRE 

Gonfervoïdées él les Siphonées, n'avaient été traitées jusqu'ici 
que d'unn manière très sommaire. Pour pouvoir présenter en 
même temps un tableau plus complet de la Flore des environs 
de TouJ >use et des montagnes voisines, il m'a paru intéressant 
de réunir dans mon exposé systématique et de mentionner briè- 
vement (exception faite pour les Diatomacées dont nous possé- 
dons des catalogues très complets), toutes les autres formes 
signalées dans des travaux très divers, publiés dans les Mémoi- 
res de plusieurs Sociétés savantes et assez difficiles à consulter 
et à rassembler. 

J'ai fait précéder le Catalogue des Algues de notre flore de 
documents bibliographiques sur les auteurs qui se sont occupé 
de ees micropbytes qui peuplent les milieux aquatiques et sub- 
aériens de notre région. Quelques notions sur la géologie, la 
climatologie et la distribution générale de nos plantes, d'après 
les conditions biologiques des diverses formations aquatiques, 
l'ont suite à cette petite Notice historique. 



HISTORIQUE 

Nous pouvons diviser les publications intéressant les Algues 
de notre région en deux séries distinctes. La première compre- 
nant les travaux qui ont trait aux espèces récoltées dans le 
Pays toulousain; la seconde, les recherches intéressant plus 
particulièrement la région pyrénéenne et les organismes des 
sources thermales 

Bien que plusieurs de ces Mémoires présentent un certain 
intérêt, une certaine partie des autres ne contient aucun do- 
cument utilisable, parce qu'ils se bornent à signaler d'une 
manière plus ou moins précise quelques recherches se rappor- 
tant à l'étude de la matière organisée ^\^ eaux thermales. J'ai 
cru cependant devoir indiquer tout ce qui a été publié, au 
moins à ma connaissance, estimant que cet inventaire chrono- 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 13 

logique de& matériaux qui ont contribué à faire connaître, 
même par une modeste addition, la flore algologique de nos 
environs et des montagnes voisines, pouvait présenter un cer- 
tain intérêt. 

Draparnauld (Jacques), de Montpellier, résida à Sorèze 
(Tarn), de l'an III à l'an IV, et étudia les plantes de cette loca- 
lité. Malheureusement, les divers Mémoires de ce botaniste, 
qui était en relations épistolaires avec le D r Jean-Antoine Clos, 
père de notre regretté confrère, le D r Dominique Clos, de son 
vivant professeur de botanique de l'Université de Toulouse et 
Directeur du Jardin des plantes de notre ville, sont restés iné- 
dits (1). 

En 1853, le Révérend W. Smith (2), qui avait précédemment 
publié une liste des Diatomées de l'Auvergne et du Midi de la 
France, donna la nomenclature de nombreuses espèces de ces 
protophytes récoltées surtout dans les Pyrénées. Une grande par- 
tie des matériaux recueillis par le botaniste anglais figure dans 
l'Herbier de A. deBrébisson, aujourd'hui au Muséum. Cet her- 
bier a été revisé et classé dans ces derniers temps par E. Gui- 
nard, de Montpellier, et mon excellent ami, H. Peragallo, a 
bien voulu me communiquer le Catalogue de cette importante 
collection, dans lequel j'ai relevé un assez grand nombre d'es- 
pèces intéressant surtout la région pyrénéenne. 

Un travail renfermant des documents utiles pour notre Flore, 
et qui donne la nomenclature analytique et descriptive d'un 
assez grand nombre d'espèces, est VEssai sur les Conferves 
d'Arrondeau (3). Ce savant érudit et consciencieux, ancien 
professeur au Lycée de Toulouse, ne publia le résultat de ses 

(1) Clos (D ), Historique de la Flore du Département du Tarn (Ex- 
trait de la Revue du Tarn, 1898, Br. de 11 pages in-8° Albi 1898). 

(2) Rév. W. Smith, Notes sur une excursion dans les Pyrénées à 
la recherche des Diatomées (Ann. and Mag. of nat hist., v. 19, 2' s > 
1857. — Notes d'une excursion dans le Midi de la France et l'Auver- 
gne {Ibid., v. 15. 2 e s., 1855). 

(3) Arrondeau (M ) Essai sur les Conferves des environs de Tou- 
louse (Soc. Unn: de Bordeaux, 1861, pp. 27-50). 



14 J. COMÈRE 

Intéressantes recherches qu'en 1861, bien que ses dernières 

herborisations aient eu lieu en 185:) à la môme époque et aussi 
antérieurement à celles du Révérend \Y. Smith. Mais il y a 
lieu d'observer que, tandis que ce dernier s'éhit livré à L'étude 
exclusive des Diatomées, Arrondeau n'avait signalé que quel 
ques formes de ces Algues, car, comme il le déclare dans l'In- 
troduction de son Mémoire, il ne se propose que de traiter des 
espèces « que leurs dimensions ou leur réunion en plus grand 
nombre rendent faciles à apercevoir, omettant à dessein les 
Desmidiées, la plupart des Diatomacées (1) et généralement ces 
productions parasites pour la plupart sur les autres Conferves, 
qui ne peuvent s'apercevoir sans le secours du microscope ». 

En 1872, le D r Garrigou (2) s'est occupé de quelques Oscilla- 
toriées et Diatomacées trouvées dans les galeries filtrantes des 
eaux de la ville de Toulouse. Mais ces Algues ne furent pas 
l'objet d'une détermination précise. 

J'ai publié, en 1884, le premier Catalogue des Diatomées 
des environs de Toulouse (3), qui fut suivi vers la fin de la 
même année par celui de M. H. Peragallo (4) des espèces du 
Midi de la France et, en 1892, mes Diatomées du bassin sous- 
pyrénéen (5), résumant et complétant les recherches accom- 
plies jusqu'à cette dernière date. 

Peu de temps après, en 1896 également, M. E. Pée Laby (6) 



(1) Arrondeau indique ainsi quatre formes appartenant à la famille 
des Diatomacées : le Melosira va.ria.ns Ag , le Diatoma vulgare Bory, 
le Fragillaria pectinalis Lyngb. (Fr. capucïna Desm.), et le Fragil- 
laria Rhabdosoma Ehr. (Fr. capucina Desm) Les quatre formes se 
réduisent à trois par suite de la synonymie des deux Fragillaria. 

(2) -D r F. Garrigou, Étude sur les filtres el l'eau des fontaines de 
Tnuinusc (Bull. Soc. hist. nat. Toulouse, t. VI, 1872, p. 87). 

(8j Comère (J.j, Catalogue dès Diatomées des environs de Tou- 
louse {Bull. Soc. hist nat. Toulouse t. XVIII, 1884, pp. '3-24i. 

(4) Peragallo II ), Diatomées du Midtde la France [JbicL, t. XVIII, 
L884, p. 189 . 

(5' Comère ■!.), Diatomées du Bassin sous-pyrénéen (Bull. Soc. 
hist nat. Toulouse, t. XXVI, 1892, pp. 85-112. 

(6j Pée-Laby (E.), Flore analytique et descriptive des cryptogames 
cellulaires îles environs de Toulouse. Toulouse, 1896". 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 15 

a donné une Flore analytique et descriptive des Cryptogames 
cellulaires des environs de Toulouse. Dans ce petit Traité, 
l'auteur donne la description et des tableaux synoptiques pour 
la détermination de 48 espèces, dont 25 avaient été déjà indi- 
quées par Arrondeau avec 15 autres ne figurant pas sur le 
catalogue de M. Pée-Laby. 

Ces travaux joints à mes Conjuguées des environs de Tou- 
louse (1), qui donnent la nomenclature de quatre-vingt-deux 
espèces à pigment vert de ce groupe important, à ma florule des 
Zygnemacées et Desmidiacées de notre région (2), à une com- 
munication que je présentai, en 1900, au Congrès des Sociétés 
savantes, sur la Flore du Canal du Midi (3), et à trois notes 
sur les Diatomées de la Montagne Noire (4), la Florule de 
V Etang de la Pujade ;5) et les Diatomées du Lac de Comté (6), 
constituent les documents existant jusqu'à ce jour sur les Al- 
gues du Pays toulousain. J'ajouterai que M. Em. Belloc, donna 
lecture au Congrès pour l'avancement des sciences, session de 
Besançon, en 1893, d'une communication sur la Végétation 
aquatique des gours, cours d'eau et fontaines du Pays tou- 
lousain (7). Les comptes rendus de cette Société savante con- 
tiennent bien, dans les procès- verbaux des séances, un aperçu 



(1) Comère (J.). Conjuguées des environs de Toulouse (Bull Soc. 
bot. Fr., t. XLVI, 1899, pp. 168-184) 

(2) Comère (J ), La florule algologique des Conjuguées des environs 
de Toulouse (Compt. rend, des Soc. savantes, Paris, 1900). 

(3) Comère (J.), La Flore du Canal du Midi dans la région toulou- 
saine (Ibid. 1901). 

(4) Comère (J.), Diatomées de la Montagne Noire (Bull. Soc. bot. 
Fr., t. L.I, 1904, p. 338). 

(5) Comère (J.), De l'utilité des Algues dans l'élevage et l'alimen- 
tation des poissons à propos de la Florule de l'étang de la Pujade 
(Bull Soc. hist. nat. Toulouse, t. XXXVII, 1904, pp. 61-68). 

(6) Comère (J ), Diatomées du Lac de Comté (Pyrénées ariégeoi- 
ses) (Bull Soc. hist. nat Toulouse, t. XXXIX, 1905, p. 155). 

(7) Belloc (Em.i, Sur la végétation aquatique des gours, cours 
d'eau et fontaines du p njs toulousain, Association pour l'avance- 
ment des sciences, Congrès de Besançon, 1893. 



16 J. COMÈRE 

statistique gênerai de notre flore algologique, mais la liste des 

espèces, « j * i " i 1 eût été. utile de connaître, n'a pas été publiée. 



Les publications sur les Algues des Pyrénées sont assez nom- 
breuses et elles ont pour objet, en grande partie, surtout en ce 
qui concerne les plus anciennes, des recherches sur la nature 
et le rôle joué par les végétations qui constituent la Glairine. 
cette matière organisée si abondante et si répandue dans les 
sources thermales des Pyrénées. D'autres travaux s'occupent de 
la distribution géographique des Algues dans les diverses sta- 
tions aquatiques de nos montagnes. 

Nous ne pouvons énumérer, comme se trouvant en dehors 
des limites de ce travail, les nombreux Mémoires qui traitent 
des origines et de la constitution chimique de la glairine, mais 
seulement ceux qui ont plus particulièrement trait aux orga- 
nismes thermaux proprement dits et aux antres plantes qui 
constituent la flore algologique de la région. 

Dans cet ordre d'idées, nous citerons les travaux déjà anciens 
de Dutrochet (1), de Turpin (2) et de Fontan (3). Nous nous 
sommes déjà occupé plus haut des travaux du Rév Smith et 
relatifs en partie aux Diatomées pyrénéennes. En 1858, L. Sou- 
beiran (4) décrivit un certain nombre de Diatomées, Ghloro- 
phycées et Myxophycées récoltées dans divers établissements 
balnéaires de la chaîne des Pyrénées. La plupart des détermi- 

(1) Dutrochet,. Oscillariées dans les eaux thermales. (Compt. rend- 
Ac. sciences, t. I, 1835). 

(2 Turpin. Etude comparative de la Barégine de M. Longchamp, 
observée dans les eaux sulfureuses de Barèges, et de la Barégine de 
M. Robiquet, recueillie à Néris (Compt. rend. Ac. sciences, t. III, 
1836, et .Journal de chimie médicale, '2 ,! série, t. II. p. 225, 1835). 

3 Fontan, Recherches sur les eaux minérales des Pyrénées, Pa- 
ri-. 1838 

(1 So'.ibeiran (J.-L.), Notes sur la matière organisée des sources 
sulfureuses des Pyrénées (Thèse inaug., Toulouse, 1853, et Journ. 
le pharmacie, v. XXXIII, 1858, pp. 199 210, 26K-270, 421-433; v. 
XXXIV, pp. 37-50; 2 pi. . 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 17 

nations de cet auteur sont défectueuses, peut-être en raison des 
moyens d'étude et des instruments assez primitifs de l'époque, 
et il en est de même des travaux de N. Joly(l), qui ne contien- 
nent aucun document nouveau, ni aucun fait utilisable. 

Ed. Filhol (2) et F. Garrigou (3) ont signalé, chacun de leur 
côlé, la présence de quelques Diatomées dans les sources d'Ax, 
mais sans les déterminer spécifiquement. Armieux (4) et Bari- 
lhé (5) de l'hôpital militaire de Barèges, ont publié deux Mé- 
moires sur les Algues thermales Je cette localité, et plus tard, 
M. Marcet (6), MM. Etard et Olivier (7), MM. Certes et Garri- 
gou se sont surtout occupés du rôle joué par les organismes des 
sources chaudes. 

Le premier botaniste qui ait fourni des observations floris- 
tiques sur les Algues pyrénéennes proprement dites est le 
D r Ripart (8), qui a signalé 12 espèces récoltées à Caulerets, 
aux Eaux-Bonnes et aux Eaux-Chaudes. Fr. Gay (9), de Mont- 
pellier, a publié plus tard un catalogue très intéressant de 
39 formes trouvées à Bagnères-de-Bigorre et se proposait de le 

(1) Joly (N.), Etudes nouvelles sur les substances organiques et 
organisées contenues dans les eaux thermales des Pyrénées (Ass. 
fr. p. l'avanc. d. sciences, Alger, 1831). 

(2) Filhol (Ed.), Bull Soc. hist. nat Toulouse, t. VI, 1872, p. 234 
et Eaux minérales des Pyrénées, 2 e éd., œuvre posthume, publiée 
par le D r Joulin. 

(3) Garrigou (F.), Ax, ses sources, sa géologie Bull Soc. hist. 
nat. Toulouse, t 1, 1867, p. 3). 

(4) D r Armieux, Topographie médicale de Barèges, 1870. 

(5) Barilhé, Etude sur les eaux minêro-lhermales de la vallée de 
Barèges, Paris, 1877. 

(6) Marcet, Considérations nouvelles sur la Barégine (Ann. Soc. 
hydrol. médicale de Paris, t. XIX, 1873-1874). 

(7) Etard et Olivier. De la réduction des sulfates par les êtres vi- 
vants (Acad. Se. Paris, 1882, 295, p 248; Journ. ph. et chim , (5\ 
VII, 1883). 

(8) D r Ripart, Notice sur les Algues récoltées pendant la session 
de la Société botanique de France dans les Pyrénées (Bull. Soc 
bot. Fr., t. XV, 1868, session de Pau). 

(9) Gay (Fr.), Algues de Bagnères-de-Bigorre (B 11 Soc. bot. Fr., 
t. XXXVIII, 1891, session de Collioure, pp. xxvn-xxxn). 

SOC. D'HISf. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV). 2 



18 J. COMÈRE 

faire suivre d'une seconde étude sur des matériaux plus impor- 
tants, recueillis à Gaulerets, lorsque survint malheureusement 
sa mort prématurée. Antérieurement Serres (1) et Thore (2) 
avaient publié le résultat de leurs travaux sur les Algues des 
thermes de Dax et le D r Armieux (3), une étude sur la neige 
rouge observée sur les montagnes qui avoisinent Barèges. 

M. Em. Belloc, bien connu par ses explorations lacustres, 
nous a fourni, indépendamment de nombreux documents sur 
la géographie, la géologie, la topographie et la bathymétrie de 
nombreux lacs, qu'il a étudiés dans les régions pyrénéennes 
françaises et espagnoles, une contribution importante à la flore 
algologique et plus particulièrement à ce le des Diatomées et 
des Desmidiées. Parmi ses principaux travaux, nous citerons : 
les Diatomées de Ludion et des Pyrénées centrales (4), les 
Diatomées des lacs du Haut-Larboust (5), la Végétation 
lacustre dans les Pyrénées (6) et les Algues des lacs littoraux 
du golfe de Gascogne (J). 

Pour ma part, j'ai publié successivement en ce qui concerne 
plus particulièrement la région pyrénéenne : les Diatomées 

(1) Serres (H.), Note sur VAna.ba.ena tfiermalis de la fontaine chaude 
de Dax (Bull, de Borda, 1880] . 

(2) Thore (J), Algues des sources thermales de Dax (Bull, de 
Borda, 1885, avec 6 pi., etJourn. de micrographie, Paris, 1885, v. IX). 

(3) D r Armieux, Etude sur la neige rouge (Mém. Acad. scienc., 
inscript, et belles-lettres de Toulouse, 7 e série, t. VII, 1875, p. 203). 

(4) Belloc (Em.), Les Diatomées de Luchon et des Pyrénées cen- 
trales (Revue de Comminges, 1887, et in 8°, Saint-Gaudens, Abadie, 
imprim.). 

(5) Belloc (Em.), Diatomées des lacs du Haut-Larboust, région d'Oo 
(Pyrénées centrales) ; le Diatomiste, J, Tempère, Paris, 1890. 

(6) Belloc (Em), De la Végétation lacustre dans les Pyrénées 
(Assoc. franc, p. l'avanc. d. sciences, Congrès de Pau, 1892j. 

(7) Belloc, Les Lacs littoraux du golfe de Gascogne (Assoc. franc, p. 
l'avanc. d. sciences, Congrès de Bordeaux, 1895'. 

Bien que Ie3 lacs littoraux du golfe de Gascogne soient situés 
dans une région voisine, mais eu dehors des limites géogra- 
phiques que nous avons indiquées plus haut, j'ai cru devoir join Ire 
a mon catalogue les espèces récoltées dans ces réservoirs sous- 
pyrénéens, en raison de leurs conditions biologiques, qui présentent 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 19 

des Pyrénées (1), les Algues des sources sulfureuses de Cal- 
das de Bohi (2) et les Diatomées de la Glairine des eaux sul- 
fureuses de la station des Graùs d'Olette(3). 



II 
DUSTRIBUTIOIV BIOLOGIQUE 

Le sous-sol du bassin sous-pyrénéen appartient aux époques 
tertiaire et quaternaire. Dans le fond des vallées, au-dessus des 
terrains tertiaires, et en les remontanl, le long des flancs des 
collines et jusque sur leurs crêtes se trouvent les dépôts qua- 
ternaires et, sur les rives des cours d'eau, les alluvions mo- 
dernes (4). 

Au point de vue météorologique, le climat de la plaine de la 
région toulousaine est doux et tempéré, avec cependant des 
variaiions très brusques. La moyenne thermométrique est de 
12° ; celle de l'été de 20°, celle de l'hiver de 4°. Les froids 
excessifs et les chaleurs anormales sont généralement assez 
rares et de peu de durée. 



une certaine analogie avec celles des stations de même nature de 
nos environs plus directs. Pour des motifs analogues, je n'ai pas 
cru devoir omettre les .quelques formes signalées dans les travaux 
de Serres et de Thore sur les Algues de Dax. 

(1) Comère (J.), Diatomées des Pyrénées (Bull. Soc. Ramon J, Ba- 
gnères-de-Bigori e, 1894). 

(2) Comère, Les Algues des sources sulfureuses de Caldas de Bohi 
Pyrénées espagnoles (Bull. Soc. hist. nat. Toulouse, t. XXVIII, 
1894, pp. 13-30). 

(3) Comère, Diatomées de la Glairine des eaux sulfureuses de la 
station des Graùs d'Olette (Bull. Soc. pharm. du Sud-Ouest, 1894, 
pp. 69-77). 

Dans ce travail, j'ai repris l'ouvrage de Soubeiran en ce qui con- 
cerne la détermination des Diatomées, et après ^ révision dos 
formes indiquées, j'ai ajouté une liste comprenant diverses espècos 
de cette famille et provenant de mes récoltes personnelles. 

(4^ Noulet 'J -B.% Flore du basshi sous-pyrénéen. Préface. — 
Toulouse, 1837. 



20 ,T. COMÈRE 

Les Pyrénées centrales qui, du côté de la France, « appa- 
raissent comme une gigantesque muraille s'élevant d'un seul 
jet au-dessus de la plaine de Toulouse» (1), présentent des 
assises géologiques appartenant aux diverses époques. Leur 
position géographique au centre de la zone tempérée, leur relief 
qui s'élève du niveau de la mer jusqu'à 3.400 mètres d'altitude, 
les différences altimétriques du niveau des vallées donnent lieu 
à des conditions climatologiques extrêmement variées, qui 
dérivent à la fois des climats méditerranéens vers l'Espagne et 
du climat plus froid et plus humide de l'Atlantique. 

Cette grande diversité de conditions physiogéographiques et 
climatériques estdes plus favorables au développement de nom- 
breuses Algues d'eau douce, car, bien que ces organismes pré- 
sentent un caractère nettement cosmopolite, certains d'entre 
eux paraissent exiger des conditions particulières et ne se ren- 
contrent que dans des milieux de nature spéciale. 

Si nous adoptons la division des diverses stations aquatiques, 
que j'ai proposée ultérieurement, en formations permanentes et 
en formations passagères (2), il est facile de constater, qu'en 
raison de la différence des conditions thermiques, les forma- 
tions permanentes, grands lacs, lacs-étangs et ruisseaux à basse 
température, sont plus nombreuses dans la région montagneuse 
que dans la plaine, où les lacs proprement dits n'existent pas, 
les étangs sont plus rares et, au contraire, les formations passa- 
gères à dessiccation estivale très fréquentes. 

Dans les Pyrénées, lu composition de la flore est variable 
avec l'altitude et la nature des eaux. Dans les lacs de grande 
profondeur de la région supérieure, dont les eaux, glacées en 
hiver, sont à une température très peu élevée, et qui montrent 
des rives escarpées et le plus souvent dépourvues des zones pha- 
nérogamiques qui caractérisent les lacs-étangs de la région 

(1) De Lapparent (A ), Traité de géologie, p. 77, Paris, 1885. 

(2) Comère (J.), Observations sur la périodicité du développement 
de la porc algologique dans la région toulousaine (Bull. Soc. bot. 
Fi-, t. LUI, 1906,'pp. 3U0-407). 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 21 

inférieure, l'on ne trouve que quelques formes pélagiques ou 
bentoniques appartenant surtout aux Diatomées, mais les Algues 
à pigment vert sont peu variées et assez rares, ou sont adven- 
tices. Dans les lacs-étangs de la zone inférieure, moins profonds 
en général, dont les eaux sont relativement plus chaudes, les 
bords inclinés plus ou moins marécageux, la végétation est 
très variée et plus intense, quoique moins riche en formes fila- 
menteuses que la région des plaines. Les bassins plus petits 
peuvent être d'une richesse exceptionnelle. Les ruisseaux à 
cours rapide renferment des espèces à thalle fixé, attaché par 
un rhizome largement développé ou par des dépôts calcaires 
tuffeux, des Cladojpliora, Vaucheria, Batrachospermum, 
Lemanea, Hydrurus, etc., et de nombreuses Diatomées pota- 
mophiles retenues par un mucilage abondant. 

Dans la plaine, les grandes formes filamenteuses sont plus 
nombreuses et chaque espèce souvent abondamment représen- 
tée. Dans les milieux qui se dessèchent pendant la saison 
chaude : fossés et petites mares, elles végètent activement, se 
reproduisent de bonne heure et disparaissent ensuite lorsque 
le milieu a fait défaut. Dans les étangs, les Phanérogames 
aquatiques et les Algues filamenteuses portent de nombreuses 
formes épiphytes et donnent aussi asile à diverses Protococcoï- 
dées. Ces dernières sont aussi fréquentes dans les bassins et 
réservoirs de petite dimension. Les grandes rivières, dont le ■ 
cours est généralement très rapide et leurs affluents de moindre 
importance, dont les eaux sont quelquefois rendues troubles 
par la nature argileuse des terrains qu'ils traversent, n'ont 
qu'une végétation très restreinte. 

Un bon exemple de cette distribution inégale des Algues dans 
les deux régions de la montagne et de la plaine nous est fourni 
par la répartition des espèces chez les Conjuguées. Dans la 
plaine, les Zygnémacées sont très abondantes. Les Desmidia- 
cées sont, au contraire, moins communes, se trouvant le plus 
souvent au milieu des formes filamenteuses. Leur structure, 
adaptée au milieu spécial, est très simple, sans ornementation 



22 .T. COMERE 

extérieure, sans appendices ni moyens de support inutiles à 
leur mode de végétation ; elles se montrent presque toujours en 
consortium des grandes espèces. Elles appartiennent pour la 
plus grande partie au genre Closterium principalement et au 
genre Cosmarhwn, Les quelques Slaurastrum représentés 
sont des formes mutiques. Dans la montagne, les Zygnémacées 
sont plus rares, et à filaments plus étroits, surtout aux alti- 
tudes élevées ; mais les Desmidiacées, qui prospèrent d^ns les 
eaux fraîches et permanentes, sont plus abondantes, plus orne- 
mentées, surtout dans les lacs-étangs dans lesquels la zone lit- 
torale marécageuse permet leur reproduction intense. 

Les Gonfervoïdées et les Siphonées sont assez bien représen- 
tées dans la plaine et dans les régions moyenne et inférieure 
de la montagne; mais les Œdogoniacées paraissent moins nom- 
breuses, surtout les Bulbochaete qui n'ont pas été rencontrés 
jusqu'ici. 

La composition chimique du milieu exerce une influence 
marquée sur la composition de la flore algologique. Certaines 
espèces m'ont paru cependant indifférentes. L'eau des lacs pyré- 
néens des stations d'altitude, alimentés par les glaciers, est 
pauvre en matières dissoutes, surtout en matières organiques, 
et cette particularité contribue aussi à la pauvreté de leur flo- 
rule. Les Desmidiacées ne paraissent pas se plaire dans les eaux 
calcaires, fréquentes dans les terrains de la rive droite de la 
Garonne, et sont plus abondantes dans les terrains schisteux 
et granitiques des Pyrénées. Mes observations à ce sujet con- 
cordent avec celles de Fr. Gay (1) pour la région de Montpel- 
lier. Les Zygnémacées et la plupart des Confervoïdées sont 
moins exigeantes. Les Cladophoracées et les Floridées affectent 
les eaux fraîches et bien aérées, tandis que les eaux chaudes 
et riches en substances organiques constituent un milieu des 
plus favorables au développement des Protococcoïdées et des 
Myxophycées. 

(1) Gay (Fr.)i Essai d'une monographie locale des Conjuguées. 
Montpellier, 1884. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 23 

Il est à remarquer aussi que les eaux de la Garonne sont très 
pauvres, en raison de leur faible teneur en substances dis- 
soutes, au point de vue de la flore algologique. Cette particu- 
larité pourrait être également attribuée à l'action mécanique 
du courant ; mais il importe de faire remarquer que dans le 
Canal latéral à la Garonne, qui est alimenté par les eaux du 
fleuve et dont les conditions sont presque stagnantes, les algues 
font presque absolument défaut, alors qu'elles se montrent 
dans le Canal du Midi, qui était même autrefois très riche en 
espèces, avant que l'augmentation du trafic n'ait apporté une 
grande perturbation dans les conditions physico-chimiques de 
ce vaste réservoir (1). 

La flore des sources thermales est aussi des plus intéres- 
santes à observer. Elle est en grande partie constituée par des 
organismes bactériens incolores, les Sulfobactéries, qui jouent 
un rôle actif dans la formation de la Glairine, cette matière 
organisée si abondante dans les eaux sulfureuses, et qui s'ac- 
commodent du manque de lumière et de la température élevée 
qui règne au voisinage des griffons. L'organisation morpholo- 
gique de ces végétaux, dépourvus de chlorophylle, et qui ne 
peuvent plus, comme antérieurement, être classés dans le 
groupe des Algues, va progressant des simples Bacillus aux 
Leptothrix et Beggiaioa filamenteux, avec le degré décrois- 
sant de la température dans la canalisation balnéaire. Les 
autres organismes, les Algues thermophiles, se trouvent dans 
les parties moins chaudes, éclairées et aérées. Leur croissance 
est favorisée par le degré thermique de l'eau, relativement 
élevé, et parmi elles beaucoup de Myxophycées, surtout des 
Oscillatoria, Phormidium, Hapalosiphon, etc., qui peuvent 
présenter un degré de résistance très remarquable et quelques 
Algues vertes et des Diatomées moins abondantes. 

Les Algues Myxophycées subaériennes sont moins nombreuses 
dans nos régions que dans les pays à climat humide et à tern- 
it) Comère (J), Diatomées de la Montagne Noire (Loc. cit., p. 344;. 



24 .T. COMÈRE 

pérature plus constante. Les variations météorologiques brus- 
ques et fréquentes de notre région ne paraissent pas convenir à 
ces plantes, qui se développent de préférence dans des condi- 
tions biologiques plus régulières et plus uniformes. 



Le nombre des espèces des Algues d'eau douce qui sont énu- 
mérées dans le présent travail est de deux cent quatre-vingts 
environ. Elles proviennent, pour une grande partie, de mes 
récoltes personnelles qui m'ont permis, surtout en ce qui con- 
cerne les Algues vertes, d'augmenter d'une manière sensible la 
proportion des espèces appartenant à la flore de notre région. 
Bien qu'aucune de ces formes ne soit nouvelle, peut-être en 
raison de mes tendances réductrices personnelles, plusieurs 
d'entre elles n'avaient pas encore été signalées en France. 

En raison des conditions si variées de milieu présentées par 
nos stations de la plaine et de la montagne, notre liste paraîtra 
cependant incomplète et d'autres espèces pourront être récol- 
tées plus tard. Les Pyrénées devraient, en particulier, être 
explorées d'une manière plus méthodique et plus suivie par 
des botanistes sédentaires, car l'élude d'une flore ne peut être 
faite avec quelque précision que par ceux qui vivent au milieu 
d'elle. 

Les herborisations de Ripart, Gay, Belloc et les miennes 
dans la région pyrénéenne ne doivent être considérées que 
comme des observations de passage, faites surtout au moment 
des vacances, époque peu favorable au développement des Algues 
vertes, alors que les recherches devraient être opérées à inter- 
valles réguliers et aux diverses époques de la vie des micro- 
phytes. 

Au moment de mes divers séjours dans les Pyrénées, notam- 
ment à Cauterets, Bagnères-de-Luchon, Ba^nères-de-Bigorre, 
Ax, Argelès, Luz, Lourdes, etc., j'ai récolté un certain nombre 
de Spirogyra, Zygnema, Moageotia, Œdogonium, Vauclie- 
ria, etc., qui, en l'absence de leurs organes reproducteurs» 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 25 

étaient indéterminables. Fr. Gay et M. Em. Belloc n'ont pas 
pu non plus attribuer des noms spécifiques à certaines plantes 
des mêmes genres provenant de leurs herborisations. 

L'application des méthodes usitées aujourd'hui pour l'étude 
de la biologie lacustre donnerait également des résultats utiles 
et importants si on les employait d'une manière suivie à 
l'observation scientifique des nombreux lacs de la chaîne des 
Pyrénées. Il serait à désirer que des stations limnologiques, 
transportables au besoin, soient établies dans ce but par les 
Universités voisines de nos montagnes. Les recherches ayant 
pour but la connaissance approfondie de la flore et de la faune 
des organismes lacustres, les variations produites dans leur 
évolution par les divers facteurs écologiques, en un mot tous 
les problèmes théoriques et pratiques présentés par l'étude sui- 
vie des conditions de la vie dans les lacs pyrénéens présenteraient 
un intérêt considérable sur lequel il n'est pas nécessaire d'in- 
sister. 

J'ai fait suivre le nom de chaque forme d'indications sur la 
nature de la station où elle a été récoltée, en vue de fournir 
d'utiles données pour le groupement biologique des diverses 
espèces. Une vraie flore doit présenter, en effet, aujourd'hui, 
non seulement le tableau de la végétation du district étudié, 
mais signaler aussi quelles sont les formes importantes et carac- 
téristiques qui entrent dans sa composition et leurs rapports 
avec l'habitat. L'Ecologie, cette nouvelle science qui a réuni 
aujourd'hui deux branches importantes de la botanique, la 
Morphologie et la Physiologie, cherche à montrer quelles sont 
les relations qui existent entre les plantes et les différentes for- 
mations et fait voir combien les conditions ambiantes sont cor- 
rélatives du développement physiologique, en même temps 
que les caractères structuraux sont en fonction des facteurs 
écologiques. 

A ce point de vue, il convient de remarquer, comme Ta très 
bien établi M. Fritsch (1), que l'on peut établir l'existence de 

(1) Fritsch (F.-E.), Problems in aquatic biology, with spécial 



26 J. COMÈRE 

relations connexes entre les diverses espèces et des groupements 
caractérisés par la présence de formes dominantes. Ces parti- 
cularités de constitution d'associations biologiques spéciales se 
montrent surtout dans les formations aquatiques permanentes 
et stagnantes. C'est ainsi, par exemple, que la présence des 
Cladophora, plus spéciaux aux milieux bien aérés et qui, en 
raison de l'absence presque totale de revêtement muqueux à la 
surface de leurs filaments, donnent asile à un grand nombre 
d'épipbytes, Protococcoïdées et Diatomacées, permet d'établir 
une distinction entre la florule des formations contenant des 
CladopJiora et celle des formations d'où ils sont absents. Cer- 
taines autres formes caractéristiques peuvent aussi fournir des 
indications pour la détermination de la nature lïoristique des 
diverses formations. Les Algues Myxopbycées prédominent 
ainsi dans les eaux peu profondes et qui se réchauffent facile- 
ment. Les Vaucheria, les Conjuguées filamenteuses, peuvent 
également présenter les caractères de formes dominantes et 
exercer leur influence sur la répartition des autres formes 
subordonnées. 

Bien que de nouvelles observatiors soient encore nécessaires 
pour fixer nos idées sur ce point intéressant de la biologie des 
Algues dulciaquicoles, il m'a été donné, au cours, de mes her- 
borisations dans nos environs, de constater l'existence de cer- 
tains groupements spéciaux. 

Dans la plupart de nos étangs, pourvu que l'eau soit suffi- 
samment fraîche et aérée, les Cladophora se récoltent assez 
abondamment et avec eux des Protococcoïdées et des Diato- 
mées épiphytes et aussi des Conferva, UloiJrrix, Œdogonium, 
Spirogyra. Au contraire, les formations passagères, fossés et 
mares, soumises à la dessiccation estivale, ne nous montrent pas 
de CladopJiora, car ces formations sont pauvres en air dissous 
par suite de leur réchauffement facile, mais surtout des Zygne- 
macées : Spirogyra, Zygnema, Mougeotia, avec quelques 

référence to ihe study of alg&l periodicity [The New. Phytologist, 
vol. V.. n" 7, July 1906, p. 153). 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 27 

Œdogonium à filaments étroits. Les Protococcoïdées et les 
Diatomées épiphytes ne se développent pas dans ces formations, 
et les Desmidiées, plutôt rares, sont représentées par un certain 
nombre de Closlerium, quelques Cosmarium et des Stauras- 
trum nautiques. Les formes filamenteuses de grande taille 
occupent fréquemment, dans les fossés où elles se développent, 
une grande longueur et se montrent à l'état de formes iso- 
lées (1). Les petits bassins à niveau constant renferment 
quelques formes filamenteuses, en particulier des Chaetopbo- 
racées, quelques petites Desmidiacées, mais surtout des Proto- 
coccoïdées. Les réservoirs de dimension plus réduite montrent 
surtout des petites formes unicellulaires. 

Dans Ténumération des diverses formations, j'ai employé 
quelquefois les désignations de « Gourg » et de « Laisse ». 
Quoique le mot Gourg, comme le fait remarquer M. Em. Bel- 
loc (2), vienne probablement du mot celtique Gordd, «trou», 
ou mieux du latin Gnrges, comme le mot français « Gouffre », 
il n'a pas, dans nos régions, la même signification que ce der- 
nier. Dans le pays toulousain, on a l'habitude de désigner sous 
le nom de Gourg, et plus souvent de Gourgues, les sortes 
d'étangs permanents, situés parallèlement aux cours d'eau et 
qui sont alimentés directement par le fleuve ou la rivière voi- 
sine. Les Laisses sont, au contraire, des formations passagères, 
qui se forment au moment des crues dans les mêmes localités, 
mais qui ne se maintiennent pas ordinairement durant la 
saison chaude. La florule mixte de ces formations particulières, 
intermédiaire entre celle des étangs et des cours d'eau, présente 
quelques particularités intéressantes, surtout celle des Gourgs, 
qui paraissent être l'équival nt des « backwalers » des bota- 
nistes anglais (3). 

(1) Comère (J.), Observations sur la Périodicité du développement 
de la flore algologique... (loco cit , p. 403). 

(2) Belloc (Em.), in Annuaire du Club Alpin français, vol. XXII, 
1895, p. 26. 

(3) Fritsch (F.-E ), Further observations on the phytoplanhton 
of the River Thames (Ann. of Botany, v. XVII, n° LXVIII, 
sept. 1903, p. 639). 



28 J. COMÈRE 

Dans le tableau suivant, j'ai résumé les indications générales 
relatives à la distribution biologique des principaux genres énu- 
rnérés dans l'exposé systématique. 

PAYS TOULOUSAIN 

Formations permanentes 

1 . Cours d'eau : Lemanea ; Balrachospevmum ; Hydrurus ; 
Conferva ; Cladophora ; Ulolhrix. 

2. Ruisseaux à cours lent, petits canaux d'irrigation : 
Cladophora. Ulolhrix, Spirogyra (rares) ; Oscillatoria ; Nostoc. 

3. Etangs: Merismopedia ; Coelosphaerium ; Spirulina ; 
Dicfyosphaerhtm ; Sphaerella ; Gonium ; Pandorina ; Rhaphi- 
dium ; Characium ; Sccnedesmus ; Pcdiaslrum ; Desmidiacées 
(en petit nombre) ; Spirogyra ; Cladophora ; Conferva ; Vau- 
cheria ; (Edogonium. 

4. Petits bassins : (Edogonium ; Sligcoclonium ; Aphano- 
chaete ; Coleochaete ; Spirogyra; Mougeotia ; quelques Desmi- 
diacées: Closterium, Cosmarium et Stanrastrum (formes de 
taille réduite); Palmella ; Gonium; Volvox ; Rhaphidium ; 
Characium ; Sccnedesmus. 

5. Gourgs : Draparnaldia ; Chaetophora ; Cladophora ; 
Mougeolia ; Spirogyra ; Zygncma ; Cosmarium; Cœlastrum ; 
Eiidorina; Gonium. 

Formations passagères 

6. Fossés, Mares et Laisses: (Edogonium; Ulolhrix; 
Chaetophora; Sligeocloninm ; Draparnaldia; Monoslroma ; 
Conferva ; Vauchcria ; Mougeolia ; Spirogyra : Zygnema ; 
Desmidiées : Closterium, Cosmarium, Staitraslrum (nauti- 
ques) ; Palmella ; Tclraspora; Oscillatoria ; Nosloc ; Anabaena. 



Milieux aériens 

7. Murs, troncs d'arbres, terre humide : Schizogonium 
Slichococcus ; Vauchcria : Pleurncorcus ; Microlcus ; Porphg- 
ridium. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 29 

PYRÉNÉES CENTRALES 

Formations stagnantes 

8. Lacs : La flore des vrais lacs, encore peu étudiée, parait 
peu variée et pauvre en espèces, en raison surtout de la basse 
température de l'eau, de la nature escarpée des bords et de leur 
profondeur. M. Em. Belloc, qui a exploré un très grand nom- 
bre de cuvettes lacustres, a trouvé que leur flore était surtout 
constituée par des Diatomacées très abondantes et par un très 
petit nombre de Desmidiacées. 

9. Lacs-Etangs : Ulothrix ; Conferva ; Spirogyra ; Moa- 
geotia; Zygnema; Desmidiacées très nombreuses (présence de 
formes ornementées); Lyngbya; Oscillatoria ; Merismopedia. 

10. Mares et Fossés : Ulothrix; Conferva; Vaucheria ; 
Mougeolia ; Zygnema; Spirogyra; Desmidiacées. 

Formations potamophiles 

11. Cours d'eau, Torrents: Cladophora ; Batraehosper- 
mum. 

12. Ruisseaux à cours lent : OEdogonium ; Cladophora; 
Stigeoclonium ; Conferva. 



13. Eaux thermales : Hapalosiphon; Schizolhrix ; Sym- 
ploca ; Lyngbya; Phormidium ; Oscillatoria; Spiru\ina ; 
Microcystis ; Chroococcus. 



14. Stations aériennes (Troncs d'arbres, Toits de 
chaume, Rochers humides, Talus suintants) : Schizogo- 
nium; Slichococcus ; Pleuroccccus ; Desmidiacées (en colonies 
gélatineuses) ; Trcntepohlia. 



30 J. COMÈRË 

III 
SYSTÉMATIQUE 

Pour disposer systématiquement les Algues dont nous 
allons donner la liste, nous n'avons pas cru devoir adopter le 
mode de groupement basé sur la coloration des pigments. Ce 
dernier caractère, qui paraît tout d'abord d'une application 
commode, etque plusieurs auteurs semblent considérer comme 
devant primer tous les autres, conduit à rapprocher des 
familles d'une morphologie bien hétérogène comme, par 
exemple, les Fucus et les Laminaires à côté des Diatomacées. 
Nous estimons qu'il est préférable de faire servir, le plus sou- 
vent, les données fournies par la structure cellulaire à réta- 
blissement des grandes divisions, tandis que la différenciation 
des organes reproducteurs permet, en général, de distinguer 
les groupes secondaires. Bien que nous ne considérions encore 
le mode de répartition systématique que nous allons indiquer 
que comme provisoire, etque comme un moyen de rapprocher 
des plantes qui se ressemblent par leurs caractères communs, 
nous avons cependant cru logique de maintenir la réunion des 
Diatomacées au groupe des Conjuguées et de ne pas tenir 
compte des divisions établies récemment, comme, par exemple, 
celle des Hétérocontées, sur des particularités difficiles à carac- 
tériser et demandant, dans certains cas, de nouvelles constata- 
tions (1). 

Nous grouperons nos Algues de la manière suivante : 

Myxophycées. — Plantes à protoplasme homogène, sans 
noyau proprement dit. Chlorophylle accompagnée d'un pigment 
bl< j u supplémentaire. 



(1) Cfr. Comère (J.), Essai sur la Classification îles Algues (Mém, 
Ac. Scienc, Inscript, et belles-lett. de TouU use, 10 1 ' sér., t. IX, 
1909, p. 219). 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 31 

Conjuguées. — Thalle filamenteux non ramifié ou unieel- 
lulaire ; pas de spores ; reproduction sexuelle le plus souvent 
isogame. Chromatophores verts ou jaune orangé. 

Volvocinées. — Unicellulaires ou en colonies ; ciliés ; 
libres ; mobiles ; zoosporés. Chromatophores verts. 

Protococcoïdées. — Organismes unicellulaires, parfois 
réunis en colonies; immobiles; zoosporés; sans végétation 
terminale. Chromatophores verts ou jaunâtres. 

Confervoïdées. — Thalle toujours cloisonné, filamenteux, 
quelquefois ramifié ou foliacé ; végétation toujours terminale. 
Chromatophores verts ou jaunâtres. Reproduction sexuée par 
gamètes semblables ou différenciés. 

Siphonées. — Thalle non cloisonné, continu, plurinucléé. 
Chromatophores verts ou jaunâtres. Reproduction sexuée par 
gamètes hétérogames. 

Floridées. — Thalle ramifié ou non, souvent très différen- 
cié. Chromatophores verts ou rouges. Organes sexuels diffé- 
renciés en carpogone et trichogyne. 

ABRÉVIATIONS 

Toulouse, Arrond., Conf. •== Environs de Toulouse. — 
Arrondeau (J.-T.), Essai su)- les Conferves des environs de 
Toulouse (Bull. Soc. linn. de Bordeaux, 1861, p. 27-50). 

Sous Pyr., Belloc, Lacs litt. = Sous-pyrénéen. — Belloc 
(Emile), Les lacs littoraux du golfe de Gascogne (Assoc. fr. p. 
avanc. scienc, Congrès de Bordeaux, 4895). 

Pyr., Gay, Alg. Big. = Pyrénées. — Gay ^François), Algues 
de Bagnères-de-Bigorre (Bull. Soc. bot. Fr., t. XXXVIII, 
1891, pp. xxvii-xxxii). 

Toulouse, Comère, Conj. — Environs de Toulouse. — 
Comère (Joseph), Conjuguées des environs de Toulouse (Bull. 
Soc. bot. Fr., t. XLVI, 1899, pp. 16K-184). 

Toulouse, Pée-Laby, Flore. = Environs de Toulouse. — 



32 J. COMÈRE 

Pée-Laby (E.). Flore analytique et descriptive des Cryptogames 

cellulaires des environs de Toulouse, Toulouse, 1896. 

Pyr., Belloc, Ve'g. tac. = Pyrénées. — Belloc (Em.), De la 
végétation lacustre dans les Pyrénées (Assoc. fr. p. avanc. 
scienc, Congrès de Pau, 1892). 

Pyr., Tliore. = Pyrénées. — Thore (.T.), Algues des sources 
thermales de Dax (Bull, de Borda, 1885, av.c 6 pi ). 

Pyr., Ripart. — Pyrénées. — D r Ripart, Notice sur les Algues 
récoltées pendant la session de la Société botanique de France 
dans les Pyrénées (Bull. Soc. bot. Fr., t. XV, 1868, session de 
Pau). 

Pyr., Soub. = Pyrénées. - Soubeiran (J.-L.), Noies sur la 
matière organisée des sources sulfureuses des Pyrénéa, Tbèse 
inaug., Toulouse, 1858, et Journal de Pharmacie, vol. XXXIII, 
1858, pp. 199-210 266-270, 421-433; vol. XXXIV, 1858, 
pp. 37-50, 2 pi. 

MYXOPHYCÉES 

Fam. CHROOCOCCACÉES 

Gen. Merismopedia Meyen, 1839. 

1. M. glauca Nag., einz. Alg., t. I, D, f. 1. 

Etangs, Env. Toulouse : la Pujade ; Lacs, Pyrénées : Lac de 
Comté (Ariège), Matériaux pélagiques communiqués par M. le 
prof. Roule (1). 

2. M. aeruginea Bréb. — Sous pyr. [Belloc, Lacs litt , p. 9] (1). 

Gen. Chroococcus Nag , 1849. 
3 Ch turgidus Nag. — Sous-pyr. [Belloc, Lacs litt., p. 9]. 

(1) Les indi ations relatives aux espèces nouvelles pour la Flore 
régionale sont imprimées en caractères courants; celles se rappor- 
tant aux espèces déjà signalées c'a ns des publications antérieuies 
en petits caractères et aussi entre des []. 




SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à Vancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Rémusat, 

les 1 ar et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 mp mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Rue des Couteliers, 13, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Liste des Membres au 1er juin 1911 7 

J. Gomére. — Additions à la flore des algues d'eau douce du 
pays toulousain et des Pyrénées centrales 11 








SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE -QUATRE. — 1911 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 2 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE SEBILLE 

2, RUK ltOMIGUIERES 2. 

1911 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Eiireil du règléinènf <le la Société d'Histoire Naiiîteitc de Toulouse 

Art. 1 er . La Société a pour but de former îles réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, \s flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 

centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections & Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au litre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivré** 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du dro«t et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-président»; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

An 31; L'é'ection des membres du Bureau, di Conseil d'administration et 
du Comité le publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois <ie décembre Le Président f.-sl nommé pour deux années, les autres 
membres pour une année L^s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bihliothécains et l«s membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
rédus immé liatemem dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvreutle premier mercredi après le 15novembre,etont lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 

\M.39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

\rt. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
d-î leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
ignxlure de l'auteur. 

ItA'l 18. Celui-ci conserve loujour* la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d*s tirage! à part, das réimpressions, mai» par l'intermédiaire de la 

Société. 

Art. iH. Les membre? de la Société sont t r us invités à lui adresser ie» 
A'hantil lotis a!>'i!s pourront réuu;». 

*-♦. 5'2. En C7i de d'Molulmi), '»•« diverses propriété» G» la r 'i3l/', r ef.#« 
"--«l u> «Iroil à a »dln de Tua.'©u»4. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 33 

Gen. Coelosphaerium Nag., 1849. 

4. C. Kutzingianum Nâg., einz. Alg., t. I, c. 
Etangs, Toulouse : Polygone d'artillerie, la Puja le. 

Gen. Porphyridium. 

5. P. cruentum Nag. — Toulouse [Pée-Laby, FI., p. 231]. 

Gen. Microcystis Kûtz., 1833. 

6. M. marginata Kûtz., Tab. phyc, I, t. VIII. 
Mares, Env. de Toulouse : Colomiers-Lasplanes. 

Fam. HORMOGONACÉES 

S. Fam. HomocYstées 
Gen. Oscillatoria Vaucher, 1803. 

7. 0. limosa Ag., Disp. Alg. Suec, p. 35; Gom., Mon., 
p. 210, pi. m, f. 3. 

Bassins, Toulouse : Etablissement de pisciculture de l'Uni- 
versité. 

8. 0. tenuis Ag., Alg. Dec, II, p. 25; Gom., Mon., p. 220, 
pi. vu, f. 2, 3. 

Fossés, Env. Toulouse : Colomiers-Lasplanes. 

9. 0. nigra Vauch. — Pyr. [Thore]. 10. 0. princeps Vauch. — 
Toulouse [Arrond., Conf., p. 21, f. 16J ; Pyr., Dax [Thore]. 
11. 0. cortiana Menegh. — Pyr. [Elipart, p. xxxvn]. 12. 0. gemi- 
nata Menegh. (0. Grateloupii Bory). — Pyr. jThore]. 

Gen. Phormidium Kûtz., 1843. 

13. Ph. laminosum Gom. — Pyr. Eaux thermales [Olette, Soub., 
sub. Oscillatoria elegans Ag.] ? 

SOC. D'HISf. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV). 3 



34 J. COMÈRE 

Gen. Microleus Desm. 1823. 

14. M. vaginatus Gom — Toulouse [Arrond., Conf , p 21, 
sub. M. rcpens Hass.j. 

Gen. Spirulina Turpin, 1827. 

15. Sp. major Kiïtz., Phyc. germ., p. 183; Gom., Mon., 
p. 251, pi. vu, f. 29. 

Pyrénées : Eaux sulfureuses de Caldas de Bohi. 

16. Sp. subtilissima Kùtz., Phyc. germ., p. 183; Gom , 
Mon., p. 2£2; pi. vu, f. 30. 

Toulouse, Etangs : Polygone d'artillerie. 

Gen. Lyngbya G. Ag., 1824. 

17. L. ochracea Thur. — Sub. pyr. [Belloc, Lacs litt., p. 9]. 
18. L. nigra Ag. [ibid ]. 



S. Fam. Hétérocystées 
Gen. Gloeotrichia J. Ag., 1842. 

19. Gl. Pisum Thuret, Essai Class. d. Nost. in Ann. se. 
Nat., 1875, p. 382 ; Born. et Flah., Rév. I, p. 366. 

Toulouse, Marais : La Croix-Falgarde, Pinsaguel. 

Gen. Hapalosiphon Nag., 1849. 

20. H. laminosus Hansg., Ueb. d. polym. d. Alg., Bot. 
Centr., 1885, XXII, p. 48. 

Pyr., Eaux thermales : Ax-les-Thermes, Gauterets, Barè- 
ges, etc. [Dax (Serres, Thore).] 

L' Anabacna Lkcrmalis, trouvé à Dax par Serres et Thore, 
doit être, d'après MM. Bornet et Flahault (Rév. p. 55), rap- 
porté à 177. laminosus. UAnabaena monliculosa Bory, de 
Dutrochet (1835), est formé, d'après les mêmes auteurs, de 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 35 

Leplothrix lamellosa Kûtz, avec quelques filaments d'Hapalosi- 
phon. C'est aussi au Leplothrix lamellosa que doit être rap- 
porté le Trcmella Ihermalis de Thore. Le genre Leptolhrix fait 
partie aujourd'hui des Bactériacées, organismes filamenteux 
dépourvus de chlorophylle. 

Gen. Desmonema Berk. et Thw., 1849. 

21. D. Wrangelii Born. et Flah. — Pyr. [Gay, Alg. Big., 

p. XXXI I] . 

Gen. Tolipothrix Kûtz , 1843. 

22. T. lanata Wart. — Sub. pyr. [Belloc, Lacs htt., p. 9j. 

Gen. Nostoc Vaucher, 1803. 

23. N. spha,ericum Vauch., Hist. Conf., p. 225, t. XVI, 
f. 3 ; Born. et Flah., Rév., IV, p. 210. 

Toulouse, Bassins : Ecole botanique du Jardin des plante?. 

24 N. commune Vauch. — Toulouse [Arrond., Conf, p. 22] ; 
Pyr. [Gay, Alg. Big., p. xxn] ; Sub. pyr. [Belloc, Lacs litt ., p. 9], 
25. N. muscorum Ag. — Sub. pyr. [Belloc, loc cit.) ; Toulouse 
[Pée Laby, FI., p. 250]. 26. N. verrucosum [Arrond., loc. cit., 
p. 22] ; Pyr. [Belloc, Vég. lac, p. 10] . 

Gen. Anabaena Bory, 1822. 

27. A. Flos-aquae Bréb. — Toulouse [Arrond., Conf., p. 22, 
f. 18]. 

CONJUGUÉES 

Fam. ZYGNEMACÉES 

S. Fam. Mesoearpées 
Gen. Mougeotia Ag., 1824. 

28. M. scalaris Hass., Observ. on Zygn.. p. 45. 
Toulouse, Fossés : Les Egaoux. 



36 .T. COMÈRE 

29. M parvula Hass., Descrip. of fresfiw. Conf., p. 434 ; 
de Bary, Conjug., p. 80, t. II, f. 15. 

Toulouse, Fossés : Saouze-Lonii". 

30. M. viridis Wittr., Gotl.Sôtv.. p. 39; de Bary, Conjitg., 
p. 81, t. II, f. 17 et 18. 

Toulouse,-Fossés : Lardenne. 

31. M. nummuloïdes de By. — Toulouse [Pée-Laby, FI, p. 236]. 
32. M. pleurocarpus de By. — Env. Toulouse [Arrond., Conf., 
p. 17, sub. M. genuflexa Hass.]. 

Le M. Olettensis de Soubeiran (Essai, pi. m, f. 5), semble se 
rapprocher du M. scalans. 



S. Fam. Zygnemées 
Gen. Zygnema Ag., 1824. 

32. Z. stellinum Ag., Syst.Alg., p. 77 ; Kùtz, Tab. phyc, 
V, t. XVII, f. 2. 

Env. Toulouse, Fossés : Labège, Colomiers-Lasplanes. 

33. Z. pectinatum Ag., Syst. Alg., p. 78. 
Env. Toulouse, Fossés : Colomiers-Lasplanes. 

34. Z. cruciatum Ag. — Env. Toulouse [Arrond , Conf., p. 16, 
f. 8, sub. Tyndaridea cruciata Hass. ; Gomère, Conj , p 173]. 
35. Z. leiospermum. — Toulouse [Gomère, loc. cit., p. 173]. 

Gen. Spirogyra Link., 1820. 

35. Sp. decimina Kutz. — Toulouse [Arrond., Conf., p. 14, sub. 
Zygnema deciminum Ag.]. 36 Sp longata Kùtz. — [lbid., p. 14, 
sub Zygnema elongatum Ag]. 37. Sp. nitida Link. — [Ibid., 
p. 15, f. 6, sub. Zygnema nitidum Ag ]. 38. Sp. rivularis Rab. — 
\lbid , sub. Zygnema rivulare Hass.]. 39. Sp. communis Kiitz. — 
Toulouse [Pèe-Laby, FL, p. 234]. 40. Sp. adnata Kiitz., — Tou- 
louse [Comère, Conj., p. 177]. 41. Sp. affinis P. Petit [Ibid., 
p. 175] 42 Sp. bellis Glève [Ibid., p. 177]. 43. Sp condensata 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 37 

Kûtz. [Ibid , p. 176]. 44. Sp. catanaeformis Kïitz. [Ibid., p. 175]. 
45. Sp. crassa Kûtz. [Ibid., p. 177]. 46. Sp. gracilis Kûtz. [Ibid. 
p. 175]. 47. Sp. Grevilleana Kûtz. [Ibid., p. 174]. 48. Sp. Hassalii 
P. Petit [Ibid., p. 174]. 49. Sp. inflata Rab. [Ibid., p. 173] 
50. Sp. insignis Kûtz. [Ibid., p. 174]. 51. Sp. jugalis Kûtz. [Ibid. 
p. 176]. 52. Sp. Jungersii Kûtz [Ibid., p. 175]. 53. Sp. laxa Kûtz 
[Ibid., p. 174]. 54 Sp. orthospira Kûtz. [Ibid., p. 177]. 55. Sp. te 
nuissima Kûtz. [Ibid., p. 173]. 56 Sp. Weberi P. Petit. — Tou- 
louse [Comère, loc cit., p. 174]; Pyr. [D«- Ripart, p.XL]. 57. Sp.va- 
rians Kûtz. [Arrond., loc. cit., p. 14, f. 5, sub. Zygnema Hass. ; 
Comère, loc. cit., p. 175]. 58. Sp setiformis Kûtz. — Toulouse 
[Arrond., loc. cit., p. 16, f. 7, sub. Zygnema interruptum Hass.] ; 
Pyr. [Gay, Alg. Big , p. xxx]. 59. Sp. flavescens Kûtz. — Tou- 
louse [Comère, loc. cit , p. 175, sub. Sp. gracilis Kûtz , var. fla- 
vescens ; Pée-Laby, loc. cit , p. 235]. 60. Sp. punctata Clève. — 
Toulouse [Comère, loc. cit., p 175]. 61. Sp. orbicularis Kûtz. — 
Toulouse [Arrond., loc. cit., p. 15, sub. Zygnema orbiculare Hass.]. 
62. Sp. porticalis Clève. — Toulouse [Arrond., loc. cit., p. 14, sub. 
Zygnema quininum Ag ; Pée-Laby, loc. cit., p. 234; Comère, 
loc. cit., p. 175]. 

Gen. Sirogonium Kûtz., 1843. 

63. S. sticticum Kûtz. — Toulouse [Comère, Conj., p. 173]. 

Fam. DESMIDIACÉES 

Sub. fam. Saccodermées 
Gen. Mesotaenium Nag., 1849. 

64. M. violascens de Bary. — Pyr. [Gay, Alg. Big., p. xxx]. 

Gen. Cylindrocystis Menegh., 1838. 

65. Cyl. Brebissonii Menegh. — Pyr. [Gay, Alg. Big., p. xxx]. 
66. Cyl. crassa de Bary [Ibid., p. xxx]. 

Gen. Netrium Nag., 1849. 
67. N. Digitus Itzigsohn et Rothe. — Toulouse [Comère, Conj., 



38 J. COMÈRE 

p. 179, suit. Penium] ; Pyr. [Gay, Alg. Big ., p. xxx ; Belloc, Vég. 
lac, p. 10]. 

Sub. fam. Placodermées 
Gen. Penium Bréb., 1844. 

C8. P. closterioïdes Halfs. — Toulouse [Comère, Conj., p. 179] ; 
Sous-pyr. [Belloc, Lacs litt., p. 10]. 69. P. truncatum Bréb. — 
Pyr. [Gay, Alg. Big., p. xxx; Belloc, Vég. lac, p. 10]. 70. P. mar- 
garitaceum Bréb. — Toulouse [Comère, loc. cit., p. 179] ; Sous- 
pyr. [Belloc, Lacs litt., p. 10]. 

Gen. Closterium Nitzch., 1817. 

71. Cl. attenuatum Ralfs, Brit. Desm., p. 169. t. XXIX, 
f. 5. 

Env. Toulouse, Fossés : Tournefeuille (M. J. Laborie). 

72. Cl. CynthiaNot., Desm. liai., p. 65, t. VII, f. 71. 
Env. Toulouse, Fossés : La Salvetat, Plaisance-du-Touch. 

73. Cl. Delpontii Wolle, Fr. Alg. U. S. A., p. 25, t. LV, 
f. 9. 

Env. Toulouse, Fossés : Tournefeuille (M. J. Laborie). 

74. Cl. parvulum Nàg., einz. Alg., p. 106, t. VI, C, f. 2. 
Env. Toulouse, Fossés : Colomiers-Lasplanes. 

75. Cl. setaceum Ehr., Organ. Kl. Raum., p. 329. 
Env. Toulouse, Fossés : Saint-Martin-du-Touch. 

76. Cl. angustatum Kûtz., Phyc. gcrm., p. 132. 

Env. Toulouse, Mares, Fossés : Montrabé, Ramonville-Saint- 
Agne. 

77. Cl. acerosum Ehrenb. — Toulouse [Comère, Conj., p. 178] ; 
Sub. pyr. [Belloc, Lacs litt., p. 9j. 78. Cl. acutum Bréb. — Tou- 
louse [Comère, loc. rit ]; Sub. pyr. [Belloc, loc. cit.]. 79. Cl. ca- 
losporum Wittr. — Toulouse [Comère, loc. cit., p. 179, f. 7 et 8]. 
80. Cl. Cornu Ehr. \llnd,, p. 178]. 81. Cl. didymotocum Balfs 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 39 

[Ibid.]. 82. Cl. Jenneri Ralfs [Ibid., p. 179]. 83. Cl. intermedium 
Ralfs [Ibid., p. 178]. 84. Cl. lanceolatum Kùtz. [Ibid.]. 85. Cl. 
costatum Corda [Ibid.]. 86. Cl. macilentum Bréb. [Ibid., p. 177j. 
87. Cl. rostratum Ehrenb. [Ibid., p. 179]. 88. Cl. strigosum Bréb. 
[Ibid., p. 178]. 89 Cl. affine Gay. — Pyr. [Gay, Alg. Big , p. xxx, 
f. xylj. 90. Cl. Ehrenbergii Menegh. — Toulouse [Gomère, loc 
cit. p. 179] . 91 . Cl. Leiblenii Kûtz. — Toulouse [Gomère, loc. cit ] ; 
Pyr. [Gay, loc. cit.]. 92. Cl. lineatum Ehr. — Toulouse [Comète, 
loc. cit., p. 179]; Sub. pyr. [Belloc, loc. cit]. 93. Cl. Lunula 
Nitzch. — Toulouse [Comère, loc. cit., p. 178] ; Pyr. [Soub , 
p. 424, pi. I, f. 6? (Il paraît assez douteux que la forme indiquée 
par Soubeirau appartienne au Cl Lunula.)] ; Sous-pyr. [Belloc, 
loc. cit]. 94. Cl. moniliferum Ehr. — Toulouse [Comère, loc. cit., 
p. 179] ; Pyr. [Gay, loc. cit.]. 95. Cl. Pritchardianum Arch. — 
Sous-pyr. [Belloc, loc. cit.]. 96. Cl. striolatum Ehrenb. — Tou- 
louse [Gomère, loc. cit., p. 178] ; Pyr. [Belloc, loc. cit.]. 

Gen. Roya West et G. S. West, 1896. 

97. R. obtusa W. et G. -S. West, The Brit. Freshw. Alg., 
p. 158. 

Env. Toulouse, Fossés : Tournefeuille (M. J. Laborie). 

Gen. Docidium Bréb., 1844. 

98. D. clavatum Kùtz. — Pyr. [Belloc, Vég. lac, p. 10]. 
99. D. coronatum Bréb. [Ibid.]: 100. D. nodulosum Bréb. [Ibid.]. 
101. D. Baculum Bréb. — Pyr. [Soub., sub. Closterium] ? 

Gen. Tetmemorus Ralfs, 1844. 

102. T granulatus Ralfs. — Toulouse [Comère, Conj.. p. 180]. 

Gen. Euastrum Ehr., 1832. 

103. E. Didelta Ralfs. — Pyr. [Belloc, Vég. lac, p. 10]. 
104. E. elegans Kùtz. [Ibid:], 105. E. verrucosum Ehrenb. — 

Toulouse [Comère, Conj., p. 182] ; Pyr. [Belloc, loco cit ]. 



40 j. COMÈRE 

G en. Micrasterias Ag., 1827. 

10G. M. conferta Lund. — Pyr. [Belloc, Vég. lac, p. 10]. 
107. M. denticulata Bréb. et Godey [Ibid.]. 108. M. radiosa Ag. 
[Ibid.]. 

Gen. Cosmarium Gorda, 1834. 

109. C. bioculatum Bréb. apud Ralfs, Brit. Desm., p. 95, 
t. XV, f. 5. 

Toulouse, Etangs : La Pujade. 

110. C. bireme Nordst., Desm. Brasil, p. 212, t. III, f. 33. 
Toulouse, Bassins : Ecole botanique du Jardin des Plantes. 

111. C. nitidulum Not., Desm. ItaL, p. 42, t. III, f. 26. 
Toulouse, Etangs : Polygone d'artillerie. 

112. C. Sportella Bréb., Liste, pp. 130 et 164, pi. i, f. 12. 
Pyrénées, Etangs: Argelès-Gazost. 

113. C. plicatum Keinsch, Spec.gen. Alg., p. 114, t. XXII, 

f. c:, il. 

Env. Toulouse, Fossés : Colomiers-Lasplanes. 

114. C. pygmaeum Archer in Dubl. Nat. Hist. Soc, 
p. 66, t. I. 

Toulouse, Etangs : Polygone d'artillerie, la Pujade. 

115. C. Corbula Bréb., Liste, pp. 131, 303, pi. i, f. 13. 
Toulouse, Gourgs : Braqueville. 

116. C. Meneghinii Bréb. apud Ralfs, Bril. Desm., p. 96, 
t. XV, f. 6. 

Toulouse, Etangs : La Pujade, Colomiers-Lasplanes ; Gourgs : 
Braqueville. 

117. C. Bigorrense Gay. — Pyr. [Gay, Alg. Big., p.xxxi, f. xyl]. 
118. C. Nœgelianum Bréb. [Ibid.]. 119. C. pseudobotrytis Gay, 
forma pyrenaîca [Ibid], 120 C calcareum Wittr. — Pyr. [Belloc, 
Vég. lac, p. 9). 121. C. latum Bréb. [Ibid., p. 10]. 122. C. orna- 
tum Ralfs [Ibid.]. 123 CJ pyramidatum Bréb. [Ibid.]. 124. C. re- 
niforme Arch. [Ibid ]. 125. C. pseudoconnatum Nordst. — Tou- 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 41 

louse [Comère, Conj , p. 180, sub. Pleurotseniopsis] . 126. C. bire- 
tum Ralfs [Ibid., p. 182]. 127. C. granatum Ralfs [Ibid., p. 181]. 
128. C. homalodermum Nordst [Ibid., p. 182]. 129. C. monili- 
forme Ralfs [Ibid., p 181]. 130. C. tetraophtalmum Menegh. 
[Ibid., p. 18-2]. 131. C. tinctum Ralfs [Ibid , p. 181]. 132. G. cur- 
tum Ralfs [Ibid., p 180, sub Vysphinclium]. 133. C. sinuosum 
Lund [Ibid.]. 134 C depauperatum Nordst. — Sous pyr. [Bel- 
loc, Lacs litt , p. 9]. 135. C. Botrytis Menegh. — Toulouse [Co- 
mère, loc. cit , p. 181]; Pyr. [Gay, loc. cit , p. xxxi ; Belloc, loc 
cit., p. 10] 136. C. coelatum Ralfs. — Pyr. [Gay, lue. cit. ; Belloc, 
loc. cit.] 137. C. globosum Bulnh. — Toulouse [Comère, loc. cit., 
p. 180, sub Disphynctium] ; Sous-pyr. [Belloc, loc. cit.]. 138 C. 
margaritiferum Menegh. — Toulouse* [Comère, loc. cit.] ; Pyr. 
[Belloc, loc. cit.]. 139. C. ochtodes Nordst. — Toulouse [Comère, 
loc. cit , p. 182] ; Sous-pyr. [Belloc, loc. cit.]. 140. C. orbiculatum 
Ralfs. — Toulouse [Comère, loc. cit., p. 181] ; Pyr. [Belloc, loc. 
cit.]. 141. C. punctulatum Bréb. — Toulouse et Pyr. [Ibid.]. 
142. C. oblongum Benn. — Toulouse [Comère, loco cit., p. 180, 
sub. Disphynctium] ; Sous-pyr. [Belloc, loc. cit., sub Calocylin- 
drus], 143 G. praemorsum Bréb [Comère, Ibid., p. 182; Belloc, 
Ibid.]. 144 C. quadratum Ralfs. — Pyr. [Gay, loc. cit., p. 181 ; 
Belloc, loc. cit.]. 

Gen. Xanthidium Ehrenb , 1834. 

145. X. fasciculatum Ehr. — Pyr. [Belloc, Vég. lac, p. 10] . 
146. X. spinulosum Benn. [Ibid.]. 

Gen. Arthrodesmus Ehrenb., 1838. 

147. A. Incus Hass., Bril. Alg., p. 357, t. LXXXV, f. 10. 
Toulouse, Etangs : Polygone d'artillerie. 

Gen. Staurastrum Meyen, 1829. 

148. St. glabrum Ralfs, Bril. Desm., p. 217. 
Envir. Toulouse, Etangs: la Pujade. 



12 .T. COMÈRE 

149. St. minutissimum Reinsch, Spec. gen Alg , p. 140, 
t. XXVIII, A II, f. 1-8. 

Toulouse, Etangs: Polygone d'artillerie. 

150. St. paradoxum Meyen in Nov. act., p. 777, t. XLIII, 
f. 37-38. 

Toulouse, Etangs: Polygone d'artillerie; Env. Toulouse : 
Colomiers-Lasplanes. 

151. St. tricorne Menegh., Synops. Desrn., p. 225; Ralfs, 
liril. Desm., p. 134, t. XXII, f. 11 ; t. XXXIV, f. 8 a. 

Toulouse. Bassins : Ecole de botanique. 

152 St. alternans Bréb. — Pyr. [Belloc, Vég. lac, p. 1CJ. 
153. St. arcuatumNordst. [Ibid.]. 154. St. ArtisconLund. \Ib\d.\. 
155. St. dejectum Bréb. {Ibid.}. 156. St. Dickiei Balfs [Ibid.]: 
157. St. gracile Ralfs [Ibid.]. 158. St. Hystrix Ralfs [Ibid] 
159. St margaritaceuin Menegh. [Ibid.]. 160. St. tetracerum 
Ralfs \Ibid.]. 161. St. verticillatum Arch. [Ibid.]. 162. St. vesti- 
tum Halfs [lbid\. 163. St. asperum Bréb. — - Toulouse [Gomère, 
Conj., p. 182] 164. St. hirsutum Bréb. [Ibid , p. 183]. 165. St. 
orbiculare Ralfs. — Sous-pyr. [Belloc, Lacs litt., p. 101. 166. St. 
punctulatum Bréb. — Pyr. [Gay, Alg. Big., p. xxxn ; Belloc, loc. 
cit.] 167. St. tumidulum Gay, — Toulouse [Gomère, loc. cit , 
p. 181] ; Sous-pyr. [Belloc, loc. cit.]. 

Gen. Sphaerozosma Corda, 1835. 

168. Sph. filiforme Ehr — Pyr. [Belloc, Vég. lac , p. 10]. 

Gen. Hyalotheca Ehrenb., 1849. 

169. H dissiliens Bréb. — Toulouse [Gomère, Conj., p. 177]. 

Gen. Desmidium Ag., 1824. 

170. D. quadrangulatum Ralfs. — Pyr. [Belloc, Vég. lac, 
p. 10]. 171. D Swartzii Ag. [Ibid.]. 

Les dt'ux formes indiquées par Soubeiran, comme Desmidium 
Spec (Essai, pi. II, f. 7 et f. 10/, n'appartiennent pas aux Desmi- 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 43 

diacées. La forme de la fig. 7 paraît être un Ulothrix Spec. Celle 
de la fig-. 10 un Oscillât oria Spec. 



Fam. BACILLARIACEES ou DIATOMACÉES 

En raison de leur cosmopolitisme bien caractérisé et peut- 
être aussi à cause de mes tendances particulières opposées à la 
multiplication des dénominations spécifiques, les Diatomacées 
de nos régions ne m'ont présenté aucune forme nouvelle pour 
la nomenclature. 

La distribution phytogéographique de ces Algues et leur évo- 
lution périodique sont réglées, comme celle des autres micro- 
phytes, par l'action des divers facteurs œcologiques. Les 
Diatomacées, en général, sauf quelques formes stagnales épi- 
phytes, affectent, à l'inverse de certaines Conjuguées, les eaux à 
température peu élevée. Les formes, qui paraissent particu- 
lières aux altitudes élevées, peuvent ainsi se présenter dans la 
plaine, lorsque, au moment de la période hyémale, elles peu- 
vent trouver les mêmes conditions thermiques et d'action 
mécanique présentées par les stations de la montagne. 

Malgré d'assez nombreuses herborisations faites pendant une 
dizaine d'années depuis la publication de notre dernier Catalo- 
gue (1), qui comprenait environ quatre cents espèces corres- 
pondant à un nombre beaucoup plus élevé de formes 
synonymes, nous ne pouvons guère ajouter à nos listes qu'une 
douzaine de noms. Cette faible addition à la flore des Conju- 
guées siliceuses de nos environs démontre une fois de plus leur 
diffusion abondante et leur facilité d'adaptation. 

J ai estimé que les longues nomenclatures publiées dans mes 
publications antérieures et dans ce Bulletin me dispensaient de 
donner une nouvelle énumération des nombreuses formes locales 
de ces microphytes et je me suis borné à indiquer les espèces 

(1 Comère (J ), Diatomées des Pyrénées lloco cit.). 



1 1 J. CÔMÈRE 

nouvelles pour la région qui doivent s'ajouter au Catalogue des 
espèces antérieurement signalées. 

Gen Meridion Ag., 1824. 

171. M. Zinkenii Kûtz. ; V. II. Syn., p. 161, pi. li, f. 17. 
Pyrénées, Lacs : Lac de Comté (Ariège) . Matériaux pélagiques 

communiqués par M. le prof. Roule. 

Gen. Asterionella Hass., 1850. 

172. A. formosa Hass. ; V. H. Syn., p. 154, pi. li, f. 19 20. 

Montagne Noire : Lac de Saint-Ferréol (communiqué par 
M. Em. Belloc). 

Gen. Eunotia Ehrenb., 1837. 

173. E. lunaris Grun. ; V. H. Syn, p. 144, pi. xxxv, 
f. 3-4 et 6 A. 

Lacs sous-pyrénéens (Em. Belloc, Lacs litt., p. 10). 

Gen. Navicula Bory, 1822. 

174. N. humerosa Bréb. ; V. H. Syn., p. 98, pi. xi, f. 20. 
Lacs sous-pyrénéens (Em. Belloc, loc. cit.). 

175. N. vulgaris, var. lacustris J. Brun, Diat. des Alpes 
et du Jura. p. 66, pi. vin, f. 20. 

Lacs sous-pyrénéens (Em. Belloc. loc. cit.). 

176. N. Falaisiensis Grun. ; V. H. Syn., p. 108, pi. xiv, 
f. 5. 

Pyrénées, Lacs: Lac de Comté (Prof. Roule). 

Gen. Stauroneis Ehrenb , 1843. 

177. St. Smithii Grun. ; V. II. Syn., p. 69, pi. iv, f. 10. 
Eriv. Toulouse, Eaux courant >s : Pont de l'Hers, à Croix- 
Daurade. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 45 

Gen. Gomphonema Ag., 1824. 

178. G. Cygnus Ehr. ; J. Brun, Dial. des Alpes et du Jura, 
p. 37, pi. vi, f. 6. 

Pyrénées, Lacs : Lac de Comté (Prof. Roule). 

Gen. Cymbella Ag., 1830. 

179. C. Anglica Lagerstedt ;.V. H. Syn. 9 pi. n, f. 4. 
Montagne Noire : Rigole d'amenée des eaux d'alimentation 

du Canal du Midi, à Alzau, Lampy, Saint-Ferréol. 

Gen. Nitzschia Hassal, 1845. 
480. N. sinuata (Grunowia) Rab. ; V. H. Syn., p. 176, 

pi. LX, f. 11. 

Lacs sous-pyrénéens (Em. Belloc, loco cit.). 

181. N. angularis W. Smith, Syn. Brit. Dial., 1. 1, p. 40, 
pi. xin, f. 117. 

Lacs sous-pyrénéens (Ibid.) 

182. N. Denticula Grun. ; V. H. Syn., p. 175, pi. lx, f. 10. 
Lacs sous-pyrénéens [Ibid.). 



VOLVOCINEES 

Fam. CHLAMYDOMONADACÉES 
Gen. Chlamydomonas Ehrenb., 1833. 

179. Chl. Pulvisculus Ehr., Inf., p. 64, t. III, f. x. 
Toulouse, Etangs : Polygone d'artillerie. 

Gen. Sphaerella Sommerfeldt, 1824. 

180. Sph. lacustris Wittr. in Hansg. Prodrom., p. 105, 
f. 52. 



46 J. COMÈRE 

Toulouse, Bassins : Etablissement de Pisciculture de 1 Uni- 
versité, en mélange avec Euglena viridis Ehrenb. (Flagellés). 

181. Sph. nivalis Sommerfeldt — Pyrénées, sur la neige [DrAr- 
raieux, in Meut. Ac. se. de Toulouse, 1875, 7e s., t. VII, p. 203]. 
Le D r Armieux estime que le Sph. nivalis (Protococcus nivalis Ag\), 
qu'il a rencontré au Pic du Midi, au Tourmalef, Lac d'Oncet, à 
Néouvieilles, n'est autre chose que le Protococcus pluvialis Gohn 
(Sph. laeustris Somm.) transformé en raison de son habitat sur la 
neige des hautes montagnes. N. Joly a aussi signalé le Pr. nivalis 
dans la glairine de Barzun-Barèges. 

Le Protococcus pluvialis Kùtz., var. Kermcsinus, indiqué par 
Soubeiran dans la source Sengez, n° 2, Cauterets-la-Raillère, paraît 
se rapprocher aussi du Sph. laeustris. 



Fam. VOLVOCACEES 

Gen. Gonium Mûller, 1773. 

182. G. pectorale Mùll., Vermium terreslrium et fluvia- 
tiliurn hisloria, p. 60. 

Toulouse, Bassins, Gourgs: Ecole botanique, Braqueville. 

183. G. sociale Warm. in Bot. Tidskrift, 3 R, I Bd, 
p. 69-84. 

Toulouse, Etangs, Bassins : Polygone d'artillerie, Etablisse- 
ment de pisciculture. 

Gen. Eudorina Ehrenb., 1832. 

184. E. elegans Ehrenb. in Monatsb.d. Akad.d. Wissench. 
zu Berlin, 1831, pp. 178 et 152 ; t. II, f. 10. 

Toulouse, Gourgs : Braqueville. 

Gen. Pandorina Bory, 18-2'i. 

185. P. Morum Bory, Encycl. melhod., p. 53, t. II, 

f. XXXIII. 

Toulouse, Gourgs, Bassins: Braqueville, Ecole botanique. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 47 

Gen. Volvox Ehrenb., 1830. 

186. V..globator Ehrenb., In fi, p. 68, t. IV. 
Toulouse, Bassins, Etangs : Ecole botanique, Canal du Midi. 
L'espèce a disparu du Canal du Midi depuis que l'augmenta- 
tion du trafic a modifié le réarime des eaux. 



PROTOCOCCOIDEES 

Fam. TETRASPORACÉES 
Gen. Palmella Lyngb., 1819. 

187. P. mucosa Kùtz., Phyc. gen., p. 172, t. III, f. 1 ; 
t. I, f. 16. 

Toulouse, Fossés : Chemin du Sauze-Long. 

188. P. hyalina Bréb. — Toulouse [Pée-Laby, FL, p. 231]. 

Gen. Tetraspora Link, 1809. 

189. T. bullosa Ag. — Toulouse [Arrond., Conf., p. 23, f. 9, 
su'b; Ulva bullosa, Roth.]. 190. T. lubrica Ag. [Ibid , p. 22, f 20, 
sub. Ulva lubrica Roth.]. 

Gen. Apiocystis Nag., 1849. 

191. A. Brauniana Nàg., einz. Alg., p. 69, t. II, A. F. 1. 
Toulouse, Bassins : Ecole botanique. 

Gen. Gloeocystis Nag., 1849. 

192. Gl. Clementi Rab. — Pyr. [Gay, Alg. Big., p. xxviii'. 
193. Gl. rupestris Rab. [Ibid.]. 

Geo. Chlorococcum Fries, 1825. 

194. Chl. infusionum Menegh., Nosloch., p. 27, t. II, f. 3. 
Env. Toulouse, Etangs: Colomiers-Laspianes. 



48 .T. COMÈRE 

195. Chl. botryoïdes Rab., FI. Eur. Alg., p. 57. 
Env. Toulouse, Maies : Tournefeuille. 

196. Chl. Gigas Oun. in Rab. Aly., n° ik36. 
Toulouse, Bassins : Pépinières Barthère, rue Saint-Michel. 

Gen. Palmodictyon Kutz., 1845. 

197. P. viride Kùlz., Tab. phyc, t. XXXI, f. 1. 
Toulouse, Bassins: Ecole botanique. 

Gen. Dictyosphaerium Nag , 1849. 

198. D. Ehrenbergianum Nag., einz. Alg. t p. 73, t. II, E. 
Toulouse et Env., Etangs, Gourgs, Bassins : Colomiers-Las- 

planes, Braqueville, Ecole botanique. 

Fam. PROTOCOCCACÉES 

Gen. Eremosphaera De Bary, 1858. 

199 E. viridis De Bary, Conj., p. 56, t. VIII, f. 26, 27. 
Toulouse, Bassins : Ecole botanique. 

Gen ChlorellaBeyerinck.1890. 

200. Chl. vulgaris Beyerinck, Bot. Zeit., XLVIII, 1890. 
Toulouse, Etangs : Canal du Midi, en symbiose avec des 

Infusoires (Paramecium, Oplirydiumj ; abondant dans les cul- 
tures d'Algues. 

Gen. Polyedrum Nag , 1849. 

201. P. caudatum Lagerh., Vetensk. Acad. Forh., p. 67. 
Env. Toulouse, Etangs : Colomiers-Lasplanes. 

Gen. Rhaphidium Kutz , 1845. 

202. R. polymorphum Fresen. Abh. der Scnckbenb. na- 
iurf. Gescl., II, p. 199, t. VIII. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 49 

Toulouse, Etants, Bassins : La Pujad », Ecole botanique ; 
Cultures d'Algues. 

202 b Var. falcatum Rabenh., FL Ëur. Àlg„ III, p. 45. 

Toulouse, Bassins: Ecole botanique. 

202 c. Var. aciculare Rabenh.,, FL Etir. Alg., III. p. 45 
(Clostniûm aciculare Bréb., Liste, p. 155, pi. ii, f. 48). 

Toulouse, Etangs, Bassins : La Pujade, Ecole botanique, Eta- 
blissement de pisciculture. 

203. R. Braunii Nâg. in Kiïtz., Spec. : p. 891. 
Toulouse, Bassins : Ecole botanique. 

Oen. Characium A. Br., 1849. 

204. Ch. apiculatum Rabenh. in Hedwigia, 1885, t. XII, 
f. 2. 

Toulouse, Bassins : Ecole botanique. 

205. Ch. Nâgelii A. Br. in Nâg , cinz. Alg., t. III, D. 
Toulouse : Canal du Midi. 

206. Ch. ornithocephalum A. Br., Alg. imiccll., p. 42, 
t. III, C. 

Toulouse : Ecole botanique. 

207. Ch. Sieboldii A. Br , Alg. unicelL, p. 32, t. III, A. 
Toulouse : Canal du Midi. 

208. Ch. longipes Bab - Pyr [Gay, Alg.Big., p.xxix]. F. Gay 
fait remarquer que toutes les espèces de Characium sont aquati- 
ques, il a trouvé cependant le Ch. longipes à l'état subaérien, fixé 
sur des filaments de Stichococcus flaccidus, sur des toits de 
chaume. 

Gen. Scenedesmus Meyen, 1829. 

209. Se. acutus Meyen in Nova AcL, XIV, p. 775, 
t. XLIII, f. 32. 

Toulouse, Etangs, Bassins : Polygone d'artillerie, la Pujade; 
Square du Musée. 

SOC D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV). 4 



50 .T. COMÈRE 

210. Se. antennatus Bréb. in Ralfs, Brit. Desvi., p. 222, 
t. XX XV, f. 27. 

Toulouse Bassins : Etablissement de pisciculture. 

211. Se. dimorphus Kûtz., Syn. Diat., p. 80. 
Toulouse, Etangs : La Pujade. 

212. Se. obliquus Kùtz., Syn: Diat., p. 609. 
Toulouse, Etangs : Polygone d'artillerie. 

212 b. Forma Dactylococcus = Dactylococcus infusio- 
num Nag., Ghodat, Alg. Suisse, p. 164, f. 86, H. 

Toulouse, Bassins: Pépinières Bartbère, rue Saint-Michel. 

213. Se. bijugatus Kùtz., Syn. Diat., p. 607. 
Toulouse, Etangs, Bassins : La Pujade, Polygone d'artillerie; 

Square du Musée. 

214. Se. quadricaula Bréb., Alg. Falaise, p. 66.. 
Toulouse, Etangs, Bassins : La Pujade ; Square du Musée, 

Ecole botanique. 

Gen. Dactylococcus Nag., 1849. 

215. D. bicaudatus A. Br. in Rab., FI. Eut. Alg., III, 
p. 47. 

Toulouse : Bassin dans la cour d'un immeuble de la rue 
Espinasse (D r Lafosse). 

Gen. Kirchneriella Schmidle, 1893. 

216. K. lunata Schmidle, Beilr. Alg. Schwarz. in Ber. nat. 
Ges. z. Fr. in Br., p. 15. 

Toulouse, Bassins: Ecole botanique. 

Gen. Selenastrum Reinsch, 1867. 

217. S. Bibrianum Reinsch, Alg. //. von Franken, p. 6,4 
t. IV, f. % a, c. 

Toulouse : Même station que la précédente. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE . 51 

Fam. HYDRODICTYACÉES 

Gen. Pediastrum Meyen, 1829. 

218. P. Boryanum Menegh., Syn. Desm., p. 210. 
Toulouse, Etangs, Bassins : La Pujade ; Square du Musée. — 

Sous-pyr. [Belloc, Lacs litt., p. 9]. 

219. P. Tétras Ralfs, Ann. and Mag. of Nat. Hist., XIV, 
p. 469, t. XII, f. 4. 

Toulouse, Etangs : Canal du Midi, la Pujade, Polygone d'ar- 
tillerie. 

220. P. integrum Nâg., cinz. Alg., p. 96, t. V, B. 4. 
Toulouse, Etangs : La Pujade. 

221. P. pertusum Kûtz. , Phyc. gerrh., p. 143. 
Toulouse et Envir., Etangs : Canal du Midi, Polygone d'ar- 
tillerie ; Colomiers-Lasplanes. 

222. P. simplex Meyen in Nova Acta, XIV, 1828, 2, 
p. 772, t. XLII1, f. 1-5. 

Toulouse et Envir., Etangs: Etablissement de pisciculture; 
Colomiers-Lasplanes. 

Gen. Cœlastrum Nag., 1849. 

223. C. microporum Nâg. in A. Br., Alg. unicell:, p. 70. 
Env. Toulouse, Gourgs : Braqueville. 

Gen. Hydrodictyon Roth, 1.800. 

224. H. utriculatum Lagerh., Bidr. Sverig. Algfl., p. 71. 
Toulouse : Canal du Midi, au Port Saint-Sauveur. — [Canal 

du Midi, Jardin des Plantes. — (Arrond. Corif., p. 20, f. 14, 
sub. //. fémorale Arr.)]. 

J'ai démontré (Cfr. Bull. Soc. hist. nat. Toulouse, v. XXXII, 
1899, p. 71, avec pi.) que 17/. fémorale Arrond. et VH. utri- 
culatum Roth constituaient une même espèce. A la suite des 



52 J. COMÈRE 

modifications apportées au régime des eaux du Canal du Midi, 
VHydrodiclyon ne se retrouve plus dans cette station où il était 
autrefois assez abondant. Au Jardin des plantes, dans le canalet 
alimenté autrefois par le Canal du Midi, l'adduction des eaux 
de la Garonne a amené aussi sa disparition. 

Fam. PLEUROCOCCACÉES 
Gen. Pleurococcus Menegh., 1842. 

225. PI. vulgaris Menegh , Nosloch., p. 38, t. V, f. 1. 
Toulouse, murs humides, troncs d'arbres. — Pyr. [Gzy,Alg. 

Big., p. xxvin]. 

Gen. Urococcus Kùtz., 1843. 

226. U. insignis Kûtz. — Sous-pyr. [Belloc, Lacs litt , p. 206, 
sub. Chroococcits macrococcus Kùtz.]. 

Gen Protoderma Kûtz. 

227. P. viride Kùtz., Phyc. gen., p. 295. 
Toulouse, Fossés : Saint-Roch. 

228. P. thermale Ripart. — Pyr. [Ripart, Notice, p. xl]. D'après 
Ripart, cette forme se rapprocherait de la précédente. Je crois que 
l'on peut la considérer comme une variété due à l'action de l'eau 
thermale. 

CONFERVOÏDÉES 

Fam. ULVACÉES 
Gen. Monostroma Thuret, 1854 

229. M. bullosa Wittr., Monographia ofver Algslaglet Mo- 
nostroma, p. 28, t. I, f. 1, 1866. 

Toulouse et Env , Fossés : Le Sauzelong ; Colomiers-Las- 
planes. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 53 

Fam. ULOTHRICACÉES 

Gen. Ulothrix Kûtz , 1833. 

230. U. subtilis Kûtz., Tab. phyc, II, t. LV, f. 3. 
Toulouse et Env., Fossés, ruisseaux, bassins : Jardin sur le 

quai de Tourné, le Sauzelong ; Colomiers-Lasplanes. — Pyr. 
[Gay, Alg. Big., p. xxixj. 

230 b. Var. variabilis Kirchner, Krypt. fl. v. SchL, 1878, 
p .77. 

Toulouse, Bassins: Squares du Musée et Saint-Georges. 

231. U. zonata Kûtz. — Toulouse [Arrond., Conf., p 19, sub. 
Lyngbya zonata Hass. ; Pée-Laby, FL, p. 239]. 232. U. tenuis 
Kûtz. — Sous pyr. [Belloc, Lacs litt., p. 9, sub. Hormwcia]. 
233. U moniliformis Kûtz. [Lbid ] 

V Ulothrix Vichy ensis I. Haime et Gh. Petit (De la matière or- 
ganique des eaux minérales de Vichy, 1854 , indiqué par Sou- 
beiran, à Olette, source Saint-Louis, ne paraît être qu'une Oscilla- 
toria, de dimensions réduites. 

Gen. Hormospora Bréb., 1840. 

234. H. mutabilis Bréb., Mêm. Falaise, 1840. 
Toulouse, Fossés : Saint-Roch. 

Gen Stichococcus Nag , 1849. 

235. Stich. bacillaris Nag., Gatt. cinz. Alg., p. 76. 
Toulouse et Pyrénées: Troncs d'arbre, bois humide, murs 

mouillés. 

236. Stich flaccidus Gay, Rech. s. quelq. Alg. vertes, 
p. 79. 

Mêmes stations que la précédente. 

Bien que le Slich. flaccidus se rencontre le plus souvent sous 
l'état aéiien, il s'adapte fort bien à la vie aquatique. J'ai l'oc- 



f)l J. C0ME1Π

casion d'observer fréquemment le développement de cette 
forme sur la terrasse du jardin de ma maison d'habitation, où 
elle se propage activement sur les briques mouillées par inter- 
mittence par les eaux pluviales et en même temps dans les 
récipients remplis d'eau placés à proximité. 

Fam SCHIZOGONIACÉES 

Gen. Schizogonium Kùtz., 1843. 

237. Sch. crispum Gay, Rech. s. quelq. Alg. vertes, p. 86. 

Toulouse et Env., Troncs d'arbre et murs humides: Digues 
à l'Etablissement de pisciculture; Orphelinat de la Grande- 
Allée (Frère Saltel) ; Jardin des plantes, Rlagnac [Pée-Laby, 
FI., p. 239, sub (Jtolhrix radicans Kùtz ]. 

239 Sch. murale Kûtz., Tab. phyc. Il, t. XCVIII, f 1. 

Toulouse et Env. Mêmes stations. La Ramette [Pée-Laby, F/., 
p. 210, sub Uloihvix pari&èina Kûtz.]. 

Si la plante désignée par M. Pée-Laby, FL. p. 248, sous le 
nom d'Oscillaria parielina Vauch. est bien nommée, c'est au 
Sch. murale qu'elle doit aussi être rapportée. 

Fam. MICROSPORACÉES 

Gen. Microspora Thuret, 1850. 

240. M. amaenaRab., FI. Fur. Alg., III, p. 321. 
Toulouse, Fossés : Saouzelong. 

241. M. floccosa Thuret. - Toulouse [Arrond., Conf., p. 19, 
sub Lyngbya floccosa IJass.]. 242. M. fontinalis de Toni. — 
Toulouse [Pée-Laby, FL, p. 240, sub Conferva]. 

Fam. CONFERVACÉES 

Gen. Conferva Link , 1820. 

212. C. bombycina A-., Syst.. p. 83. 

Toulouse ut Env., Etangs, Fossés: Square du Musée, la Pu- 



FLORE DES ALGUES D EAU DOUCE 55 

jade; Colomiers-Lasplanes. — Pyr. [Gay, Alg. Big.. p. xxix]. 
— Sub-pyr. [Belloc, Lacs lilt., p. 9]. . 

242 b- Forma minor Wille, Hvilec. h. Conf., p. 20. 

Toulouse et Env., Etangs, Fossés: La Pujade, Sauzelong ; 
Golomiers-Lasplanes. 

243. C. affmis Kùtz., Tab. phyc, III, t. XLII. 
Toulouse, Fossés, Bassins : Saint-Roch, Sauzelong ; Place 

Saint-Georges. 

244. C. tenuissima Gay, Rech. s. quelq. Alg. vertes, p. 34. 
Env. Toulouse, Fossés: Labège. — Pyr. [Gay, Alg. Big., 

p. XXIX]. 

Fam. CLADOPHORACÉES 

Gen. Cladophora Ktitz., 1843. 

245. Cl. fracta Kùtz , Spec. Alg., p. 410. 

Toulouse, Etangs : Canal du Midi, la Pujade. — Eau miné- 
rale de Gastéra-Verduzan (Gers). — Pyr. Eaux sulfureuses de 
Caldas-de-Bohi. 

246. Cl. flavescens Ag., Syst., p. 112. 
Toulouse, Fossés : Les Récollets. 

247. CL glomerata Kùtz., Tab phyc, IV, t. XXXIV. 
Toulouse, Eaux courantes : Canal d'irrigation de Saint-Mar- 

tory à Lardenneet à Blagnac. — [Arrond., Conf., p. 18; Pée- 
Laby, FI., p. 241]. — Pyr. [Gay, Alg. Big., p. 29]. — Sub. 
pyr. [Belloc, Lacs lia., p. 9]. 

248. CL crispata Kùtz., Tab. phyc, IV, t. XL, f. 1. 
Toulouse, Bassins: Ecole botanique. — [Arrond., Conf., 

p. 19; Pée-Laby, FI., p. 241]. 

Le Cladophora calida Ktitz trouve, par le D r Ripart, aux Eaux- 
Chaudes (Alg. Pyr , p. xli), est une espèce douteuse, qui me 
paraît devoir être rapportée à L'une des nombreuses formes du Cl. 
fracta. 



56 .T. COMÈRE 

(icn. Rhizoclonium Kiitz , 1843. 
249 Rh. fontinale Kiitz. — Sub-pyr. [Belloc, Lacs lit t., p. 9J. 

Fam. ŒDOGONIACÉES 

Gen. Œdogonium Link, 1820. 

250. Œ. capillare Kùtz , rhyc. gen., p. 255, t. XII, f. u, 
1-10. 

Toulouse, Etangs, Bassins: Canal du Midi, ' Jardin des 
Plantes. — [Arrond., Conf., p. 17, sub Conferva capillaris (L.) 
Dub. ; Pée Laby, Fl. } 241]. 

251. Œ. longatum Kùtz., Tab. phyc, p. 11, t. XXXIII, 
f.6. 

Toulouse, Etangs, Bassins : épipbyte sur les autres Algues 
filamenteuses, Canal du Midi, Ecole botanique. 

252. Œ. pluviale Nordst. in Bab., Alg. Eur., n° 2257; 
Hirn., Mon. OEdog., p. 280, t. XLVIII, f. 311. 

Env. Toulouse, Fossés : Saint-Martin-du-Touch. 

253. Œ. varians Wittr. et Lund. in Wittr., Prodr. Mon. 
OEdog.. p. 11 ; Hirn., Mon. OEdog., p. 89, t IV, f. 23. 

Toulouse, Bassins : Ecole botanique. 

254. Œ. rivulare A. Br. — Toulouse [Arrond., Conf., p. 17, sub. 
Conferva rivularis (L ) Dub. ; Pée-Laby, FL, p. 240]. 

Je n'ai pas retrouvé YŒ. rivulare dans le Canal du Midi, malgré 
mes herborisations très fréquentes dans cette localité. Il est pro- 
bable qu Arrondeau et M. Pée-Laby ont confondu cette espace 
avec YŒ. c&pitlare, forme voisine et qui était autrefois très abon- 
dante dans la même station. Depuis le rachat du Canal par lEtat, 
sa végétation est bien moins intense. Du reste, j'ai été assez embar- 
rassé, pendant un certain temps, pour la détermination exacte de 
YŒ. capiltare, dont la fructification se montrait rare, en raison 
des conditions autrefois très nutritives du milieu. 

255. Œ. undulatum A. Br. — Toulouse [Pée-Laby, Fl. t p. 138]. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 57 

256. Œ. vesicatum Wittr. — Toulouse [Arrond., loc. cit , p. 18, 
f. 10, sub. Conferva Vaucherii Arrond .]. 

256. Œ. Vaucherii A. Br., Ueber Chy Iridium., p. 40, 
t. II, f. 13. 

Env. Toulouse, Fossés : Lardenne, Saint-Martin. 



Fam. TRENTEPOHLIACEES 
Gen. Trentepohlia Martin?, 1817. 

257. T. Jolithus Wallroth. - Pyr. [p* Ripart, Alg. Pijr., p. x'liJ. 
258. T. aurea Mart. — Pyr. [D r Ripart, loco cit. ; Gay, Alg. Big., 
p. XXIX]. 

Fam. CHAETOPHORACÉES 
Gen. Draparnaldia Bory 1808. 

259. D. glomerata Ag., Sysi., p. 59. 

Toulouse, Fossés, Laisses :' Lardenne, bords du Touch ; Che- 
min du Sauzelong. 

260. D. plumosa Ag. — Env. Toulouse [Pée-Laby, FI., p. 242]. 

Gen. Stigeoclonium Kùtz , 1843. 

261. St. protensum Kùtz., Tab. phyc, III, t. VIII, f. 2. 
Toulouse, Bassins : Place Saint-Georges, Cloître du Musée 

des Augustins. 

262. St. tenue Rabenh., FI. Fur. Alg., III, p. 377. 
Toulouse, Bassins : Place Lafayette. — [Arrond., Conf., 

p. 12, f. 3, sub Draparnaldia tenuis Ag.]. 

263. St. variabile Nâg. in Kûtz.. Spec, p. 352. 
Observé dans un flacon de culture d'Algues. 

SOC. D'HISr. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV). 5 



58 J. COMÈRE 

Gen. Chaetophora Schrank, 1879. 

264. Ch. pisiformis Ag., Syst., p. 27. 

Toulouse, Gourgs: Braqueville. — [Arrond., Conf., p. 13 

265. Ch. tuberculosa Hookin in Ag., Si/s/., p. 27. 
Toulouse : Fossés, sur les feuilles mortes., le bois pourri, 

l'Embouchure, chemin du Sauzelong. 



Fam. APHANOCHAETACEES 

Gen. Aphanochaete A. Br ., 1851. 

266. A. repens A. Br., Vrrjitng., p. 196. 

Toulouse, Bassins: Ecole botanique, épiphyte sur les Algues 
filamenteuses: Claclophora et OEdogonium. 

Fam. COLEOCHAETACÉES 
Gen. Coleochaete Bréb., 1844. 

267. C. scutata Bréb. in Ann. se. nat., 1844, p. 29, t. II. 
Toulouse, Bassins : Ecole botanique, épiphyte sur le Nym- 

phaeâ alba. 

SIPHONÉES 

Fam. HYDROGASTRÉES 

Gen. Botrydium Wallroth, 1815. 

268. B. granulatum Grev., Alg. Brit., p. 197, t. XIX. 
Edv. Toulouse, sur la vase humide. Tournefeuille. 



FLORE DES ALGUES D'EAU DOUCE 59 

Fam. VAUCHERIACÉES 

Gen. Vaucheria D C, 1903. 

269. V. sessilis Vauch., Conf., p. 81, t. Il, f. 7. 

Env. Toulouse, Fossés: Colomiers-Lasplanes. — [Arrond., 
Conf., p. 11, sub V. clavata Vauch. ; Pée-Laby, FL, p. 129]. 

269 b. Var. cœspitosa Vauch. — Toulouse [Arrond., Conf., 
p. 10, f. 2, sub. V. cœspitosa D. G. ; Pée-Laby, FL, p. 230]. 

270. V. hamata Lyngb., Hydroph., p. 78, t. XXI, f. B. 
Toulouse, Fossés : Chemin du Saouzelong. — Env. Toulouse 

[Arrond., Conf., p. 10; Pée-Laby, FL, p. 230]. 

271. V. geminata D. G. — Env. Toulouse [Arrond., Con/.,p. 10; 
Pée-Laby, FL, p. 230]. 271 b. Var. racemosa (V. racemosa Hass .). 
— Toulouse [Arrond., Conf., p. 11]. 272. V. sericea Lyngb. — 
Sous pyr. [Belloc, Lacs litt , p. 9, sub. V. ornithocephala Ag.}. 
273. V. dichotoma Lyngb. [Ibid]. 274. V. terrestris Lyngb. — 
Toulouse [Pée-Laby, FI , p. 230]. 

Dans plusieurs stations des Pyrénées, j'ai récolté des Vaucheria, 
ne montrant pas leurs organes reproducteurs, et qui, par suite, 
n'ont pas pu être déterminés d'une manière précise. 



FUCACEES 

Fam. HYDRURACÉES 
Gen. Hydrurus Ag., 1824. 

275. H. foetidus Kirch., Alg. Schles., p. 106, n. 148. 
Toulouse, Eaux courantes : Chaussée du Moulin du Château. 



()U J. COMÈRE 

Fam. CHRYSOMONADINACÉES 
Gen. Synura Ehrenb , 18?8. 

276. S. Uvella Ehrenb. in Stein., Org. d. Inf.. III, 
t. XIII, f. 26. 

Env. Toulouse, Flaques d'eau : Ramiers de Braqueville. 

FLORIDÉES 

Fam. LEMANEACÉES 

Gen. Lemanea Bory, 1808. 

277. L. fluviatilis Ag. — Toulouse [Arrond., Conf., p. 11]. 

Gen. Batrachospermum Roth, 1797. 

c 278. B, moniliforme Roth, FI. grrm., 1880, III, p. 450. 
Pyrénées, Eaux courantes : Bagnères-de-Luchon. (Récolté 
par M. H. Peragallo.) 




Eitrall du rèiiU'iiKMii de la Société d'Histoire îNatui eue de Touloiist 

Art. 1 er . La Société a pour but de former «les réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observation*. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique cl Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son hut plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections t. Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société secompo.se : de Membres-nés — Honoraires — Tilu 
taijres — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au litre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier 

Art. 11. -Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. ^ 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

An. 31. Le'eclion des membres du Bureau, du Conseil d'administration et 
du Comité de publication, a lieu au scrutin secret dan* la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
memores pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus immé lialement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premiei mercredi après le 15 novembre, etonl lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date île sa publication. 

\rt. 41. La •>ociél> laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinio-is scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
gnature de l'auteur. 

jjvt 12. Calui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d>| linges à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 18, Les membres de la Société sont t^us invités à lui adresser les 
échantillons qu'ils pourront reunir. 

A?t. 52. Bn cm de dissolution, 'en diverses propriétés d» la «Mil 4 , «■enta 
<i?nul J* droit à a ville de Tuj.'okU. 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 61 



RECHERCHES 

RELATIVES 

AUX MOYENS A EMPLOYER 

POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 
par A. Lécaillon et J. Audigé 



PREMIERE NOTE : Emploi de la naphtaline. 



CONSIDERATIONS GENERALES 

Le problème de la destruction des insectes nuisibles se pose 
d'une façon de plus en plus aiguë. En horticulture, en viticul- 
ture et en agriculture les dégâts occasionnés par les animaux 
dont il s'agit se traduisent, chaque année, aussi bien en 
France que dans les autres pays, par la perte d'un nombre 
considérable de millions de francs. Les Mites et les Dermesti- 
des, malgré les palliatifs préconisés à leur égard, abondent 
dans les appartements, détruisant les vêtements, les fourrures, 
les objets de literie et d'autres objets mobiliers. Les insectes 
piqueurs, inoculant aux animaux domestiques, ou même à 
l'homme, les germes de parasites dangereux pullulent encore 
en de nombreux endroits. Les Mouches, transportant partout 
les germes de maladies contagieuses, ont suscité récemment 
contre elles de véritables croisades, impuissantes d'ailleurs, 
semble-t-il, à diminuer sensiblement leur nombre. 

Cependant, la. liste des insecticides soi-disant souverains 
s'allonge toujours, et assurément on ne peut être que très 

SOC. D'HIST. NATUELLE DE TOULOUSE (T. XLIV). 6 



6â A. LÊGAILLON ET J. AUDIGÊ 

embarrassé lorsqu'on est dans la nécessité d'en choisir un. 
C'est que — et la multiplicité des formules proposées en est 
déjà une preuve — la plupart de ces substances n'ont pas tou- 
jours été choisies avec un soin suffisant, c'est-à-dire d'après des 
données scientifiquement établies. 

Sans prétendre résoudre le problème de la destruction des 
insectes nuisibles sous toutes les formes qu'il peut revêtir, 
nous nous sommes proposés de rechercher, dans une série 
d'expériences dont nous publions aujourd'hui les premiers 
résultats, quels sont, dans un certain nombre de cas tout au 
moins, les moyens que l'on peut employer pour combattre 
efficacement ces animaux. 

Nous avons étudié d'abord l'action de différentes substances 
considérées depuis longtemps, à tort ou à raison, comme des 
insecticides plus ou moins parfaits. Cette première note est 
consacrée à l'étude de l'un d'eux, la naphtaline, qui a été em- 
ployée dans différents cas. 

Les substances susceptibles d'être utilisées pour combattre 
les insectes nuisibles doivent remplir certaines conditions rela- 
tives tant à leur mode d'emploi qu'à leur nature même. Dans 
la pratique, ces conditions sont souvent perdues de vue ; aussi 
croyons-nous utile de les rappeler brièvement avant d'entrer 
dans le détail de nos expériences. 

De l'usage des insecticides (1). — L'emploi des substances 
insecticides se justifie dans quatre cas principaux : 

1° Quand on veut combattre les insectes de petite taille, se 
tenant en grand nombre ou solidement fixés sur les plantes cul- 
tivées ou sur les animaux domestiques (Pucerons, Coccides, 
Poux, Puces) ; 

2° Quand on veut détruire les insectes de grande taille trop 
nombreux pour qu'on puisse les recueillir directement (Cri- 
quets) ; 

(I) Voir A. LÉCAILLON — Insectes et autres invertébrés nuisibles 
aux plantes cultivées et aux animaux domestiques. Paris, lb03, 
Imprimerie Nationale. 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 63 

3° Quand on veut se débarrasser des espèces dont les œufs, 
les larves, les nymphes ou les adultes se tiennent cachés dans 
des endroits peu accessibles (œufs de Bombycides, insectes se 
tenant dans la terre). 

4° Enfin, quand on veut maintenir éloignés, d'un point 
déterminé, les insectes nuisibles (moyens préventifs). 

Dans ce dernier cas, les substances employées n'agissent pas 
en tuant les insectes ; elles jouent vis-à-vis d'eux le rôle de 
« répulsifs ». 

De la nature des insecticides. — Les substances capables de 
détruire les insectes nuisibles sont nombreuses et variées. 
Cependant, toutes ne peuvent être utilisées, car il est nécessaire 
qu'elles satisfassent à certaines conditions qui rendent leur 
emploi pratique. 

1° Les insecticides doivent être efficaces ; ils doivent détruire 
rapidement les insectes contre lesquels on les emploie. 

2° Les produits utilisés doivent pouvoir être mis facilement 
en contact avec les animaux que l'on veut atteindre. Ce contact 
doit avoir une durée suffisante pour entraîner la mort ou la 
disparition de ceux-ci. 

3° Leur usage ne doit, en aucune manière, être nuisible aux 
objets ou aux plantes que l'on veut protéger. 

4° Ces produits ne doivent pas déprécier les récoltes ou les 
rendre dangereuses, en laissant en elles des traces de substan- 
ces toxiques, des odeurs ou des goûts désagréables, capables de 
diminuer leur valeur. 

5° Leur manipulation ne doit faire courir aucun risque 
sérieux aux personnes chargées de les manier. 

6° Leur emploi doit être facile et leur prix de revient aussi 
peu élevé que possible. 

Ainsi défini, le problème de l'emploi des insecticides se pré- 
sente dans des conditions bien délimitées, et de nombreuses 
substances ne peuvent, pour les raisons ci-dessus énoncées, 
être pratiquement utilisées. 



64 A. LÊCAILLON ET .T. AUDIGÉ 

Divers emplois auxquels la naphtaline a donné lieu 

La naphtaline est ou a été recommandée, en tant qu'insecti- 
ciùV, dans différents cas. Elle est parfois employée seule, soit 
sous forme de « boules », soit à l'état pulvérulent. D'autres 
fois, on la mélange à diverses substances ou on l'utilise en dis- 
solution dans certains liquides. Son usage a été préconisé pour 
lutter contre de nombreuses espèces nuisibles. 

C'est ainsi qu'on a pu s'en servir pour détruire les Hannetons 
adultes (Melolontha vulgaris). Ces insectes, ramassés dans 
l'opération du hannetonnage, sont placés dans des tonneaux 
munis d'un couvercle amovible; on les dispose en couches 
alternantes avec de la naphtaline. Cinq à six kilogrammes de 
cette substance suffisent pour détruire cinquante kilogrammes 
de Hannetons. De l'avis même des auteurs qui ont indiqué ce 
procédé, on peut retirer une meilleure utilisation des insectes 
recueillis (engrais, nourriture des volailles, etc.). 

D'après E. Dussuc (1), un mélange d'une partie de naphta- 
line avec trois fois son poids de terre et de sable a été proposé 
pour détruire les œufs et les larves (vers blancs) des mêmes 
insectes. La quantité de naphtaline préconisée est de trois à 
quatre cents kilogrammes par hectare. Le traitement, appliqué 
au mois de mai, détruirait les œufs déposés dans les planta- 
tions. Quelques mois plus tard, il ferait fuir les vers blancs. 
En outre de son prix de revient élevé (80 francs environ par 
hectare), l'usage de la naphtaline, dans ces circonstances, 
paraît être peu efficace. 

L'épandage sur les luzernes d'un mélange de naphtaline et 
de chaux ou de cendres de hauts fourneaux a été conseillé pour 
détruire le Charançon (Phytonomus variabilu) et le Négril 
(Colaspidema atra). Dans l'un comme dans l'autre cas, les 
résultats obtenus paraissent avoir été peu décisifs. 



(\) E. Dussuc. — Les ennemis de la vigne et les moyens de les 
combattre. 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 65 

En disposant quinze à vingt grammes de naphtaline mélan- 
gée à de la terre au pied de chaque souche, on éviterait, d'après 
M. Chapot, les ravages causés à la vigne par Helops lanipes. 

Les Altises de la vigne (Graptodera ampelophaga), des 
bois (Phyllotreta nemorum), du chou (Phyll. brassicse), à 
tête dorée (Psy Modes chrysocephala), du navet (Psytl. Napi), 
potagère (Haïtien oleracca), pourraient être tenues éloignées 
si l'on saupoudre les plantes avec un mélange de naphtaline et 
de sable, ou bien si l'on sème ce mélange sur le sol. L'odeur qui 
se dégage éloignerait les Altises. Ce procédé a le défaut de ne 
détruire aucun insecte, et son inefficacité paraît manifeste. 

Insufflée dans les rainures des planchers ou dans les fentes 
des murailles, la naphtaline ferait fuir les Fourmis qui pénè- 
trent par ces voies dans les habitations. 

Les larves et les chenilles qui habitent les galeries qu'elles 
creusent dans les troncs de certains arbres, peuvent être 
détruites si on obture les orifices des galeries, après avoir eu 
soin d'introduire dans celles-ci des fragments ou de la poudre 
de naphtaline. Les animaux qui peuvent ainsi être atteints sont 
nombreux ; nous citerons : 

Les larves des Longicornes : Cerambyx héros, C cerdo; 
Aromia moschata ; 
Saperda careharias ; S. populnea ; . 
Lamia textor. 

Les chenilles des Sésiides : Sesia apiformis, S. asiliformis; 
S. tïpuliformis. 

Les chenilles des Bombycides : Cossus ligniperda ; 
Zeuzera œsculi. 

Les chenilles de certaines Noctuelles, la Noctuelle des four- 
rages (Neuronia popularis) notamment, peuvent devenir si 
abondantes dans les prairies qu'elles causent des dégâts énor- 
mes. On pourrait protéger les prairies indemnes en creusant 
autour d'elles des fossés à parois verticales, dans lesquelles le s 
chenilles tombent. On peut alors les détruire en projetant sur 
elles un mélange de naphtaline et de chaux. 



66 A. LÉCAILLON ET J. AUDIGÉ 

L'application de la naphtaline en poudre à la vigne, dans le 
but, sinon de tuer, du moins d'éloigner les papillons et les lar- 
ves des Pyralides [Pyrale, Cochylis, Eudemis), n'a -donné 
aucun résultat probant. 

On pourrait, jusqu'à un certain point, préserver les vête- 
ments, les fourrures, les pelleteries, les tapisseries, les collec- 
tions de musée, etc., des attaques des Attagènes, des Anthré- 
nes et des Dermestes, ainsi que de celles des larves des 
Tineides, en saupoudrant ces objets avec de la naphtaline et 
en les enfermant dans des caisses ou des tiroirs hermétique- 
ment clos. 

Chacun sait que le mélange de Balbiani, formé de : 

Huile lourde de houille. 20 parties 

Naptaline brute 60 — 

Chaux vive 120 — 

Eau 400 — 

est basée en partie sur l'action de la naphtaline. Ce mélange a été 
utilisé avec succès contre l'œuf d'hiverdu Phylloxéra vastatrix. 
11 a rendu des services importants pour la protection des vigno- 
bles non atteints; on l'a employé aussi pour détruire les aca- 
riens nuisibles à la vigne et plus particulièrement contre le 
Tétranyque tisserand (Tetranychus telarius) (1). 

Enfin, d'après Adolphe Blanchon (2), il suffirait, pour faire 
fuir la vermine des poulaillers, d'arroser la litière avec quelques 
gouttes de naphtaline dissoute dans l'alcool. 

A l'encontre des observations et des résultats ci-dessus 
rappelés, certains auteurs dénient à la naphtaline toute action 
insecticide. A ce sujet, M. Berthelot (3) fit quelques obser- 



(1) Viala et Valéry Maykt. — La maladie rouge delà vigne, Pro- 
grès agricole et viticole. 1 er et 8 janvier 1893. 

(2) Ad. Blanchon. - L'art de détruire les animaux nuisibles. — 
Baillièreet fils, Paris, 1899. 

['S) M. Berthelot. — Quelques observations relatives à l'action 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 67 

vations du plus haut intérêt. « Après avoir mentionné l'action 
insecticide des vapeurs des aldéhydes formique, éthylique, ben- 
zylique, campholique (camphre ordinaire et aldéhydes pri- 
maires et secondaires analogues), ainsi que des carbures ben- 
zéniques (toluène et homologues), de l'essence de térébenthine 
et de ses isomères naturels, des essences de serpolet, de lavande 
de thym etc., il déclare « avoir constaté non sans quelque sur- 
prise, qu'il n'en était pas de même pour tous les carbures pyro- 
génés, tels que ceux de l'ordre de la naphtaline ». 

Cette constatation, dit-il, « est en opposition avec les préju- 
gés régnant à cet égard et avec l'emploi assez général de cette 
substance dans l'économie domestique ». 

Entre beaucoup de faits observés, M. Berthelot cite les sui- 
vants : 

« Une chambre haute de la station de Meudon, en raison de 
« sa situation isolée au sein de l'atmosphère, est devenue un 
« lieu de prédilection, envahi chaque année, à l'automne, par 
(( des centaines de diptères et autres insectes de différentes espè- 
« ces qui ont pris l'habitude d'y déposer leurs œufs, destinés 
« à éclore au printemps suivant. Aucune accumulation de sub- 
« stances végétales ou de matières spéciales susceptibles de leur 
« servir d'aliments, n'est conservée d'ailleurs en cet endroit. » 

« Pour obvier à cet inconvénient, j'avais placé d'avance, au 
« moment voulu, plusieurs centaines de grammes de naphta- 
« line pure et pulvérulente sur toutes les surfaces disponibles 
« de la pièce. Mais je n'ai réussi à obtenir aucun résultat, ni à 
« empêcher l'invasion de cette pièce par les insectes qui péné- 
« traient par toutes les fissures ; ni à détruire ces insectes qui 
« n'y périssaient pas à mesure ; ni à prévoir le dépôt de leurs 
« œufs, ou leur éclosion et le développement ultérieur des 
« larves. Ce dernier n'a pu être empêché, après plusieurs in- 



des vapeurs de composés hydrocarbonés sur les microbes animaux et 
sur les insectes, et au rôle antiseptique des agents oxydants-oxy- 
dables, (C. R. Ac. Se. décembre 1903). 



68 A. LÉCAILLON ET J. AUDIGÉ 

« succès annuels, que par l'apposition méthodique de couches 

« de peinture » 

« La naphtaline est demeurée d'ailleurs impuissante, dans des 
« essais faits en d'autres lieux et circonstances, pour faire 
« périr les vers et larves vivantes. » 

« Tout au plus pourrait-on supposer que dans quelques cas. 
« l'odeur de la naphtaline et surtout celle de la naphtaline 
« impure aurait écarté certains insectes, ce qui n'a pas eu lieu 
« lors des essais précédents. » 

En 1904. dans un second article qui reproduit dans leur en- 
semble les indications fournies déjà dans la communication 
précédente (1), M. Berthelot ajoute : 

« Les observations que j'ai faites ont été confirmées depuis 
« leur publication par les communications d'un grand nom- 
« bre de personnes, qui on t constaté également la coexistence 
« des mites et des teignes dans des ballots de tissus de laine 
« avec la naphtaline pulvérulente. » 

Les expériences décrites par M. Berthelot ont été effectuées 
dans des locaux de vastes dimensions, dans les parois desquels 
existaient des fissures assez larges pour permettre le passage 
des insectes et aussi un renouvellement partiel de l'air de la 
pièce. 

Nous montrerons plus loin que les expériences tentées dans 
des conditions semblables nous ont donné des résultats compa- 
rables. 

Nos observations, en effet, nous ont montré de grandes va- 
riations dans l'action insecticide de la naphtaline suivant les 
conditions dans lesquelles elle se produit. 

Il est bon de noter, toutefois, que M. Berthelot reconnaît à 
la naphtaline et surtout à la naphtaline impure, une action ré- 
pulsive sur les insectes. Ceci justifie jusqu'à un certain point 
quelques-uns des emplois ci-dessus énoncés et est en accord 



(l)M. Berthelot. —Annales de chimie et de physique, VHP série 
vol. 2, 1904. 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 69 

avec les conclusions auxquelles nos expériences nous ont 
conduits. 



OBSERVATIONS PERSONNELLES. 

Nos expériences ont porté sur l'action de la naphtaline du 
commerce employée : 

a) En milieu confiné très limité; 

b) En espace clos de grandes dimensions ; 

c) A l'air libre. 

a. — Action de la naphtaline employée en milieu confiné 
très limité. 

Expérience t. — Dans nos expériences, le milieu confiné 
était réalisé au moyen d'un bocal en verre, d'une contenance 
de cinq cents centimètres cubes. Dans la première expérience, le' 
fond du bocal était recouvert d'une couche, de deux centimètres 
d épaisseur, de naphtaline du commerce récemment pulvérisée. 
Au-dessus de la naphtaline on avait disposé quelques tiges ou 
feuilles de luzerne etd'yèble. Une gaze à mailles de dimensions 
suffisantes pour permettre le passage de l'air tout en empêchant 
les animaux de s'évader pouvait être assujettie sur l'ouverture 
au moyen d'une bague en caoutchouc. C'est dans ce bocal que 
furent placés sept femelles et trois mâles de Colaspidema atra 
qui vivent de luzerne ; six larves d'une Tenthrède non déter- 
minée qui vit sur fyèble, et un Aphrophora spumaria 
adulte. On avait eu soin de rouler tous ces animaux dans de la 
naphtaline en poudre avant de les introduire dans le récipient. 

Un même nombre d'animaux témoins furent placés dans un 
bocal de mêmes dimensions, disposé de la même manière mais 
dépourvu de naphtaline. 

Au bout dune demi-heure, les animaux qui étaient d'abord 
montés sur les plantes contenues dans le bocal à naphtaline 
présentèrent de l'agitation. Une heure après ils tombèrent sur 
le fond ; à ce moment ils étaient animés de mouvements dé- 



70 A. LÉCAILLON ET J. AUDIGÉ 

sordonnés. Extraits du bocal au bout de vingt-quatre heures, 
aucun n'était encore complètement mort. En les examinant 
à la loupe, on pouvait voir leurs antennes, leurs pattes ou les 
anneaux de l'abdomen agités de légères convulsions. Exposés à 
l'air, ils ne tardèrent pas néanmoins à succomber; quarante- 
huit heures après le début de l'expérience, tous étaient morts. 

Les insectes témoins, par contre, n'avaient cessé de montrer 
de l'activité. On put les conserver longtemps dans le bocal 
sans qu'ils accusassent la moindre trace de gêne. Les négrils 
femelles déposèrent même sur les parois de verre de nombreux 
œufs d'où sortirent des larves normalement constituées. 

Il résulte de cette expérience, que la mort des animaux ne 
peut être attribuée à l'espace trop restreint dans lequel on les 
avait maintenus. Seule la naphtaline avait pu causer la mort 
des insectes mis en expérience. 

Expérience 2. — Même matériel que dans l'expérience 1. 
Les animaux étudiés furent : cinq tf et cinq 9 de C. atra, 
cinq larves de Tenthrède et un Aphrophora. Afin d'éliminer 
les effets qu'aurait pu produire la naphtaline par son contact 
direct avec le corps des animaux, on évita de les rouler dans la 
poudre insecticide; de plus, on interposa, entre les végétaux et 
la couche de naphtaline garnissant le fond du bocal, une gaze 
pliée en plusieurs doubles. Tout contact entre les insectes et la 
poudre fut ainsi rendu impossible. 

Les résultats furent identiques à ceux obtenus dans l'expé- 
rience 1. 

Expérience 3. — Cinq cf. cinq 9 et une l arve de C. atra, 
cinq larves de Tenthrède et un Aphrophora furent placés au 
fond du même bocal soigneusement lavé et débarrassé de sa 
naphtaline. Dans le haut du récipient fut suspendu un sachet 
de gaze contenant de la naphtaline pilée. A.u bout de quarante- 
huit heures, de même que dans les expériences précédentes, 
tous les animaux étaient tués. 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 71 

Les expériences 2 et 3 montrent qu'en milieu confiné, l'ac- 
tion insecticide de la naphtaline n'est pas liée à son contact 
direct avec le corps des insectes. Seules, les vapeurs émises 
sont les agents actifs de l'intoxication. 

Expérience 4. — Dans trois bocaux, de cinq cents centimè- 
tres cubes, disposés comme dans les trois expériences précé- 
dentes, furent placés cinq çf, cinq 9 et cinq larves de Cofaspi- 
dema atra, ainsi qu'un Aphi'ophora. Les animaux furent 
laissés en place pendant dix heures seulement. Retirés de leurs 
flacons, tous étaient immobiles ; à peine pouvait-on percevoir, 
à la loupe, quelques convulsions agitant l'extrémité des pattes, 
des antennes ou les anneaux abdominaux. Placés à l'air, tous 
recouvrèrent rapidement leur vitalité normale. 

Des expériences précédentes, il résulte que les symptômes 
morbides apparaissent tardivement après la mise en expérience 
(une heure dans l'expérience n° 1) ; il ressort aussi que la mort 
ne se produit que très longtemps après l'apparition des pre- 
miers symptômes (plus de dix heures, d'après l'expérience n° 4). 
Enfin les expériences n° 1 et n° 4 indiquent'que pour être effi- 
cace, en tant qu'insecticide, l'action des vapeurs de naphta- 
line doit être de très longue durée. Vingt-quatre heures parais- 
sent suffire en milieu très confiné. 



b — Action de la naphtaline en espace clos de grandes 
dimensions. 



Les essais ci-dessous décrits furent effectués dans une cloche 
en verre d'une contenance de 25 litres environ. La base rodée 
de la cloche pouvait reposer sur une plaque de verre également 
rodée. Le sommet de la cloche était muni d'une tubulure de 
m. 055 de diamètre sur laquelle on pouvait à volonté placer 
une coiffe de gaze semblable à celle employée dans les expérien- 
ces précédentes. Le volume d'air contenu dans la cloche égalait 



72 A. LÉCAILLON ET J. AUDIGÉ 

sensiblement cinquante fois le volume de l'air des flacons ayant 
servi aux dites expériences. 

Expérience 5. — Une couche de naphtaline fraîchement 
réduite en poudre fut répandue sur le fond de la cloche dans 
laquelle furent enfermés cinq çf, cinq 9 et cinq larves de 
C. atra, six larves de Tenthrède et six chenilles de Cochylis 
(Conchylis ambiguella) préalablement roulées dans de la naph- 
taline pilée. Les animaux furent retirés au bout de vingt-quatre 
heures. Le lendemain, trois cf, deux 9 et trois larves de C. atra, 
cinq larves de TenUirèdes et cinq chenilles de Cochylis étaient 
revenues à la vie. 

Expérience 6. — Un nombre égal d'animaux fut placé dans 
la cloche où l'on avait suspendu un sachet contenant 50 gram- 
mes de naphtaline en poudre. L'expérience, suspendue au bout 
de vingt-quatre heures, permit de constater le retour rapide 
(quatre heures environ) à la vie de la plupart des sujets. Deux 
femelles et une larve de C. atra furent cependant tuées. 

Expérience 7. — Cette expérience fut tentée dans les mêmes 
conditions que la précédente. La durée seule fut modifiée et portée 
à près de trois jours (soixante-dix heures). Après vingt-quatre 
heures d'exposition à l'air, trois femelles, un mâle, une larve 
de Négril et une larve de Tenthrède n'étaient pas revenus à la 
vie. Tous les autres animaux, au contraire, revinrent à la vie 
entre huit et vingt- quatre heures après l'expérience. 

Expérience 8. — On enferma dans la cloche cinq larves de 
CocJiylis, trois adultes çfet six larves de C. atra, ainsi qu'une 
capsule en porcelaine contenant 20 grammes de naphtaline en 
poudre. Au moyen d'un tube muni d'un entonnoir et plon- 
geant dans la cloche par la tubulure supérieure, on versa dans 
la capsule environ 100 centimètres cubes d'eau bouillante. 
La naphtaline fondit et Ton vit bientôt apparaître de nom- 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 73 

breux cristaux sur les parois de la cloche. La température de la 
cloche atteignit 33o G. 

Deux minutes environ après l'émission des premières vapeurs 
de naphtaline, sous l'influence de l'eau chaude, les animaux 
manifestèrent une vive agitation ; ils abandonnèrent rapide- 
ment les végétaux qui les supportaient et cherchèrent à fuir. 
Au bout de dix minutes environ, les phénomènes d'empoison- 
nement ou d'asphyxie ci dessus décrits firent leur apparition. 
Vingt minutes plus tard, les mouvements des insectes devinrent 
plus lents ; ils s'arrêtèrent complètement au bout de soixante- 
six minutes. On laissa les animaux séjourner dans la cloche 
pendant deux heures. Retirés ensuite et placés à l'air, tous 
revinrent néanmoins à la vie en un quart d'heure. 

Les expériences 5, 6 et 7 montrent que l'efficacité de l'action 
des vapeurs de naphtaline diminue rapidement à mesure que 
l'espace dans lequel elles agissent augmente. La comparaison 
des résultats qu'elles ont fournis avec ceux de l'expérience n° 8 
indique que les phénomènes morbides produits sur les insectes 
sont d'autant plus rapides que la diffusion des vapeurs de naph- 
taline dans l'air est elle-même plus rapide. 

Toutes ces expériences confirment les résultats obtenus en 
milieu très confiné, à savoir que la mort des insectes ne se pro- 
duit qu'après un long séjour des animaux dans les vapeurs 
de naphtaline. 

c. — Action de la naphtaline à l'air îibre. 

Les expériences relatives à l'action de la naphtaline sur les 
insectes placés à l'air libre ont été effectuées dans des cages 
mesurant m. 40 de long, m. 30 de large et m. 22 de haut. 
Les faces latérales et supérieure de la cage étaient formées de 
toile métallique permettant une libre circulation de l'air. Le fond 
de la caisse était constitué par un plateau en bois. 

Expérience 9. — Le plateau en bois formant le fond de la 



74 A. LÉCÀlLLÔtf RT .T. AUDIGK 

caisse fut saupoudré de naphtaline réduite en poudre. Au-dessus 
on disposa une litière formée de feuilles d'yèble, de grappes 
vertes de raisins et de tiges de luzerne. 

On introduisit ensuite dans la cage cinq Négrils adultes 
(deux mâles et trois femelles), huit larves de la même espèce, 
cinq larves de Tenthrède et quatre chenilles de Cochylis. 

Au bout de quelques minutes, les animaux présentèrent de 
l'agitation ; le plus grand nombre essayèrent de fuir en grim- 
pant à la toile métallique des parois. Deux heures plus tard, 
l'agitation s'était calmée, la moitié des animaux étaient redes- 
cendus sur le lit de plantes nourricières. Le lendemain, tous les 
insectes dévoraient avidement les végétaux mis à leur disposi- 
tion 

Au deuxième jour, nous trouvâmes une larve de Négril morte. 
A la fin de la deuxième journée, un Négril était tombé dans la 
poudre de naphtaline ; au troisième jour, il avait réussi à remon- 
ter sur un brin de luzerne qu'il dévorait comme si rien d'anor- 
mal ne s'était produit. L'expérience se prolongea pendant six 
jours, au bout desquels deux femelles de Négril furent trouvées 
mortes. Il ne nous fut pas possible d'attribuer ces décès tardifs 
à l'action de la naphtaline plutôt qu'aux conséquences de la 
ponte. Cette dernière hypothèse nous parut vraisemblable, car, 
non seulement les 9 mortes avaient pondu sur les brins de 
luzerne, mais encore aucun autre des animaux mis en expé- 
rience (sauf la larve morte au début) ne parut souffrir des con- 
ditions dans lesquelles ils furent placés. 

Expérience 10. — Dans la même cage, nous installâmes, à 
8 ou 10 centimètres de l'un des bords, une cloison en bois de 
1 centimètre environ de hauteur. Dans le petit compartiment 
ainsi formé, on plaça une couche de naphtaline recouverte d'un 
lit végétal. Le grand compartiment reçut une provision de 
plantes nourricières sans interposition de naphtaline. Sur les 
plantes du petit compartiment furent placées cinq larves de 
Négril, cinq larves de Tenthrède et cinq chenilles de Cochylis. 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 75 

Dix minutes plus tard, les animaux commencèrent à mani- 
fester l'agitalion déjà constatée dans les expériences précéden- 
tes ; ils essayèrent de fuir dans tous les sens. Au bout d'un quart 
d'heure, ils étaient tous réunis dans le compartiment dépourvu 
de naphtaline. Ils restèrent ainsi pendant trois jours. A ce mo- 
ment, la provision de nourriture étant épuisée dans ce compar- 
timent, on plaça une nouvelle provision fraîche dans le petit 
compartiment pourvu de naphtaline. Les animaux émigrèrent 
alors vers ce point et mangèrent avec avidité la nourriture qui 
leur était offerte. Cinq jours après le début de l'expérience, 
toutes les larves étaient en parfait état . 

Des expériences 9 et 10 on peut déduire que les vapeurs de 
naphtaline sont sans action importante sur les insectes placés 
à l'air libre. 

Elles peuvent jouer vis-à-vis d'eux, jusqu'à un certain point, 
le rôle de « répulsif >. L'expérience 10 montre que ce rôle e&t 
des plus limités et peut même être considéré comme nul quand 
les insectes ont pu s'accoutumer à vivre dans un milieu conte- 
nant quelques vapeurs de naphtaline. 

Expérience 44. — L'un de nous, ayant chaque année à s'ab- 
senter de son domicile pendant une période de trois mois, a 
utlilisé avec succès la naphtaline pour préserver de l'attaque 
des Mites et des Dermestes des vêtements et des fauteuils. Les 
vêtements étaient enfermés dans une malle avec de la naphta- 
line et les fauteuils recouverts de housses après qu'une abon- 
dante provision de naphtaline, avait été placée sur eux. Déplus, 
au pied même des fauteuils à protéger furent installés des 
paquets de vieux chiffons de laine ou de drap. Au bout des 
trois mois, il fut constaté que la préservation des vêtements 
et des fauteuils était parfaite ; par contre, les paquets de chiffons 
étaient porteurs de nombreuses larves de Teignes. L'expé- 
rience fut répétée huit ans de suite et donna toujours les mêmes 
résultats. 

Ce dernier essai vérifie qu'en milieu confiné peu étendu, la 



70 A. LÉCAILLON ET J. AUDIGÉ 

naphtaline est un insecticide efficace. Il permet aussi de consta- 
ter que l'action répulsive de la naphtaline est réelle, si on dis- 
pose, non loin des objets que l'on veut protéger, des pièges qui 
attirent les insectes des appartements (Mites, Dermestides) et 
leur donnent asile et nourriture. 



CONCLUSIONS 

1° Les vapeurs de naphtaline sont toxiques pour les insectes 
et peuvent être utilisées, dans des conditions particulières, pour 
combattre ceux-ci. 

2° Elles doivent agir pendant un temps relativement long et 
être en forte proportion dans l'air respiré par les insectes pour 
amener la mort de ces animaux. 

3° Elles sont entièrement efficaces quand elles agissent en 
milieu confiné de peu d'étendue et surtout en milieu complète- 
ment isolé de l'atmosphère. 

4° Si leur proportion dans l'air qui entoure les insectes n'est 
pas très grande, comme cela a lieu quand elles agissent à l'air 
libre, elles n'ont aucun effet appréciable. 

5° La naphtaline peut être utilisée surtout pour préserver de 
l'attaque des insectes les vêtements, les objets de literie, fau- 
teuils, canapés, etc., à la condition que tous ces objets soient 
placés dans des caisses, des malles, ou enveloppés de toiles aussi 
imperméables que possible et contenant de grandes quantités 
de naphtaline. 

6° En horticulture, il semble que les plantes en pots pou- 
vant être renfermées dans des caisses pendant longtemps et ne 
souffrant pas de l'action des vapeurs de naphtaline pourraient 
être aussi débarrassées de leuis parasites (Pucerons, Coche- 
nilles, etc.), au moyen de la substance à laquelle est consacré 
le présent mémoire. Toutefois des expériences sur ce point 
restent à faire. 

7o Une grande partie des applications qu'a reçues la naphta- 



POUR COMBATTRE LES INSECTES NUISIBLES 77 

line et que nous avons rappelées plus haut, ne semblent pas 
justifiées, tout au moins sous la forme qu'elles ont revêtue. 

8° L'effet « répulsif» exercé à l'air libre par la naphtaline sur 
les insectes nuisibles, tout en étant indéniable, ne paraît pas 
cependant assez accentué pour être efficace pendant un temps 
très long. Les insectes, s'habituant rapidement à vivre dans une 
atmosphère pauvre en vapeurs de naphtaline, ne paraissent 
plus alors incommodés par ces vapeurs. Les applications de la 
naphtaline basées sur l'action répulsive qu'exerce celle-ci à 
l'air libre ne semblent donc pas justifiées. 



SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV). 



78 F. VINCENS 



UNE M4L1DIE DES EUCALYPTUS 

Par M. F. Vincens. 



Les matériaux qui ont servi à mes observations ont été 
récoltés sur des rameaux malades d'un jeune Eucalyptus urni- 
gera planté dans une propriété de la Dordogne, chez M. le Pro- 
fesseur Prunet qui a bien voulu m'en confier l'étude. 

L'arbre moribond au début des observations, en janvier 
1910, est mort dans la suite. Un autre arbre de même âge, 
moins atteint, a pu jusqu'ici être sauvé par des sulfatages aux 
bouillies cupriques. 

Sur les rameaux récoltés pendant l'hiver 1910 on pouvait 
suivre le développement progressif de la maladie. 

Les jeunes feuilles présentent d'abord de petites taches de 
couleur pourpre, légèrement saillantes sur les deux faces. Peu 
à peu les taches s'étendent ; la coloraiion pourpre n'affecte plus 
alors qu'un bourrelet de bordure, tandis que le centre prend 
une couleur d'un gris brun clair. Ces taches, à peu près cir- 
culaires quand elles sont isolées sur le limbe , sont irrégu- 
lières lorsqu'elles occupent le bord de la feuille ou lorsqu'elles 
proviennent de la fusion de plusieurs autres. Bientôt apparais- 
sent sur la partie brune, et presque exclusivement à la face su- 
périeure, de petits points noirs dus à la présence de pycnides 
qui sont incluses dans la feuille et dont le sommet seul émerge 
par une déchirure de la cuticule. Peu à peu la feuille entière 
est envahie; elle est alors entièrement couleur feuille morte et 
porte à sa surface des groupes de pycnides irrégulièrement 
répartis. A cet état, les feuilles se détachent aisément des ra • 
meaux qui se dénudent progressivement à partir de la base. 



UNE MALADIE DES EUCALYPTUS 79 

Quelques taches comparables à celles des feuilles se forment 
sur l'écorce des petites tiges ; elles sont reconnaissables à leur 
teinte gris brun et à leur marge pourpre, mais les pycnides y 
sont très rares et difficiles à distinguer. 

Des coupes faites dans les feuilles au mois de janvier mon- 
traient : 1° Des pycnides à paroi peu différenciée, allongées 
perpendiculairement à la surface de la feuille, de 100 à 130 [/. 
de long sur 50 à 70 de large (fîg. 2) et renfermant une multi- 
tude de petites spores en bâtonnets, arrondies aux deux bouts, 
de 3,5 à 4 [x X là 1,5 [x (fîg. 4). — 2° Des sclérotes de 60 à 
120 il de diamètre, sphériques ou presque sphériques, bruns, à 
parois brunes bien distinctes, à stroma interne hyalin. 

La présence et les caractères des pycnides doivent faire consi- 
dérer ce parasite des feuilles comme un Phyllosticta ; l'aspect 
des taches et les dimensions des spores le rapprochent du 
Ph. Eucalypti Thùm. 

Des feuilles tuées par le parasite et portant de nombreux 
sclérotes ayant été mises sous du sable humide dans des pots à 
fleur, en plein air, j'ai pu constater la transformation de ces 
sclérotes en périthèces. 

Cette transformation, commencée à la fin du mois de 
février, ne s'est achevée qu'en avril ; elle a été beaucoup plus 
rapide sur des feuilles placées en étuve à 25° dans l'air humide, 
très lente au contraire sur des feuilles conservées à sec dans un 
bocal de verre. 

Au début, il se forme vers le tiers inférieur de la masse hya- 
line du sclérote, un bouquet de cellules allongées en massues 
dont le gros bout est dirigé vers l'extérieur. Peu à peu ces cel- 
lules accroissent leur volume tandis que le tissu placé au-dessus 
se résorbe ; cette résorption semble se produire par gélification 
des parois des cellules au voisinage du sommet des jeunes 
asques (fîg. 5). Les asques mûres remplissent à peu près entiè- 
rement la cavité du périthèce (fîg. 6), chacune d'elles a la forme 
d'une massue et mesure 38 à 45 [/. de long sur 7 à 8 [/. dans sa 
plus grande largeur. Chaque. asque renferme 8 spores d'un brun 



80 F. VÎNCENS 

vert très clair quand elles sont mûres, bicellulaires, de forme 
ovoïde avec un léger étranglement à la cloison, de 8-9 X 2,5-3 [x. 
Il n'existe pas de paraphyses. 

Sous cette forme le champignon ne peut être rapporté au 
Guignardia Rollandi Trav., qui a été rencontré sur les 
feuilles d'Eucalyptus globulus. Chez les Guignardia, en 
efïét, la cloison n'apparaît que tardivement dans les spores 
qu'elle divise en deux cellules très inégales. Ici la cloison appa- 
raît de bonne heure, avant complète maturité ,des spores, et, de 
plus, elle est voisine du milieu de la spore. Ces derniers carac- 
tères le rapprochent du genre Sphxrella Ces. et Not. (Mycos- 
phœrella Johans.). Deux Sphxrella sont signalés sur Euca- 
lyptus par Saccardo ; ce sont : le Sph. cryptica Gooke et le 
Sph. nubilosa Gooke; tous deux possèdent des spores hyalines. 
Le Sphserella que j'ai obtenu constitue donc une espèce nou- 
velle qu'il conviendrait d'appeler Mycosphxrella Euca- 
lypti (1) pour indiquer par le nom d'espèce, en même temps 
que l'hôte, son étroite parenté avec le Phyllosticta Eucalypti. 
Cette parenté entre le Phyllosticta et le Mycosphxrella est 
mise en évidence non seulement par leur formation sur les 
mêmes feuilles et dans les mêmes taches, mais aussi par la 
grande similitude qui existe, quant aux dimensions et à la 
structure des parois, entre les sclérotes évoluant en périthèces 
de Mycosphxrella (fig. 5) et quelques pycnides de Phyllosticta 
apparaissant tardivement (fig. 3). 

Il semble qu'il faille attribuer à ce champignon um» forme 
conidienne qui serait un Ramularia. Celui-ci formait de 
petits bouquets blancs sur les feuilles placées en milieu hu- 
mide; ces bouquets sortaient des stomates ou apparaissaient au 
sommet des sclérotes. Ce Ramularia ayant été ensemencé sur 
pomme de terre, le substratum s'est recouvert d'un mycélium 
blanc sale qui a donné un nombre considérable de sclérotes 



(1) Le nom de Mycospfat-reUa doit être préféré à celui de Spliœ- 
ralla qui désigne également une algue. 



UNE MALADIE DES EUCALYPTUS 81 

bruns, globuleux, de 0,1 mm. de diamètre environ. Ces sclé- 
rotes, restés stériles même après plusieurs mois, ont été envahis 
dans la suite par des moisissures banales et détruits. 

On admet déjà depuis longtemps qu'il existe un rapport 
étroit entre des Ramularia et des Mycosphxrella. Cette opi- 
nion née de la constatation de la fréquente association de ces 
deux formes semble prendre un nouvel appui dans la formation 
de sclérotes dans des cultures pures de Ramularia. 

J'ai retrouvé le Phyllosticta Eucalypti et le Ramularia 
associés sur la plupart des Eucalyptus du Jardin Botanique de 
Toulouse où ils se développaient sur des. feuilles à demi dessé- 
chées sans que la plante parût en souffrir. Il semble donc que 
ce parasite ne puisse devenir dangereux que dans des conditions 
climatiques spéciales et peut être aussi seulement pour des 
arbres dont la vigueur est déjà atténuée par une autre cause. 

Diagnose de Mycosphxrella Eucalypti, nov. spec. 

Perithecia subglobosa, atra, immersa(60 X 120 pdiamelri). 
Asci fasciculati, aparaphysati, obpiriformi (38-b5 X'7-8 p.), 
sporidiis ad médium uniseptalis constriclisque, hyalino-chlo- 
rinis (8-9 X 2,5-3 y.). 

In foliis emortuis Eucalypti urnigerse. 

i- ■■■ :-..'-■> .l-î'îf ! . :• i V: ! 



82 



F VINCENS 



#W» 




Explication de la planche. 

1-2-3-4 — Phyllosticta EucalyptïTYiùm. 1 : Feuille attaquée, avec 
taches et pycnides. — 2 et 3 : Pycnides. — 4 : Spores des pycnides. 

5-0-7-8 — Mycosphœ relia Eucalyp'i, nov. spec. — 5 : Périthèce au 
début de la formation des asques. — 6 : Périthèce avec asques mûrs- 
— 7 : Asque mûr isolé. — 8 : Ascospores. 

(2-3-5 et 6 sont dessinés à un même grossissement.) 



ÉTUDE SUR DES AVOINES MOISIES 83 

étude; 

SUR DES 

AVOINES MOISIES 

Par M. F. Vincens. 



On rencontre fréquemment dans le commerce des avoines 
altérées désignées par les négociants sous le nom &'avoines 
moisies, avoines que refusent généralement les animaux à 
cause de l'odeur désagréable qu'elles dégagent. 

En 1904, M. Brocq-Rousseu a démontré que cette altération 
est due au développement sur les grains d'un Sireptothrix 
pour lequel il a proposé le nom de Streptothrix Dassonvïllei(l). 

Ayant eu l'hiver dernier l'occasion d'étudier des avoines 
moisies, refusées par un éleveur à leur arrivée dans une gare 
du Midi, j'ai renouvelé les observations de M. Brocq-Rousseu, 
me proposant de voir : 

1° Si quelque autre moisissure que le Streptothrix, non ren- 
contrée par cet auteur, n'est point capable de provoquer une 
altération semblable ; 

2° Si la présence des enveloppes n'a pas une influence sur 
l'intensité de l'odeur. Cette recherche a été amenée par la cons- 
tatation de ce fait signalé par M. Brocq-Rousseu (2), que les 

(1) Brocq-Rousseu. — Sur un Streptothrix, cause de l'altération 
des avoines moisies, Revue générale de Botanique, t. XVI, 1904, 
pp. 219 et suiv. 

(2) Brocq-Rousseu. — Contribution à l'étude des causes qui pro- 
voquent l'odeur de moisi des graines et fourrages, Rev. gén. Bot., 
t. XVII, 1905, pp. 417 et suiv. 



84 F. VINCENS 

grains de maïs altérés par la présence du Streptotlirix Dasson- 
villei dégagent une odeur bien moins pénétrante que celle dé- 
gagée par les pailles d'avoine ou les grains d'avoine soumis à 
la même altération. L'influence des enveloppes me paraissait 
intéressante à connaître, non seulement au point de vue de la 
biologie du Streptotlirix, mais aussi pour savoir s'il existe une 
différence dans l'altérabilité des avoines vêtues et des avoines 
nues; 

3° Si la présence du Streptotlirix peut diminuer la valeur 
germinative des grains. 

Mes recherches ont porté sur quatre lots d'avoines. Ces qua- 
tre lots ayant été formés par des grains récoltés à des hauteurs 
différentes dans le tas des sacs, l'altération était d'autant plus 
grande que le prélèvement avait été fait plus bas; ce qui s'ex- 
plique aisément par l'influence de l'humidité du sol. L'altéra- 
tion n'était d'ailleurs très accentuée dans aucun cas et, d'après 
les renseignements fournis par l'un des experts qui m'avaient 
procuré les échantillons d'étude, les chevaux ne refusaient point 
ces avoines comme aliment. 

Afin d'amener le développement des moisissures, d'aggraver 
l'altération et de provoquer la germination des grains, ceux-ci 
ont été placés vêtus ou soigneusement dévêtus dans des boîtes 
de verre sur buvard humide, soit à la température du labora- 
toire, soit dans une étuve à 25°. 

L'odeur s'est rapidement et fortement accentuée ou est appa- 
rue en peu de jours sur les grains vêtus; elle est restée nulle 
sur les avoines nues, même après plusieurs jours 

Le Streptotlirix s'est développé plus ou moins abondamment, 
mais toujours très nettement sur toutes les avoines vêtues; il 
ne s'est jamais montré sur les avoines nues. 

Les autres moisissures ont été nombreuses. Parmi elles, 
quelques-unes avaient été déjà rencontrées par M. Brocq- 
Rousseu, telles que Pénicillium glaucum, Cladosporium, 
Aspergillub niger; un plus grand nombre n'avaient pas été 
rencontrées ou signalées par cet auteur, et l'on pouvait se de- 



ÉTUDE SUR DES AVOINES MOISIES 85 

mander alors si elles ne jouaient point un rôle dans le dégage- 
ment de l'odeur. C'étaient : 

Aspergillus glaucus (var?) 
Alternaria tenuis Nées. 
Stysanus stemonites (P ers.) Corda. 
Cephalothecium roseum Corda. 
Synsporium biguttatum Preuss. 
Acremoniella atra Corda 
Papulospora sepedonioides Preuss. 

Seul Y Alternaria tenuis s'est rencontré dans toutes les 
boîtes de culture sans être cependant sur toutes les graines. 
V Acremoniella atra s'est conduit à peu près de même. Toutes 
les autres espèces ont été localisées dans quelques boîtes ou 
même seulement sur quelques grains. 

Le Streptothrix s'est donc montré ici, comme dans les re- 
cherches de l'auteur précédemment cité, la seule moisissure 
dont le développement soit étroitement en rapport avec l'appa- 
rition de l'odeur qui caractérise les avoines moisies. Dans des 
cultures pures sur avoine stérilisée ou sur d'autres milieux, il 
est encore seul à provoquer ce dégagement d'odeur. 

Il faut remarquer que l'odeur des avoines dites moisies est 
une odeur spéciale qu'il ne faut pas confondre avec l'odeur dite 
(( odeur de moisi ». Cette dernière expression n'a qu'un sens 
très vague, beaucoup de mucédinées étant capables de dégager 
des odeurs presque impossibles à définir quoique différentes 
avec les espèces. 

Ensemencé sur graines nues, stérilisées, le Streptothrix ne 
s'y est que faiblement développé; il semble que le milieu offert 
par les téguments compacts du grain, avoine ou maïs, lui soit 
peu favorable. C'est à cela surtout qu'il faut attribuer sans 
doute la faible odeur des grains nus, quoique cependant il sem- 
ble que la nature du milieu ait une influence particulière sur 
l'intensité de l'odeur qui est plus faible sur milieu gélose que 



86 F. VINCENS 

sur pomme de terre, où elle est plus intense que sur la paille 

ou les avoines vêtues. 

En ce qui concerne leur valeur comme semence, il existe une 
différence appréciable entre les avoines saines et les avoines 
moisies. Celles-ci donnent à la germination une plus grande 
proportion de grains pourris ; mais cela tient non à la présence 
du Streptothrix, qui est presque localisé sur les enveloppes, 
mais à celle des autres moisissures et particulièrement de YAl- 
ternaria tenuis dont la multiplication des germes s'est faite 
parallèlement à c^lle des germes du Streptothrix et dont l'abon- 
dance se trouve être ainsi proportionnelle à l'intensité de l'odeur 
dégagée par ce dernier. 

Il est enfin une dernière question à laquelle il y aurait gros 
intérêt à pouvoir répondre : Les avoines moisies n'offrent-elles 
aucun danger pour les animaux qui les consomment? On attri- 
bue, en effet, à divers Streptothrix quelques affections mycoti- 
ques du cheval, du bœuf ou même de la chèvre Le Strepto- 
thrix Dassonvillei semble, il est vrai, différer des Streptothrix 
précédemment décrits, mais leur étude n'a pas encore été suf- 
fisamment faite pour que l'on puisse affirmer que l'on n'est pas 
en présence de variétés biologiques d'un plus petit nombre d'es- 
pèces. La question vaut certainement la peine d'être spéciale- 
ment étudiée ; elle fera sans doute l'objet d'un travail ultérieur. 



GISEMENT A HIPPURITES DE MONTFERRIER (ARIÈGE) 87 

Gisement à Hippurites de Montferrier 

(ARIÈGE) 



J. Canal, 

Licencié es Sciences. 



L. Mengaud, 

Professeur au Lycée. 



Lorsqu'on remonte la vallée du Touyre (1) entre Villeneuve- 
d'Olmes et Montferrier, on trouve une série de grès jaunâtres, 
séparés par des bancs marneux et plongeant vers le Sud, qui 
ont une grande analogie avec les grès de Celles. D'ailleurs au 
calvaire de Villeneuve-d'Olmes, on trouve un gisement bien 
connu d'Hippurites, qui a fait regarder avec raison cette for- 
mation comme d'âge sénonien. 

Au Nord de Montferrier, la vallée est un peu rétrécie par la 
traversée d'un banc de calcaire compact, dur, qui, à l'entrée 
du village, porte un petit calvaire. Vers l'Est, ce banc barre un 
vallon, où il détermine la formation de la pittoresque cascade 
de Piteil; enfin il se dirige vers la côte 909. Au milieu des 
bois, ce calcaire gris clair, dénudé et mis en saillie par l'éro- 
sion, tranche nettement et se suit facilement de l'œil. M. Hé- 
bert l'a considéré comme le prolongement occidental du calcaire 
de Morenci (2). 

Au cours d'une promenade aux environs de Montferrier, le 



(1) Le Touyre descend du Mont Fourcat et du flanc occidental du 
Saint-Barthélémy. 11 passe à Montferrier, Villeneuve-d'Olmes, Lave- 
lanet, Laroque-d'Olmes, Léran, et se jette dans l'Hers-Vif entre 
Chalabre et Mirepoix. 

(2) Réunie n extraordinaire de la Société géologique, à Foix. Bull. 
Soc. géol. de Fr. 3 e série, t. X, 1882, pp. 570 et suiv; flg. 16 et 17. 



< S '<S J. CANAL ET L. MENGAUD 

3 août 1911, M. Canal et moi avons examiné ce banc calcaire. 
Comme nos devanciers, nous avons constaté que c'était une 
roche zoogène renfermant quelques débris de Rudistes et de 
Polypiers impossibles à arracher et peu déterminables. En revan- 
che, nous avons eu la bonne fortune de découvrir tout contre 
ce banc, mais sur son côté sud, un peu plus haut que la cas- 
cade de Piteil et dans le bois, un gisement d'Hippurites, de 
Sphaerulites et de Plagioptychus. 

Voici d'ailleurs la disposition des couches en cet endroit : 



N. 




Fig. 1. — Coupe du gisement d'Hippurites de Montferrier (Ariège). 

i. Grès de Celles. 

2. Calcaire compact zoogène à débris de Rudistes. 

3. Banc marno-gréseux à Hippurites (H. Heberti), Sphœrulites et Plagio- 
plychus. 

k. Grès et marnes schisteuses intercalés. 



M. le professeur Paquier, de regrettée mémoire, a vu en octo- 
bre dernier les échantillons que nous avons rapportés au labo- 
ratoire de géologie de la Faculté des sciences et il nous a donné 
de précieuses indications. 

Parmi les spécimens recueillis, on distingue : 
1° Des Hippurites. .Nous les avons comparées avec les Hip- 
purites recueillies dans les environs (Leychert, Saint-Sirac, 
Benaix, Iloquefixade), que nous possédons au laboratoire et 



GISEMENT A HIPPURITES DE MONTFËRRIER (ARIÈGE) 80 
avec les figures données par M. le professeur H. Dou ville 
(Mémoires de la Société géologique de France, Paléontologie, 
t. I, II, III, IV, V, VII); mais nous n'avons pu les identifier 
complètement. 

Quelques valves supérieures nous ont montré des pores poly- 
gonaux et nous pensons que parmi nos échantillons se trouvent 
Hippurites Archiaci, Mun.-Chal. et Hip. Heberti, Mun.- 
Ghal. assez communes dans les diverses localités citées plus 
haut. 

Dans l'ensemble, les Hippurites de Montferrier ont beaucoup 
d'affinité avec celles des gisements voisins de l'Ariège, mais 
c'est surtout avec les types recueillis à Roquefixade que la res- 
semblance nous paraît plus marquée. 

2° Des Sphœrulites. Malgré nos recherches, nous n'avons pu 
identifier aucun de nos échantillons, pourtant en assez bon état, 
avec Tune des formes que nous possédons au laboratoire (Sphx- 
rulites mamillaris : Math, ou décrites par M. Toucas (1) {Sph. 
patera : Arnaud ; Sph. Boreaui : Toucas ; Sph. Pervinquieri : 
Toucas; Sph. crateriformis : des Moulins; Sph. Jouanneti : 
des Moulins). 

Il est regrettable que nos Spheerulites ne se distinguent jus- 
qu'à présent que par des caractères négatifs; ce qui est certain, 
c'est qu'ils diffèrent nettement de ceux auxquels nous les avons 
comparés. 

3° Des Plagioply chus. Nous pouvons dire, à propos des Pla- 
gioptychus. ce que nous venons de dire à propos des Sphseruli- 
tes : nos échantillons de Montferrier sont différents de ceux de 
Leychei t et Roquefixade, que nous possédons au laboratoire. Un 
coup d'œil rapide avait permis à M. Paquier, dont la compé- 
tence en fait de déterminations de Rudistes est bien connue, de 
considérer nos Plagioptychus de Montferrier comme des espèces 
nouvelles. En fait, ils s'écartent de PL Aguilloni d'Orb. sp. ; 

(1) Toucas. Etude sur la classification et l'évolution des Radioli- 
tidés. Mémoires de la Société géologique de France, t. XVI, fasc. I. 
Mém. n u 36. 1908. 



90 J. CANAL ET L. MKNGAUD 

de PL dissimilis Mun.-Chal. et de PL LacvivieriMuN.-CHAL. 
communs dans les gisements à Hippurites de l'Ariège. 

Les fossiles sont engagés dans une gangue marno-gréseuse 
jaune ou grise dans laquelle abondent les paillettes de mica 
détritique. Après le banc fossilifère et vers le Sud, on trouve 
encore des alternances de lits marneux et gréseux, comme cela 
se produit fréquemment dans le grès de Celles. Enfin on voit 
apparaître, toujours plus au Sud, le conglomérat, considéré 
comme cénomanien, dans lequel est tracéo la route de Montfer- 
rier à Montségur, en particulier entre Montferrier et Regonis. 
Ce conglomérat disparaît au Sud sous les terrains primaires du 
flanc Nord du Saint-Barthélémy, et en certains endroits, il est 
directement recouvert par les schistes carbonifères. Il est sou- 
vent très grossier, ses éléments sont anguleux et il prend le 
caractère d'une véritable brèche portant des traces de laminage 
etd'écrasement (1). On y voit des fragments de schistes paléo- 
zoïques, des blocs calcaires (parfois énormes), de couleur bleu 
foncé avec veines blanches de calcite. A l'Ouest de Montferrier, 
au Nord du col de la Lauze (crête cotée 1.044 ,n ), ce conglomé- 
rat renferme des galets de quartz et des blocs de griottes rouges 
dévoniens. Nous avons recueilli en ce point trois échantillons 
de calcaire renfermant des sections bien nettes de Caprines ; 
c'est un argument de plus en faveur de l'âge cénomanien de ce 
conglomérat. 

La barre de calcaire dur allant de Morenci à Montferrier 
et qui est située au Nord et tout contre de notre gisement 
d'Hippurites a été considérée par M. de Lacvivier comme du 
Taronien inférieur. M. Carez (loc. cit., p. 2224) le considère 
aussi comme Turonien, avec quelque doute cependant, sa faune 



(1) Ce conglomérat a été décrit par tous les géologues qui ont étu- 
dié le crétacé supérieur de l'Ariège (Magnan, Garrigou, de Lacvi- 
vier, Roussel, de Grossouvre, Carez, etc.). On trouvera des détails 
concernant sa description et la bibliographie qui s'y rattache dans : 

Carbz. Géologie des Pyrénées françaises, fasc. 4, pp. 2145 et suiv. 



GISEMENT A HIPPURITES DE MONTFERRIER (ARïÈGE) 91 

étant difficilement déterminable. Il est certain que le Turonien 
est assez mal caractérisé dans PAriège. 

La découverte de notre banc à Hippurites, Sphserulites et 
Plagioptychus nous fait considérer le niveau de calcaire compact 
comme un simple accident dans la série marno-gréseuse nette- 
ment sénonienne qui le supporte et le surmonte. Notre faune 
de Rudistes présente, en effet, les plus grandes analogies avec 
celle des couches de Benaix, Saint-Sirac, Leychert et Roque- 
fixade, que tout le monde est d'accord pour considérer comme 
représentant le Sénon ien dans cette région (1 ). 



(1) Nous rappellerons que M. le professeur V. Paquier a signalé, 
à l'Est de Montferrier et près de Bélesta, l'existence du Séaonien 
saumâtre. (V. Paquier : Sur la présence d'une faune saumâtre dans 
le Sénonien de Bélesta (Ariège). Bull. Soc. géol. de Fr., 4 e série, 
t. V, 1905, p. 534). 



92 J. CANAL 



CONTRIBUTION A L'ETUDE 

DU 

GLACIAIRE DU MASSIF DU SAINT- BARTHÉLÉMY 

(Ariège) 

Par M. J. Canal, 
Préparateur adjoint à la Faculté des Sciences. 



Au cours du mois d'août 1911, j'ai eu la bonne fortune de 
faire avec M. Mengaud une série d'excursions dans le massif de 
du Saint-Barthélémy. Je lui ai montré le glaciaire du flanc 
Nord, que j'avais déjà observé l'année précédente; il a bien 
voulu me laisser le soin de l'étudier : qu'il me permette de le 
remercier ici des nombreux conseils qu'il m'a prodigués, ainsi 
que des emprunts qu'il m'a permis de faire à ses notes d'ex- 
cursions (1). 

OROGRAPHIE (2) 

De bons renseignements orographiques sur le massif du 
Saint-Barthélémy ont été donnés par Seignette (3) ; M. Men- 
gaud a aussi donné ici même des renseignements géographi- 
ques sommaires (4) : je n'y ajouterai que peu de choses. 

(1) L. Mengaud, Feuille de Foix, B. S., Carte gêol. Fr. — Compte 
rendu des collaborateurs pour La campagne 1911 (sous presse). 

(2) Cf. Carte de l'Etat-Major, Feuille de Foix N. E et S. E. 

(3) P. Seignette, Essai d'études sur le Massif pyrénéen de la 
Haute Ariège. Thèse, 1880, p . 159. 

(A) Mengaud, Les gisements de talc du massif du Saint-Barthélémy 
(Ariège). Bull. Soc. ffist. Nat. Toulouse, 1909, t. XLI, p. 72. 




GLACIAIRE 

du flanc nord 

Dl MASSIF DU S-BARTHELEMY 
LEGENDE 

V////A Moraines et terrasses supérieures. 

I j Moraine moyenne. 

[y.-. •:■-[ Moraines et terrasses inférieures. 

« Buttes (plaltes). 

r% Vallums. 
lu 1 1 !l Bassin fermé du Col del Four 
Lignes de faite 



Mcr.t.Pourcït (2004 m.) 



Col d'Aigotorte 




ÂufV»u(1919mO 



O- • -^£- Co1 de Cadènes 
Pic de Han 12074 m.) \ \ 



PicGalinai (2252 'rît.- 



I ^# Etang du Wable. 

Col de Girabal. pj"^' " * *» O" "M 1 Col de la Peyre. 

<* • • u„ p ' c ^ Soularae 

Saml-BEUhélemj 

(2349 m.) v 



4 ^km 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNEBCÉÏIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 me mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Rue des Couteliers, 13, Toulouse. 



SOMMAIRE 

A. Lécaillon et J. Audigé. — Kecherches relatives aux 

moyens à employer pour combattre les insectes nuisibles. 61 

F. Vincens. — Une maladie des eucalyptus 78 

F. Vincens. — Etude sur des avoines moisies 83 

J. Canal et L. Mengaud. — Gisement à hippurites de 

Montferrier (Arièg-e) 87 

J. Canal. — Contribution à l'étude du glaciaire du massif 
du Saint-BarthéïemV 92 






SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES "ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE -QUATRE. — 1911 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 4 



• — ^r-?»^ — •- 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE BONNET 

2. RUE UOMIGUIÈRES 2. 

1911 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 



fe» 




Extrait du règlement de lu Société d'Histoire Nalmeiie de Toulouse 

Arl. 1 er . La Société a pour but de former «les réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observation». 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce, qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus"spécial sera d'étudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections «. Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu 
taires — Correspondants. 

An. 8. Les candidats au litre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au comp'encement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorie* 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Arl. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Arl. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droit» 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; I er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. L'élection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dam la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
memores pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus imméiiatement dans les mêmes fonctions. 

Arl. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premiei mercredi après Se 15 novembre, etont lieu tous les I er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3° mercredi dejuiliet inclusivement. 

Art. 39. La publication îles découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

\rt. il. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinio is scientill.jues. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
gnature de l'auteur. 

;.\u 12. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d-s tirages à part, d^s réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. i8. Les membres de la Société sont t^us invités à lui adresser las 
échantillons qu'ils pourront reunir. 

A?t. 5i. Eu cm de dilatation, te* diverses propriété* da la M&t*, fenta 
«fioul d« droit à a ville de To<*io*»4. 



GLACIAIRE DU MASSIF DU SAINT-BARTHÉLEMY (ARIÈGE) 93 
Le massif du Saint- Barthélémy, ou massif de Tabe, présente 
la forme d'un vaste arc de cercle à concavité tournée vers le 
Nord et ayant un développement d'environ 20 kilomètres. Les 
cimes et cols principaux sont, de l'Est à l'Ouest : le pic de Sou- 
larac (2.343 m ), le pic de Saint-Barthélémy (2.349 m ), le col de 
Girabal, le pic Galinat (2.252 m ), le col de Cadènes, le pic du 
Han (2 074 m ), le col d'Aigotorto, la double cime du Mont Four- 
cat (2.004 m ). Une crête partant de l'Ouest du Mont Fourcat et 
portant le pic de laLauzat (1.655 m ) se dirige vers le Nord-Ouest 
et se termine au-dessus de Saint- Antoine à la côte 739 m . 

Un contrefort se détache au Nord du pic de Saint-Barthélémy 
et divise l'arc de cercle en deux parties presque égales. Un 
autre contrefort se détache du Mont Fourcat vers le Nord-Est. 
On peut enfin rattacher au massif, à son extrémité Est, le 
signal de l'Affrau ou la Frau (1.919 m ) séparé du pic de Soula- 
rac par le col de la Peyre. 

Du massif du Saint-Barthélémy plusieurs torrents s'écoulent 
vers le Nord ; les principaux sont : 

Le Lasset, descendant de la partie de la crête comprise entre 
le signal de l'Affrau et le pic de Saint-Barthélémy; il se jette 
dans l'Hers-Vif à Barrineuf. 

Le Touyre, qui draine les eaux de la crête entre le pic de 
Saint-Barthélémy et le Mont Fourcat; il se jette dans l'Hers- 
Vif à Lagarde. La Moulzonne, affluent du Touyre le rejoint à 
Montferrier ; elle prend les eaux du contrefort Nord du pic de 
Saint-Barthélémy. 

L'Armentières, appelée ensuite Douctouyre, prend sa source 
au Nord du Mont Fourcat et se jette dans l'Hers-Vif à Vais. 

Le Scios descend du flanc Nord-Ouest du Mont Fourcat et se 
jette dans l'Ariège entre Montgaillard et Foix. Nous n'avons 
pas pu l'étudier cette année, pas plus que l'Armentières. 

SOC B'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV) 8 



94 J. CANAL 



HISTORIQUE 

Les auteurs n'ont guère fait que citer rapidement le glaciaire 
du Saint-Barthélémy, aussi reproduisons-nous textuellement ce 
qu'ont dit les principaux : 

Seignette. Essai d'études sur le Massif pyrénéen de la 
Haute Ariège. Thèse, iS80, p. i62, a vu <<. de Montségur à 
« Canalette à travers une vallée assez étroite [vallée du 
« Lasset]... des débris diluviens en presque tous ses points sur 
« le côté droit »... 

De Lacvivier. Compte rendu de l'excursion de Benaix et de 
Villeneuve-d'Olmes. B. S. G. F. (3), X, i882. 

P. 510. « Le plateau qui s'étend au Sud de Lavelanet est 
« formé par une terrasse dont la masse puissante recouvre les 
« assises tertiaires. » Ces terrasses sont figurées dans la carte 
géologique jointe au compte rendu. 

P. 572. « Des moraines puissantes 7 (fig. 15, p. 569) se dé- 
« veloppent sur les deux versants de la haute vallée du Touyre, 
« recouvrant en partie les schistes anciens, le Dévonien, le 
« Jurassique et même l'Urgonien. » Dans la coupe, la moraine 
est figurée, supportant le hameau de Paquetayre. 

De Lacvivier. Etudes géologiques sur le département de 
l'Ariège et en particulier sur le terrain crétacé. Annales des 
Sciences géologiques, t. XV, 1884 (Thète.) 

P. 55. a La partie supérieure du terrain que nous étudions 
« [Dévoyiien] est recouverte ici [vallée du Touyre] par une mo- 
€ raine puissante. Sur la rive gauche, les assises rougeâtres 
« disparaissent sous les dépôts glaciaires. » 

PL 7//, fig. 74. « La coupe de l'étang des Truites (Saint-Bar- 
« thélemy) à Dreuilhe. » L'auteur a figuré la moraine (n° 14) 
de Paquetayre vers le Sud et la terrasse au Nord de Villeneuve- 
'Olmes, entre leDanien et le Poudingue de Palassou. 



GLACIAIRE DU MASSIF DU SAINT-BARTHÉLEMY (ARIÈGE) 95 

PI. IV, fig. 75. « Coupe du Mont Fourcat à Péreille. » 
L'auteur a figuré la moraine (n° 16) au Sud de la métairie de 
Sau et des blocs erratiques autour de Frémis. 

Roussel. Etude stratigraphique des Pyrénées. B. S. Carte 
géol. Fr ., V, 1893. 

P. 242. « 11 existait aussi des glaciers dans la partie supé- 
« rieure de la vallée du Touyre et de la vallée du Lasset. Ils 
« descendaient de la montagne de Tabeet s'avançaient jusqu'à 
« Montferrier et Montségur. » 

Garez. La Géologie des Pyrénées françaises. Fasc. IV, 1906. 
Après avoir cité les travaux des auteurs précédents, M. Garez 
dit: 

P. 2377. « A. Col del Four est un ancien étang desséché, 
« dont le déversoir avait été fermé par des apports glaciaires. » 

P. 2379. « Glacier du Touyre. — En remontant la vallée du 
« Touyre, au delà de Montferrier, on trouve un énorme amas 
« de blocs de granité qui paraissent bien d'origine glaciaire, et 
« qui s'étendent sur plusieurs kilomètres. 

« Glacier du Lasset. — A Montségur, et en remontant la 
« vallée du Lasset jusqu'à Rebaute [Reboulé], on voit des blocs 
« nombreux et considérables de roches cristallines et de mine- 
« rai de fer; ils s'élèvent à Montségur à 100 mètres au dessus 
« de la vallée. 

« Ces deux derniers glaciers ne devaient pas provenir du 
« Saint-Rarthélemy, trop rapproché et trop élevé; je les consi- 
« dère comme des branches du grand glacier de l'Ariège, ayant 
« passé sur les flancs du massif du Saint-Barthélémy. » 

P. 2380. « Les glaciers du Touyre et du Lasset me parais- 
se sent être des branches du grand glacier de l'Ariège. > 

Le glaciaire du Touyre et du Lasset est simplement figuré 
sur les cartes jointes aux ouvrages suivants : 

Mussy. Carte géologique et minéralurgique de l'Ariège. 
1870. — 22. Marnes, sables et cailloux roulés. Quaternaire. 



90 J. CANAL 

A. Penck. La période glaciaire dans les Pyrénées, 1885. 
Traduit par L. Bramer. Soc. Hist. Nat. Toulouse, t. XIX. 

Roussel. Contribution à l'étude géologique des Pyrénées. 
B. S. Carte géol. Fr., XI, 1900. P. 250. Fig. 8. 

L. Bertrand. Contribution à l'histoire stratigraphique et 
tectonique des Pyrénées orientales et centrales. B. S. Carte 
géol Fr. XVII, 1908. Pi. 1. 

Enfin, la Carte de l'Etat-Major (Feuille de Foix N. E. et 
S. E. au 1 :50000 m j montre bien la moraine de Bourdettes, le 
niveau glaciaire de la rive gauche du Touyre et les terrasses 
du Touyre entre Villeneuve-d'Olmes et Lavelanet. 



VALLEE DU LASSET 

Le Lasset et ses affluents drainent les eaux d'un cirque situé 
entre le signal de l'Affrau et le contrefort se détachant du Nord 
du Pic de Saint Barthélémy. 

Le Lasset prend sa source dans le petit cirque granitique 
situé entre le Pic de Soularac et le Pic de Saint-Barthélémy. 
Coulant vers le Nord -Est, il franchit une série de gradins et 
forme, dans les trois premiers, trois étangs : l'Estagnol, l'étang 
du Diable, l'étang des Truites ; ces étangs à l'aspect sauvage 
communiquent par des cascades. Après avoir quitté les grani- 
tés, le Lasset coupe les schistes gothlandiens, le Dévonien et le 
Permo Carbonifère avant de trancher par une cluse la barre de 
calcaires urgo-aptiens que couronnent les ruines du château de 
Montségur. 

Depuis les granges de Reboule jusqu'au Nord du village de 
Montségur, les traces glaciaires s'étendent sur les flancs de la 
vallée, cachant en partie les terrains sous-jacents. De nom- 
breux blocs erratiques de toute taille et de toute provenance 
(granités, graniilites, gneiss), souvent fortement patines, repo- 



GLACIAIRE DU MASSIF DU SAINT-BARTHELEMY (ARIÈGE) 97 

sent sur le fond de la vallée et remontent sur ses flancs jus- 
qu'à 150 mètres environ au-dessus du niveau du Lasset. 

On peut reconnaître dans la vallée 3 niveaux glaciaires : 

i ev niveau (950 m -980 m ) : forme placage au Sud et à l'Est d„ 
Montségur sur le flanc gauche de la vallée. Il est surtout déve- 
loppé sur le flanc droit de la vallée où il remonte jusque près 
de la métairie de Taoulat. 

2 e niveau {925 m ) : supporte le village de Montségur sur le 
flanc gauche de la vallée et butte au Nord contre la barre Urgo- 
nienne. 

S e niveau (20 m environ au-dessus du niveau du Lasset) : 

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Kjyea*àii X&tsëi. ' " ' ~ ~ 




1 Moraine supérieure 2 Moraipc .moyenne. 3 Moraine inférieure 

Fig. 1. — Flanc gauche de la vallée du Lasset en amont de Montségur. 

couvre le fond de la vallée. A Pontareille, le Lasset s'est frayé 
un passage à travers une moraine présentant quelques petits 
vallums très caractéristiques. 

Au sortir de la cluse Urgonienne, le Lasset tourne à l'Est et 
va se jeter dans l'Hers-Vif à Barrineuf. 



VALLEE DU TOUYRE 



Le Touyre et ses affluents drainent les eaux du cirque situé 
entre le Pic de Saint-Barthélémy et son contre-fort Nord, et le 
Mont Fourcat prolongé par un contre-fort dirigé vers le Nord- 
Ouest. 



98 J. CANAL 

Le Touyre prend sa source au Col de Girabal, situé entre le 
Pic de Saint-Barthélémy et le PicGalinat. Il coule vers le Nord- 
Nord-Est au travers des schistes cristallins où il a pris naissance, 
et des schistes ordoviciens; puis, aux granges de Courrai, il 
prend la direction Nord-Ouest et traverse successivement les 
schistes gothlandiens, le Dévonien, le Permo-Carbonifère et les 
terrains Secondaires et Nummulitiques avant de se jeter dans 
l'Hers-Vif. 

Depuis leur source jusqu'au hameau de Lapeyregade, le 
Touyre et ses affluents, formant de petits cirques secondaires, 
franchissent de nombreux gradins glaciaires; parmi les plus 
pittoresques sont ceux situés sur le flanc Nord-Est du Mont 
Fourcat. A partir de Lapeyregade jusqu'au village de Mont- 
ferrier, les blocs erratiques tapissent la vallée : ils sont formés 
du cristallin et du cristallophyllien du massif du Saint-Barthé- 
lémy et du Mont Fourcat; ils sont parfois énormes. Une mo 
raine très nette se voit à la métairie de Bourdettes. Enfin deux 
bosses rocheuses (flattas) avec leurs vallées mortes se montrent 
surmontées, l'une par le hameau de Martinat, l'autre par le cal- 
vaire de Montferrier. 

Le glaciaire de la vallée du Touyre forme deux niveaux dis- 
tincts : 

1 er niveau (900 m -L000 m ; %50 m àS00 m au-dessus du niveau 
du Touyre) : débute à Lapeyregade, passe sur le flanc gauche 
à Cadeillou, Frémis, Col del Four, Sau et s'arrête à la barre de 
calcaires sénoniens entre Montferrier et la métairie de Couche; 
sur le flanc droit, il se maintient jusqu'à la métairie de Paque- 
tayre où il rejoint, comme nous le verrons plus loin, le gla- 
ciaire de la Moulzonne. C'est à ce niveau que se rapporte la butte 
de Martinat. 

2 e niveau (30 m à 50 m au-dessus du niveau du Touyre) : 
débute à Bourdettes où se voient de beaux vallums, paese sur 
le flanc gauche à Sicard, Marsol, Barthalé, Carrial; bien visi- 
ble sur le flanc droit à l'usine de talc; se termine au cimetière 
de Montferrier, au Nord du village. C'est à ce niveau que se 
rapporte la butte du calvaire de Montferrier. 



GLACIAIRE DU MASSIF DU SAINT-BARTHÉLEMY (ARIÈGE) 99 

Nous signalerons ici un fait intéressant : à Col del Four 
(890 m -900 m ), les dépôts du 1 er niveau ont barré un vallon ve- 
nant du col de la Lauze et ont bouché son issue vers le Touyre' 
il s'est formé ainsi une sorte de bassin fermé. 



NX. 



2 » 




.§<S ^ 



• \ Moraine supérieure 2 Moraine inférieure 

Fig 2. — Flanc gauche de la vallée du Touyre en amont de Montferrier. 

En amont de Montferrier, le Touyre reçoit sur la droite son 
affluent, la Moulzcnne. La Moulzonne draine les eaux de l'ex- 
trémité bifurquée du contrefort Nord du Pic de Saint-Barthé- 
lémy. Coulant vers le Nord, elle traverse les schistes Gothlan- 
diens, Dévoniens, le Permo-Carbonifère, puis à Ceriès, elle 




4 Moraine supérieure 



2 Moraine inférieure 



Fig. 3. — Coupe de la vallée du Touyre, de Martinat à Col de la Lauze. 



tourne au Nord-Ouest, suivant une ligne de contact anormal 
entre les terrains primaires et secondaires, puis se jette dans le 
Touyre. 

Après avoir formé quelques gradins glaciaires, la Moulzonne 
traverse, au lieu dit Fount de Gourdi, un barrage morainique 
(1.100 m 1.20O); de ce point, les blocs erratiques couvrent les 



100 J. CANAL 

lianes de la vallée. Sur la rive droite, ils se retrouvent à Borde- 
Espalade et à Poutou où ils s'arrêtent à la barre de calcaires 
sénoniens ; sur la rive gauche, ils se relient à ceux du 1 er ni- 
veau du Touyre à Paquetayre. 

En aval de Montferrier, le Touyre traverse les grès Séno- 
niens; les dépôts glaciaires ne sont pas visibles. De Villeneuve- 
d'Olmes jusqu'à Lavelanet, la vallée s'élargit et les dépôts 
fluvio-glaciaires apparaissent, formant un système de deux 
terrasses.' 

i re terrasse (30 m environ au-dessus du niveau du Touyre) : 
sur la rive droite, elle commence au Sud du hameau de Mal- 
bastit et se continue jusqu'à la route de Lavelanet à Bélesta; 
cette terrasse a rejeté vers le Nord un petit ruisseau qui longe 
son flanc Ouest. Sur la rive gauche, la terrasse commence au 
cimetière de Villeneuve-d'Olmes, au Sud du village et se ter- 
mine à Bensa. Une coupe faite par la route de Lavelanet à 
Benaix permet d'étudier les éléments de la terrasse : on trouve 
des galets de quartz, granulite, gneiss, micaschiste, schistes 
non métamorphiques et grès micacés (grès de Celles); on ne 
trouve pas de calcaire. Les granités et les schistes métamorphi- 
ques sont altérés, patines et tombent en poussière. Ces galets 
ne montrent pas d'alignement net : l'ensemble a l'allure d'un 
cône de déjection fluvio-glaciaire. 

2 e terrasse : cette terrasse remplit le fond de la vallée, de 
Villene'uve-d'Olmes à Lavelanet. 

En aval de Lavelanet, le Touyre traverse l'anticlinal Num- 
mulitique du Plantaurel, puis va se jeter dans l'Hers-Vif à La- 
garde. 

CONCLUSIONS 

Les moraines et les terrasses du Lasset et du Touyre peuvent 
se rattacher à celles de l'Ariège déjà étudiées ici par M. Men- 
gaud (1). 

(1) L. Mengaud, Contribution à l'étude du glaciaire et des ter- 
rasses de l'Ariège et du Salât, Bull, Soc. Hist. Nui. Toulouse, 1910, 
t. XLII, pp. 19-41. 



GLACIAIRE DU MASSIF DU SAINT-BARTHELEMY (ARIÈGE) 101 
Les hauts niveaux du Lasset et du Touyre et la haute terrasse 
du Touyre sont comparahles à la moraine et à la terrasse supé- 
rieure de l'Ariège (moraine et terrasse de M ont gaillard), que 
M. Mengaud rapproche de la troisième glaciation alpine (Ris- 
sien). 

Les niveaux inférieurs du Lasset et du Touyre et la basse 
terrasse du Touyre sont comparables à la moraine et à la ter- 
rasse inférieure de l'Ariège (moraine d'Arignac), rapprochées 
par M. Mengaud de la quatrième glaciation alpine (Wùrmien) . 
Quant au niveau 2 du Lasset, celui qui porte Montségur, 
c'est un niveau intermédiaire qui ne m'a pas semblé présenter 
d'équivalent dans la vallée du Touyre. 

Enfin, l'étude d'ensemble du glaciaire du Lasset et du Touyre 
me fait conclure qu'il s'agit ici de glaciers purement locaux; je 
n'ai trouvé en effet dans les dépôts morainiques et les terrasses 
que des roches semblables à celles du massif du Saint-Barthé- 
lémy. 




COMPTES RENDUS DES SEANCES 



Séance du 18 janvier 1911. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. P. Dop fait une communication sur les Strychnos de 
l'Indo-Chine française. Jusqu'à ces derniers temps on ne 
connaissait dans cette région que le S. nux vomica et le 
S. gauthieriana, et encore cette dernière espèce avait-elle été 
supprimée par les auteurs anglais et rapportée à la suite d'une 
erreur d'échantillons au S. mallaccensis. M. Dop en étudiant 
les matériaux du Muséum de Paris a montré que le 8. gau- 
thieriana était un type parfaitement établi et qu'il y avait lieu 
d'ajouter à cette espèce et au S. nux vomica 10 autres espè- 
ces indo-chinoises se rattachant soit aux espèces Malaises soit 
aux espèces Indiennes. La liste de ces 10 espèces nouvelles est la 
suivante : S. polyantha ; S. Ridleyi ; S. pubescens ; S. lau- 
rina ; S. spireona ; S. usitata ; S. alonnaiensis ; S. din- 
hensis ; S. Thorelii. 

M. F. Vincens fait connaître en son nom et au nom de 
M. Deumié, professeur d'agriculture, les résultats d'observa- 
tions qui leur ont permis de constater la présence dans la 
région toulousaine de quelques parasites de la Cochylis et de 
l'Eudemis. 

Les auteurs ont examiné des insectes recueillis sous des 
écorces de vignes apportées par M. Deumié au laboratoire de 



II COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

pathologie végétale et provenant de vignobles situés entre 
Fronton et Montauban. Des chrysalides de Cochylis etd'Eude- 
mis dont la plupart paraissaient bien vivantes et saines, mais 
dont quelques-unes étaient ratatinées et raidies, ont été mises 
le 15 décembre sous cloche et dans une étuve à 25° afin de 
provoquer l'apparition hâtive des papillons. Quelques-unes de 
ces chrysalides avaient été laissées dans leur cocon intact. 

Sous la même cloche on avait placé une larve parasite précé- 
demment extraite d une nymphe et que l'on pouvait déjà 
reconnaître comme appartenant à un hyménoptère. Elle était 
de couleur jaune clafr, légèrement arquée, apode, glabre et 
luisante. MM. Deumié et Vincens regrettent de n'avoir pu, 
faute de temps, en prendre un dessin avec une description 
plus détaillée. Le lendemain cette larve s'était filé un cocon 
cylindrique, arrondi aux deux bouts, de 6 min de long sur 3 mm 
d'épaisseur, d'un blanc roussâtre et formé d'une enveloppe 
soyeuse très mince. Six jours après il sortit de ce cocon un 
petit hyménoptère appartenant sans nul doute au groupe des 
ichneumons mais dont le genre n'a pu encore être déterminé 
d'une façon certaine. Cet insecte, long de 6 mm .1/2, est noir 
avec antennes grêles plus courtes que le corps, palpes roussâ- 
tres ; thorax convexe, ailes transparentes irisées, pattes 
rousses avec bandes noires, les postérieures plus longues à 
cuisse légèrement renflée ; abdomen pédoncule, comprimé, de 
couleur claire avec les 3 derniers segments noirs. Un hymé- 
noptère semblable mais plus petit a été extrait le même jour 
d'une nymphe à'Eudemis enfermée dans un cocon et dont la 
couleur irrégulièrement et fortement bronzée faisait pressentir 
la présence d'un hôte anormal. Les deux individus ainsi 
obtenus'paraissent être des mâles. 

Sur trois autres nymphes, dont une était restée enfermée 

dans son cocon intact, s'étaient développées des touffes mycé- 

liennes blanches appartenant à des moisissures non encore 

déterminées et dont le parasitime n'est pas évident. 

En outre, sous les mêmes écorces, MM. Deumié et Vincens 



COMPTES RENDUS DES SEANCES III 

ont récolté des chenilles momifiées, très dures et recouvertes d'un 
feutrage mycélien blanc, mince et irrégulier. L'une d'elles était 
assez bien conservée pour permettre sa détermination comme 
larve de cochylis; une autre était parvenue à filer un cocon dans 
lequel la momification s'était produite sans formation de chry- 
salide. Leur section les a montrées envahies par un mycélium 
compacte à gros éléments dont l'attribution à un parasite 
défini est pour le moment impossible faute de fructifications. 

M. Vincens, qui étudie ces champignons dont il a obtenu des 
cultures, espère pouvoir en donner la détermination certaine 
dans une prochaine séance, avec quelques indications biologi- 
ques s'il y a lieu. 

L'existence d'Hyménoptères et de Champignons parasites de 
la Cochylis et de l'Eudemis est connue depuis longtemps déjà . 
Leur présence a même été récemment signalée dans la Gironde 
et dans les environs de Carcassonne\ 

La multiplication des parasites étant un des obstacles 
naturels les plus importants au grand développement des 
insectes nuisibles, il est intéressant de constater que la présence 
de ces parasites n'est pas limitée à quelques régions privi- 
légiées. 



Séance du 1 er février 1911. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Deumié, présenté par MM. Dop et Vincens, est admis 
comme membre titulaire. 

M. Jean Bonnet a étudié les phénomènes nucléaires cor- 
rélatifs de la dégénérescence dans les cellules nourricières 
du pollen de Yucca Gloriosa. 

L'état pathologique causé par l'action des diastases digestives 
sur ces cellules se traduit par des phénomènes anormaux dans 
le mode de division des noyaux, consistant dans : . 



IV COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

1°) Des mitoses anormales : Le Yucca possède deux sortes de 
chromosomes, étudiés récemment par Glemens Mùller. On re- 
trouve ces deux sortes de chromosomes dans les mitoses des 
noyaux des cellules nourricières, mais pas dans les mêmes rap- 
ports de nombre que dans les cellules somatiques normales. 
Tandis que dans celles-ci il existe 40 gros chromosomes et de 30 
à 40 petits, le nombre de 10 gros chromosomes étant absolument 
constant, dans les cellules nourricières le nombre des srros chro- 
mosomes peut parfois être plus élevé, ce qui fait penser à des 
fusions nucléaires, comme Nemec et d'autres en ont observé 
dans certaines cellules somatiques. Les chromosomes sont 
beaucoup plus gros quo dans les cellules somatiques ordinaires, 
de même d'ailleurs que les noyaux. 

L'aspect des mitoses est également aberrant : 

a) Certaines mitoses paraissent être hétéropolaires. 

b) La plupart des mitoses ne présentent pas les mêmes rap- 
ports de dimensions (longueur du fuseau, diamètre de la pla- 
que équatoriale et des plaques filles) que dans les cellules soma- 
tiques. La plupart, en effet, montrent un élargissement exagéré, 
se traduisant très nettement, à la métaphase et au début de 
l'anaphase, par des plaques extrêmement minces et très larges, 
où les chromosomes sont très peu serrés. 

c) On observe assez fréquemment des cellules présentant 
deux mitoses conjuguées ; et dans ce cas les axes des deux fu- 
seaux achromatiques peuvent ou non être parallèles. 

d) Enfin l'auteur a observé quelques cas de mitoses absolu- 
ment aberrantes, présentant une masse médiane de chromatine 
reliée par deux fuseaux à deux masses chromatiques latérales. 
On pourrait, à première vue, songer à rapporter cette appa- 
rence à deux diasters conjugués dont les deux pôles les plus 
rapprochés se seraient fusionnés ; mais il ne semble pas qu'il 
en soit réellement ainsi. 

Il existe aussi des mitoses complexes, comme quelques au- 
teurs, Mottier en particulier, en ont vu dans les cellules- mères 
du pollen de diverses plantes, caractérisées par plusieurs amas 



COMPTES RENDUS DES SEANCES V 

de chromatine reliés par des fuseaux dessinant les côtés et les 
diagonales d'un polygone. 

2°) Des amitoses : dans les cellules nourricières se voient 
aussi des amitoses, — ou du moins des phénomènes que dans 
cette note préliminaire on envisagera comme tels, réservant 
pour un travail plus étendu d'en discuter la signification réelle, 
comme Nemec l'a fait pour les cas d' ce amitose » observés par 
Wasielewsky. 

a) Certaines de ces amitoses se ramènent à un étranglement 
annulaire du noyau, produisant finalement deux noyaux fils. 

b) D'autres sont des phénomènes de bourgeonnement nu- 
cléaire ; dans ce cas on constate un gros nucléole dans chaque 
bourgeon formé par un noyau. Plusieurs bourgeons peuvent au 
même moment se former sur le même noyau (bourgeonnement 
nucléaire multiple). 

c) Enfin d'autres cas font des apparences complexes, avec 
concentration de la chromatine sous forme de filaments, de 
traînées, etc., au niveau de l'étranglement annulaire, — et four- 
nissent une série de transitions vers les karyokinèses normales. 

Ces mitoses et ces amitoses ne paraissent pas se produire sui- 
vant une règle précise à des moments bien déterminés de la vie 
de la cellule. En particulier la première division du noyau 
unique des cellules nourricières semble se faire indifféremment 
par mitose ou par amitose. 

La division des deux noyaux ainsi produits semble cependant 
se faire le plus souvent par mitoses conjuguées ; — l'auteur n'a 
pas vue d'amitoses conjuguées, mais seulement des cas où une 
cellule à deux noyaux en offrait un en amitose, l'autre étant au 
repos. 

Mais, vers la fin de la vie des cellules-mères, les phénomènes 
de bourgeonnement nucléaire deviennent prépondérants, les 
noyaux prenant d'ailleurs à cette époque des formes très irré- 
gulières. Il peut alors exister 5 ou 6 noyaux dans une cellule. 

Beaucoup de noyaux, principalement ceux qui sont réunis 
par deux dans une même cellule, présentent des phénomènes 



VI COMPTES RENDUS DES SEANCES 

très nets de polarité, sur lesquels l'auteur se proposede revenir. 
Enfin d'après l'auteur, il ne paraît pas y avoir dans Yucca 
gloriosa de formations mitochondriales, comme Meves et 
Tischler en ont observé dans les cellules nourricières d'autres 
plantes. 



Séance du ltf février 1912: 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Lecaillon, professeur à la Faculté des sciences, présenté 
par MM. Abelous et Ribaut, est admis comme membre titu- 
laire. 

M. J Brunet fait une communication sur la pénétration 
des plantes méditerranéennes dans le Massif central. 

L'auteur a fait cette étude dans le département de l'Aveyron, 
qui, par sa situation géographique et sa composition géolo- 
gique, fournit d'intéressants renseignements. 

Trois faits principaux permettent la pénétration plus facile 
de la végétation méditerranéenne : 1° l'interruption de la haute 
ligne de faîte dite « des Gévennes » depuis l'Orb jusqu'à la 
Dourbie ; 2° le rapprochement des vallées de la Dourbie et de 
la Vis, de la Sorgues et de l'Orb, tributaires, les unes de la 
Méditerranée, les autres de l'Océan ; 3° la nature calcaire du 
terrain, qui ne permet l'établissement que N des plantes xéro- 
philes. 

Au sud du département, on trouve de nombreuses plantes à 
caractère méditerranéen très accusé : 

Dans les vallées, l'olivier, les cistes, Clematis flammula, 
Pœonia peregrina, Rosmarinus officinalis, etc. 

Sur les plateaux ou causses, le climat est plus rigoureux, et 
le. caractère xérophile s'accentue. Flore très particulière et tou- 
jours la même sur toute l'étendue du pays, caractérisée par 
trois faits : 1° un mélange de plantes méridionales et monta- 



COMPTES RENDUS DES SEANCES VII 

gnardes ; 2° présence de nombreuses variétés locales et d'es- 
pèces endémiques ; 3° absence d'un grand nombre de plantes 
vulgaires. La végétation y est très rabougrie. 

Gomme arbres, sur les plateaux : Pinus silvestris, Quercus 
robur, Juniper us communis et phœnicea, Buxus sempervi- 
rens, Aphillanthes, ArbutusUva-Ursi, Helichrysum Stœchas. 

De nombreuses labiées : lavande, thym, germandrées. 

Sur les bois des pentes exposées au nord le caractère mon- 
tagnard domine. Au fond des vallées, végétation tout à fait 
méridionale . 

Pistacia terebinthus Glaucium luleum 

Osyris alba Plantago cynops 

Jasminum fruticans Catananche cœrulea 

Lavandula spica Echinops Ritro 

D'une manière isolée, dans des sites privilégiés, apparaissent : 

Quercus ilex Juniperus oxycedrus 

Asparagus acutifolius Ephedra nebrodensis 

Toutes ces espèces des vallées ne dépassent guère au nord la 
vallée du Tarn. 

Entre l'Aveyron et le Lot, le climat des causses devient plus 
humide, les vallées moins profondes. Vers les sources de 
l'Aveyron s'arrêtent : 

Aphyllanthes monspeliensis Onosma echioïdes 
Lavandula vera Glaucium luleum. 

Sur les plateaux du Gausse comtal, au nord de Rodez, la 
flore n'a plus un caractère aussi tranché. On y rencontre en- 
core : 

Genista horrida Stachys germanica 

Genista hispanica Xeranthemumcylindra- 
Astragalus monspessulanus ceum 

Salvia JEthiopis Fumana vulgaris 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV) 9 



VIU COMPTES RENDUS DES SEANCES 

Les autres espèces sont des plantes de montagnes moyennes. 
Une dernière localité méditerranéenne est la vallée du Lot, 
où sur les pentes exposées au midi, croissent (sur le granit) : 

Cistus salvisefolïus Echinops Ritro 

Acer monspessidanus Centaurea pectinata 

Le lézard ocellé vient, au point de vue zoologique, accuser le 
caractère méridional de ces régions. 

Au nord du Lot, les hauts plateaux qui servent de soubasse- 
ment aux coulées basaltiques du Cantal et de l'Aubrac sem- 
blent arrêter la flore du Midi. De même entre l'Aveyron et le 
Tarn, la chaîne du Levezou semble avoir empêché l'arrivée 
des plantes méridionales sur le plateau du Sigalas, où certaines 
d'entre elles auraient pu trouver, comme dans la vallée du Lot, 
des conditions favorables. 

M. Jean Bonnet a trouvé dans les cellules nourricières du 
pollen de Cobœa scandens des formations ergastoplasmiques, 
déjà étudiées chez les végétaux par M. et P. Bouin, Souèges, 
etc. Ce sont des filaments très fins, indécomposables en gra- 
nules, réunis par touffes dans les cellules, principalement au 
pôle qui regarde le centre du sac pollinique. L'aspect en est 
exactement le même que cekui des filaments figurés par M. et 
P. Bouin dans la cellule-mère du sac embryonnaire de diverses 
liliacées. 

Ces filaments ergastoplasmiques se retrouvent dans les 
grains de pollen en voie de maturation de la même plante. 

L'auteur a également trouvé dans les cellules- mères ou les 
cellules nourricières du pollen de quelques plantes (Datura 
slramonium, Hemerocallis fulva), des formations mitochon- 
driales ou chromidiales analogues à celles décrites par Tischler 
et d'autres auteurs dans d'autres cas. 

MM. Dkumié et F. Vincens font connaître les résultats des 
nouvelles recherches qu'ils ont faites en commun sur les para- 



COMPTES RENDUS DES SEANCES IX 

sites de la Cochylis et de VEudemis. Ces recherches étaient 
destinées à compléter les observations que M. F. Vincens indi- 
qua dans la séance du 18 janvier. 

Six lots de cocons de Cochylis et d'Eudemis, provenant de 
différents vignobles ou prélevés à diverses dates, ont été minu- 
tieusement examinés afin de déterminer les rapports existant 
d'une part entre Cochylis et Eudemis, et, d'autre part, entre 
les individus sains et les individus parasités ou desséchés. 

Les résultats obtenus ont été les suivants : 

1 er lot : 17 cocons récoltés à Périgal (Tarn-et-Garonne) le 
15 décembre 1910, 9 Eudemis toutes desséchées ou parasitées, 
8 Cochylis dont une seule vivante, 

2 e lot : 40 cocons récoltés à Périgal le 20 janvier 1911, 38 
Eudemis dont une seule vivante ; 2 Cochylis dont une seule 
vivante. 

3 e lot : 17 cocons récoltés le 3 janvier à Villers (Tarn-et-Ga- 
ronne), 12 Eudemis dont une seule vivante, 5 Cochylis dont 
deux seulement vivantes. 

4 e lot : 12 cocons provenant du même vignoble, récoltés le 
29 janvier ; 5 Eudemis dont aucune n'est vivante, 7 Cochylis 
dont quatre sont vivantes. 

5 e lot : 95 cocons récoltés à Lavilledieu (Tarn-et-Garonne), 
le 7 février ; 2 Eudemis dont aucune n'est vivante, 93 Cochylis 
dont 57 vivantes. 

6" lot : 385 cocons récoltés à Albias (Tarn-et-Garonne), le 
15 janvier ; 343 Eudemis dont 21 seulement vivantes, 42' Co- 
chylis dont 9 vivantes. 

Ainsi que le fait remarquer M. F. Vincens, on ne peut reti- 
rer de ces quelques données des conclusions précises en ce qui 
concerne les rapports existant entre Cochylis et Eudemis. Si 
dans le 5 e lot la cochylis domine, c'est l'inverse qui se produit 
dans le 2 e et le 6 e ; de plus, dans les trois autres lots, il y a à 
peu près équivalence, et le petit nombre des cocons qu'ils ren- 
ferment diminue considérablement la valeur des indications 
qu'ils fournissent. Toutefois, si l'on examine l'ensemble des 



X COMPTES RENDUS DES SEANCES 

résultats, il semble que l'on doive considérer YEudemis comme 
plus fréquente que la Cochylis. En effet, sur 566 cocons exa- 
minés, 409 appartenaient à des Eudemis et 151 seulement à 
des Cochylis. 

Les résultats paraissent être plus instructifs en ce qui con- 
cerne les entraves apportées au développement des deux in- 
sectes par les parasites et les autres causes naturelles de des- 
truction. Sur409 cocons & Eudemis, 23 seulement renfermaient 
des nymphes vivantes ; sur 157 cocons de Cochylis, 74 seule- 
ment étaient bien habités. 

Ainsi 95 % des Eudemis et 55 °/ des Cochylis ont été natu- 
rellement détruites. 

Il est intéressant de rapprocher ces résultats de ceux obtenus 
en 1900 par M. Laborde de Bordeaux, qui constata au moment 
des éclosions des chrysalides que les Ichneumons et les moisis- 
sures en avaient détruit 60 % pour les eudemis et 35 °/o pour 
les cochylis. 



Séance du 1 er mars 1911. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Deumié fait la communication suivante sur les modes de 
détermination de la date d'éclosion des papillons de Cochylis 
et d'Eud a mis : 

Les procédés actuels consistent à déterminer la présence des 
papillons : 1" par des pièges lumineux ; 2° par l'incubation des 
chrysalides sous verre. 

Les pièces lumineux ne fonctionnent pas bien en dehors des 
nuits calmes et obscures; par temps de tempête, de pluie ou 
de clarté lunaire, ils n'attirent pas les papillons. D'ailleurs les 
papillons crépusculaires comme les Eudemis ne se laissent 
presque pas capturer par les pièges lumineux. 

Quanta L'incubation des chrysalides sous verre, il est à peine 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XI 

besoin de faire remarquer qu'elle se fait dans des conditions si 
éloignées des conditions naturelles, qu'elle ne peut donner que 
des résultats grossiers. Et cependant les stations d'avertisse- 
ment se basent sur les indications de l'incubation sous verre 
pour annoncer aux vignerons la date des traitements. 

Le dispositif suivant permettrait d'obvier aux inconvénients 
des méthodes précédentes : il suffit d'infecter quelques souches 
témoins avec des chrysalides en cocons. Après vérification de 
leur vitalité, on dispose les chrysalides sous les écorces en 
imitant autant que possible la situation qu'elles occupaient à 
l'état libre et on les enferme dans un manchon transparent de 
tarlatane. On réalise ce manchon avec un petit carré de tarla- 
tane d'environ 50 centimètres de côté, disposé autour du tronc 
de la souche; on ligature le bord inférieur au-dessus du sol; on 
passe un petit cerceau d'osier pour faire renfler le milieu, puis 
on ligature le bord supérieur au-dessous des branches. On 
obtient ainsi une sorte de cage à claire-voie, résistante aux 
intempéries et dans laquelle les papillons se décèlent eux-mê- 
mes aussitôt après leur éclosion. 

Un pareil engin pourrait rendre service aux biologistes. 

M. J. Gomère communique à la Société un travail ayant 
pour titre : Additions à la Flore des Algues d'eau douce du 
Pays toulousain et des Pyrénées centrales. 

L'auteur de ce mémoire s'est proposé de donner la nomen- 
clature d'un assez grand nombre d'algues qu'il a pu récolter 
au cours de ces dernières années, et d'augmenter ainsi la liste 
des espèces d'eau douce de nos environs qui, surtout en ce qui 
concerne les Protococcoïdées, les Confervoïdées et les Sipho- 
nées n'avaient été traitées jusqu'ici que d'une manière assez 
sommaire. Les Conjuguées comprenant les Diatomacées, les 
Zygnemacées et les Desmidiacées ont été, au contraire, l'objet 
de travaux plus importants. 

Pour présenter un tableau plus complet de la Flore algologi- 
que de notre région, M. J. Gomère a mentionné plus briève- 



XII COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

ment (exception faite pour les Diatomacées dont les catalogues 
très complets ont été publiés dans le Bulletin de la Société 
(1 histoire naturelle de Toulouse) les plantes des diverses autres 
familles qui ont été énumérées antérieurement dans les mémoi- 
res de diverses Sociétés savantes. 

La première partie du travail donne la bibliographie, aussi 
complète que possible, des publications intéressant les Algues 
de nos environs, divisée en deux séries distinctes, la première 
com prenant les travaux ayant trait aux plantes récoltées dans 
le Pays toulousain ; la seconde, les recherches intéressant plus 
particulièrement la région pyrénéenne et les organismes des 
sources thermales. 

Dans la deuxième partie est exposée la distribution générale 
des divers genres d'après les conditions écologiques des diverses 
formations aquatiques avec quelques notions très générales sur 
la géologie et la climatologie de notre région. 

Un catalogue systématique, précédé de considérations som- 
maires sur le mode de classification adopté et comprenant la 
nomenclature de 280 espèces environ, dont J25 nouvelles pour 
notre région et certaines pour la Flore française, forme la troi- 
sième partie de ce mémoire qui viendra compléter dans une 
large mesure les documents que nous possédons déjà sur les 
microphytes aquatiques et subaériens du Pays toulousain et des 
Pyrénées centrales. 



Séance du 1 5 mars 1911 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Vincens fait une communication sur les champignons 
parasites de la Cochylis et de V Eudemis . 

Les insectes examinés provenaient des divers lots dont il a 
été question dans une précédente séance (1) ; plus particuliè- 

(t) Séance du 15 février 1911. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XIIÏ 

rement du lot n° 6, le plus abondant et celui dont la récolte 
avait été faite dans les conditions offrant le plus de garanties 
quant au bon état et à la propreté des cocons qu'il renfermait. 

Les insectes rencontrés étaient : soit des chenilles nues ou 
dans des cocons, mais toutes mortes, soit surtout des nymphes 
dont la plupart étaient mortes, ainsi que cela a déjà été dit. 

I. Chenilles. 'Les chenilles se présentaient sous deux 
aspects : les unes étaient muscardinées, les autres à l'état de 
momies noires. 

A. — Chenilles muscardinées. Ces larves généralement 
peu déformées sont toujours durcies et recouvertes d'un revê- 
tement mycélien plus ou moins abondant, blanc pur ou rosé, 
laissant voir par places les téguments colorés en rose vineux. 
Le corps est intérieurement envahi par un stroma compact 
blanc sale ou blanc rosé formé d'un mycélium volumineux à 
éléments étroitement enlacés. Le mycélium superficiel est très 
souvent stérile. 

On sait que l'on désigne sous le nom demuscardines un 
certain nombre de maladies des insectes, se manifestant par 
des modifications semblables qu'elles font subir à leurs hôtes 
et dues à des parasites confondus sous le nom à'isaria mais 
appartenant à des genres souvent éloignés. 

M . Vincens s'est proposé de déterminer la cause exacte des 
muscardines de la Cochylis et de VEudemis. 

Dans ce but l'auteur a plus particulièrement examiné 
9 momies dont 4 provenaient de chenilles de Cochylis et 5 de 
chenilles d'Eudemis. Après un examen microscopique du 
mycélium superficiel, destiné à rechercher les fructifications 
caractéristiques, un fragment de chaque momie a été déposé 
sur un morceau de pomme de terre stérilisée, afin de provo- 
quer le développement des moisissures portées par la larve et 
de les isoler. Les résultats ont été les suivants : 

a). — Cochylis. Sur deux momies (a i et a 2 ), le mycé- 
lium portait de rares fructifications ; surdeux autres (a 3 et a 4 ), 
il était stérile. 



XIV COMPTES RENDUS DES SEANCES 

— a, portait un spicaria à mycélium blanc et dense, àphia- 
lides (1) groupées en têtes échiniformes et ne correspondant à 
aucune description d'espèce connue. Ce spicaria vient très bien 
en culture, mais il n'a été rencontré sur aucune autre larve ou 
nymphe de Cochylis et d'Eudemis. 

En culture il s'est développé : Botrytis cinerea et Pénicil- 
lium (sp. ?) 

— a 2 portait de rares fructifications indéterminables for- 
mées de basides terminant des sporophores peu différenciés et 
portant sur des verrues ou de fins stérigmates deux à quatre 
séries de spores petites et ovoïdes disposées en courtes files. 
Delacroix (2) a décrit un Isaria à basides, rencontré sur che- 
nilles d'Hepialus lupulinus, duquel le champignon précédent 
diffère par un grand nombre de caractères. Ce curieux cham- 
pignon n'a pu se développer jusqu'ici sur aucun milieu de cul- 
ture. La pomme de terre ensemencée a été envahie par diverses 
moisissures ; ce sont : Pénicillium glaucum ; Pénicillium 
(sp. ?) ; Verticillium (sp. ?) ; Pestallozzia (sp. ?) ; en plus une 
dématiacée dont le mycélium recouvre le substratum d'un 
feutrage noir stérile. 

— a 3 , dont le mycélium superficiel était stérile, a donné en 
culture : Verticillium, semblable au précédent ; Botrytis 
cinerea. 

— a 4 , à mycélium superficiel également stérile, a donné 
Verticillium ; Pénicillium glaucum ; Botrytis cinerea ; Pes- 
talozzia ; plus une dématiacée semblable à celle de a 2 . 

b). - Eudemis. Cinq momies donnent toutes des cultures 
pures dès le premier ensemencement. 

Deux de même origine portent un Cephalosporivm très 
fructifère. 

(1)M. Vuillemin (Matériaux pour une classification rationnelle des 
Fungi imperfecli. C. R. Ac. Se. 4 avril 1910) désigne ainsi l'axe 
supportant immédiatement les eonidies quand il est différencié en 
forme de bouteille. 

(1) Delackoix. Isaria dubia. Bull. soc. rnycol. de Fr. ; t. IX. 
1893, p. 264. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XV 

Une donne un Verticillium. 

Une autre un Spicaria différent de celui déjà rencontré par 
ses phialides plus étroites et moins agrégées. 

La cinquième, dont le mycélium superficiel était rosé, donne 
une mucédinée d'abord très blanche puis vivement colorée par 
places en rose ou en jaune vert, encore stérile après deux mois 
de culture. 

En somme, les larves muscardinèes ont donné plusieurs 
espèces de mucédinées, mais qui ne sont certainement pas toutes 
parasites. 

Le parasitisme des Spicaria ne paraît pas douteux. 

Il semble qu'il en soit également ainsi du Verticillium. 
Plusieurs Verticillium ont été déjà rencontrés sur des insectes 
morts sans qu'aucun d'eux ait été signalé comme parasite cer- 
tain. Cependant, d'après M. Gueguen (1), il faudrait attribuer 
à un Verticillium Yïsaria du Cor dy ceps militaris. 

Cephalosporium, par ce fait qu'il a été obtenu à l'état de 
pureté dès le début dans deux cultures, apparaît comme pro- 
venant d'une manière évidente du stroma interne et par suite 
comme cause immédiate de la muscardine. 

La présence du Botrytis cinerea s'explique aisément ; les 
chenilles de Cochylis et d'Eudemis entraînent forcément à leurs 
surfaces des spores de ce champignon dont elles ont facilité le 
développement sur les raisins attaqués. De même s'explique la 
présence de Pénicillium et aussi celle de Pestalozzia dont 
deux espèces ont été décrites sur grains de raisin mûrs. 

Ainsi la muscardine des larves de Cochylis et d'Eudemis 
paraît attribuable suivant les cas à un Verticillium, à un Spi- 
caria ou à un Cephalosporium. 

En 1893, MM. Sauvageau et J. Perraud (2) signalèrent pour 
la première fois un champignon parasite de la Cochylis qu'ils 

(1) Gueguen. Champignons parasites de l'homme et des animaux. 
Paris, 1904, p. 264. 

(2) Sur un champignon parasite de la Cochylis. C. R. Ae. Se. 
17 juillet 1893. 



XVI COMPTES RENDUS DES SEANCES 

désignèrent comme étant VIsaria farinosa et, en 1901, 
M. Laborde donnait dans la Revue de Viticulture des figures 
de deux Isaria qui semblent être des Verticillium. 

La diagnose du Cephalosporium rencontré par M. Vincens 
correspond à celle de Cephalosporium acremonium (Corda) 
qui, généralement parasite des champignons supérieurs, a été 
cependant rencontré sur des insectes morts. 

B. — Chenilles momifiées noires. Huit de ces momies ont 
été examinées en suivant la même méthode que pour l'étude 
des larves muscardinées. 

Sur ces 8 larves, 6 portaient ou ont donné en culture un 
Cladosporium, mais celui-ci n'a jamais été pur. 

Dans un cas il était associé à Macrospormm seul. 

Dans deux cas, à Cephalosporium, Pénicillium et Botrytis. 

Dans trois autres cas, à Pénicillium et Botrytis. 

Les deux autres larves n'ont donné que Cephalosporium, 
Pénicillium et Botrytis, mais l'examen microscopique mon- 
trait qu'elles étaient envahies par un mycélium brun qui, 
n'étant attribuable à aucune de ces trois mucédinées, laisse 
supposer la présence de Cladosporium. 

A ce dernier serait donc due la formation des momies noires. 

Le parasitisme des Cladosporiées entomophytes n'a jamais 
été mis en évidence, mais un Cladosporium a été récemment 
signalé par M. Gueguen (1) comme parasite de l'homme. 

M. Vincens qui possède des cultures pures de l'espèce qu'il 
a rencontrée sur Eudemis compte faire, cet été, des essais de 
contamination expérimentale. 

II. Nymphes. Les nymphes mortes peuvent se ramener à 
trois types. 

A. — Nymphes desséchées sans traces de micro-organismes. 

B. — Nymphes vertes, à contenu gras,, tachant le cocon. 
G. — Nymphes moisies. 



(1) F. Guegùkn. Mycose cladosporienne de l'homme. C. R, Ac. 
Se. 13 février 1911. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XVII 

A. — Nymphes desséchées. Les causes de la mort de ces 
nymphes n'ont pu être déterminées d'une façon certaine, 

B. — Nymphes grasses et vertes. L'examen microscopique 
n'a pu déceler la présence de micro-organismes. 

11 de ces nymphes ont été écrasées sur pommes de terre 
stérilisées après avoir été préalablement flambées. 

7 ont donné un Pénicillium à stroma jaune, pur dans 
3 cas, associé à Botrytis, Pénicillium (esp. différente), Clado- 
sporium dans les autres cas. 

3 ont donné Pénicillium (sp. ?) pur. 

La onzième a donné Cephalosporium pur. 

Pénicillium se présente dans 10 cas sur 11 . Doit-on, d'après 
cela, le considérer comme la cause de h grasserie verte (1) des 
Eudemis? Des expériences seules permettront de le savoir. Un 
Pénicillium (P. Fieberi) a été rencontré par Corda sur des 
punaises ; d'autres ont été signalés accompagnant certaines 
affections de l'homme sans que leur parasitisme ait été, semble- 
t-il, bien établi. 

C. — Nymphes moisies. Deux cas peuvent ici se présenter. 
a). — Les nymphes renferment uniquement des moisissures. 
b). — Les moisissures accompagnent des cadavres d'hymé- 
noptères parasites. 

a). — 7 nymphes de ce type sont examinées. 
2 portent Verticillium à l'état pur. 
2 renferment un stroma blanc qui, en culture, donne 
un mycélium rose, stérile même après 15 jours. 

3, dont l'intérieur renferme un stroma jaune, donnent 
Pénicillium semblable à celui formé sur les nymphes atteintes 
de grasserie verte. 

b). — Nymphes moisies préalablement parasitées par des 
hyménoptères. 



(1) C'est l'expression qui semble donner l'idée la plus exacte de 
l'état sous lequel se présentent les nymphes qui renferment avec des 
corpuscules verts inorganisés de , nombreuses gouttelettes de 
matière grasse. 






XVIII COMPTES RENDUS DES SEANCES 

Ces nymphes sont allongées, rigides, de couleur claire avec 
les extrémités translucides ; elles présentent l'aspect des 
nymphes renfermant un hyménoptère non encore adulte. Les 
téguments se hrisent sans peine et mettent à nu une momie 
hlanche et duveteuse ou noire et luisante. 

Les momies blanches sont entières ou constituées par 5 à 
6 fuseaux étroitement accolés, suivant qu'elles proviennent d'un 
Pimpla ou de Pteromalus. 

Le Pimpla ne pond en effet qu'un œuf par nymphe, alors 
que le Pteromalus, beaucoup plus petit, en pond 5 ou 6. 

14 momies de Pimpla ont été étudiées par la méthode déjà 
vue. 

5 momies blanches ont donné Cephalosporium pur. 

4 — d° — Verticillium — d° — 

5 momies noires ont donné Cladosporium pur dans trois 
cas; associé à Cephalosporium ou à Mucor dans les deux 
autres. 

Sur S groupes de momies de Pteromalus tous ont donné 
Cephalosporium qui, pur dans l'un deux, était associé à Péni- 
cillium dans les deux autres. 

Ainsi les momies blanches semblent dues à Verticillium ou 
k un Cephalosporium; les momies noires, à un Cladosporium. 

Ce sont là des résultats comparables à ceux obtenus pour 
les chenilles. 

Il est assez curieux de constater que l'hyménoptèrese trouve 
ainsi détruit par le champignon parasite qui devait anéantir 
son hôte et l'on peut se demander si la mère n'introduit pas 
accidentellement avec l'œuf le germe qui amènera la mort de 
sa progéniture. 

On ne peut que regretter que nos deux auxiliaires dans la 
lutte contre la Cochylis et l'Eudemis ne puissent combiner uti- 
lement leur action et que l'un d'eux, peut-être le moins effi- 
cace, vienne enraver le développement de l'autre, de celui qui, 
conscient, sait trouver sa victime jusque sous les abris où elle 
se dissimule le mieux. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XIX 

Séance du 5 avril 1911 

Présidence de M. Abelous, président- 

M. Jean Bonnet a étudié le groupement par paires des 
chromosomes dans les cinèses somatiques, chez Yucca gloriosa. 

Dans une note précédente, il a déjà rappelé que les diverses 
espèces de Yucca possèdent deux sortes de chromosomes, les 
uns gros et au nombre constant de 10 ; les autres petits, très 
difficiles à dénombrer exactement, mais leur nombre étant voi- 
sin de 45. D'après Clemens Mùller, tous seraient groupés 
par paires, et cet appariement serait particulièrement net pour 
les megachromosomes. On verrait, en effet, aux dépens du 
réseau nucléaire quiescent, se différencier les chromosomes 
déjà groupés par couples, et ce groupement serait très net dans 
les métaphases et dans les anaphases, les 10 megachromosomes 
formant 5 paires, et les microchromosomes étant aussi, quoique 
d'une manière moins évidente, accouplés deux à deux. 

L'auteur a observé les cinèses somatiques dans les tissus de 
l'ovaire jeune de Yucca gloriosa, et ses études ne l'ont pas 
conduit aux mêmes conclusions que Clemens Mùller. Pour 
lui, en effet, ce groupement par paires, quoique net dans cer- 
tains cas, serait seulement une apparence due au hasard : les 
megachromosomes en effet sont disposés en direction radiaire à 
la périphérie de la plaque circulaire que forment les microchro- 
mosomes ; et, la géométrie cellulaire étant seulement appro- 
chée, mais non pas parfaite, il se produit des rapprochements 
fortuits entre deux ou plusieurs de ces megachromosomes. Et 
ceci donne naissance, soit à des couples, soit à des groupe- 
ments de 3, 4, 5 ou même 6 megachromosomes : l'existence de 
groupements impairs très nets prouve bien que le groupement 
par couples n'est pas un phénomène primordial. 

Quant aux microchromosomes, ils ne fournissent pas, à 
à cause de leur taille trop faible et de leur nombre trop élevé, 
un objet déludes satisfaisant, et doivent être laissés de côté. 






NX ' COMPTES RENDUS DES SEANCES 

L'auteur ne veut pas conclure de là à la négation générale du 
groupement par paires des chromosomes dans les noyaux 
diploïdes, qui au contraire lui paraît indubitablement établi 
dans d'autres cas, mais pense seulement qu'à ce point de vue 
le Yucca n'est pas susceptible de fournir des images claires. 



Séance du 1^7 mai 1911 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. P. Dop fait une communication sur la notion d'espèce et 
Vaire d'extension géographique. Il montre d'abord que tous 
les documents que l'on possède tendent à établir l'origine mono- 
phylétique des espèces ou, ce qui revient au même légitime- 
ment, la notion de centres de création. Ceci étant posé, il 
établit que la continuité de Vaire d'extension est le meilleur 
critérium de là valeur biologique d'une espèce. Par continue 
il faut entendre une aire qui ne soit pas morcelée par de grands 
espaces. Cependant une difficulté assez grande se pose dans 
l'étude de l'aire d'extension. En effet, une aire peut être 
discontinue actuellement et avoir été continue à une époque 
géologique plus ou moins récente. Ainsi, par exemple, l'aire 
actuelle de Azalea pontica est discontinue (Péninsule ibérique 
et Caucase) ; mais à l'époque glaciaire elle était au contraire 
parfaitement continue. La discontinuité a pu d'ailleurs appa- 
raître dans une aire par suite aussi de changements purement 
géographiques. De là résulte la nécessité de rechercher si une 
espèce est d'origine récente ou ancienne, et, en pratique, il 
suffira de savoir si elle est post ou antéglaciaire. Cette ques- 
tion étant résolue, il est facile de voir que pour définir une 
espèce post-glaciaire ia continuité de l'aire apparaît comme un 
des meilleurs critériums si, bien entendu, l'on possède des docu- 
ments suffisants et si l'espèce considérée n'appartient pas au 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES XXI 

groupe des ubiquistes que le vent, la mer ou les oiseaux dissé- 
minent irrégulièrement et un peu partout. Si, au contraire, 
l'espèce est antéglaciaire, il est nécessaire de reconstituer son 
histoire paléontologique et l'histoire géographique de son aire 
d'extension. 

En somme, l'étude de l'aire d'extension d'une espèce appa- 
raît comme étant le meilleur critérium de la valeur biologique 
de cette espèce. Mais cette étude est pleine de difficultés, car 
elle nécessite la connaissance exacte de la distribution actuelle 
et fréquemment la mise en œuvre de documents paléontolo- 
giques et géologiques, qui malheureusement feront souvent 
défaut. 



Séance du 7 juin 1911 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. F. Vincens fait une communication sur la rouille du 
maïs. 

La rouille du maïs est hétéroïque ainsi que cela a été démon- 
tré pour la première fois par Arthur (I) qui, ayant rencontré 
autour d'un vieux pied de maïs rouillé des pieds d' Oxalis 
cymosa portant Mcidium oxalidis (Thumen) fut amené à 
essayer l'infection du maïs par des . secidiospores prises sur 
Oxalis. Il obtint ainsi la forme uredo du Puccinia maydis. 

La démonstration a été complétée par les expériences de 
Hecke (2) qui, au printemps 1906, essaya l'injection de divers 
Oxalis par les téleutospores du Puccinia maydis (Péreng.), 
récolté l'automne précédent. Ses essais portèrent sur Oxalis 
stricta, 0. tropseoloides, 0. valdiviana, 0. rosea, 0. Bowiei. 



(1) Arthur. The ^Ecidium of Maize Rust. Bot. Gaz. 38. 1904. 

(2) L. Hecke. Infcctionsversuche mit Puccinia Maydis. Annales 
mycologici. 1906, pp. 418-420. 



XXII COMPTES RENDUS DES SEANCES 

Il obtint des résultats très nets sur 0. stricta et 0. tropseo- 
loides, moins nets sur 0. rosea, douteux sur 0. valdiviana, 
nuls sur 0. Bowiei. Hecke réussit également très bien l'infec- 
tion du maïs par les iccidiospores récoltées sur 0. stricta. 

Des essais semblables ont été faits par W. Tranzchel (1) qui, 
en 1905, obtint le Puccinia maydis sur Zea mays avec des 
tecidiospores prises sur Oxalis comiculata et, en 1906, obtint 
abondamment la forme secidienne sur Oxalis stricta et 0. cor- 
niculata avec les téleutospores obtenues dans l'infection précé- 
dente. 

Ces expériences démontrent nettement l'hétéraecie de la 
rouille du maïs. M. Vincens a pensé qu'il était tout de même 
intéressant de les reprendre parce qu'il ne les a trouvées citées 
comme démonstratives dans aucun des ouvrages français qu'il a 
pu consulter et, d'autre part, parce que la rouille de l'Oxalis 
paraît être très rare en France puisqu'elle n'y a pas encore été 
signalée. Elle n'a pas été rencontrée dans la région toulousaine 
où la rouille du maïs n'est pas rare et où Y Oxalis comiculata 
est très fréquent à l'état spontané. 

Au Jardin botanique de Toulouse, Oxalis comiculata et 
0. violacea poussent abondamment dans les planches ou au 
voisinage de planches où, tous les ans, sont cultivés des maïs 
dont un ou plusieurs pieds sont atteints par Puccinia maydis. 
Cependant jamais encore ces oxalis n'ont porté de rouille. 

Des essais d'infection ont été faits au mois d'avril dernier 
sur, Oxalis comiculata avec des téleutospores récoltées sur 
Zea mays au mois de décembre 1910. Après leur récolte, ces 
spores n'avaient montré aucune faculté germinative ; mais, 
par contre, elles germaient très facilement au mois d'avril ; 
elles étaient restées exposées aux intempéries pendant tout 
l'hiver. Sur les oxalis infectés, de nombreuses tâches ont 
apparu après 11 jours, puis, trois jours après, les premières 



(1) W. Tranzchel. Kulturversuche mit Uredineen im Jalire 1906. 
Annale 8 mycologici, 1907, p. 32. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XXIII 

spermogonies ; les œcidies n'ont commencé à s'ouvrir qu'après 
le vingt-et-unième jour. 

De nouveaux essais ont été faits au mois de mai, alors que 
les téleutospores germaient encore facilement. Ces essais ont 
porté sur divers oxalis : 0. corniculata, 0. esculenta, 0. vio~ 
lacea, 0. crenata, 0. elongata, 0. tetraphylla, 0. varia- 
bilis, 0. bowieana, 0. deppei. Les résultats ont été très nets 
sur 0. corniculata où les premières taches ont apparu après 
42 jours et les secidies après 16 jours. Parmi les autre Oxalis 
seul 0. bowieana a porté quelques taches après 15 jours avec 
secidies très réduites dans la suite. Les autres espèces sont 
restées absolument indemnes. Il est à noter que ces plantes 
étaient à un état de développement déjà très avancé et présen- 
taient peu ou pas de jeunes feuilles. D'autre part Oxalis vio- 
lacea a été accidentellement détruit après 15 jours alors que 
les feuilles ne portaient encore aucune tâche. 

M. Vincens a fait aussi au mois de mai les essais inverses 
d'infection sur quelques pieds de maïs avec des secidiospores 
obtenues sur Oxalis corniculata. Ces essais ont pleinement 
réussi. Les sores à urédospores ont apparu sur les feuilles de 
de maïs après 10 jours en serre, après 14 jours en plein air. 
Les pieds mis en expérience appartenaient à Zea japonica, 
Zea caragua et à un maïs blanc du pays dont la variété n'a pas 
été déterminée. 

Si l'hétérsecie du Puccinia maydis est indubitablement démon- 
trée, sa propagation, ainsi que le fait remarquer Hecke (1), 
n'en reste pas moins mystérieuse dans les régions où la rouille 
de Poxalis est extrêmement rare. Il est difficile d'admettre la 
conservation de la rouille pendant l'hiver dans des régions 
méridionales et sa propagation de proche en proche vers le 
nord pendant l'été, ainsi que l'ont admis quelques auteurs (2). 
Il est encore plus difficile de croire à l'infection du maïs par 

(1) Hecke. loc. cit. 

(2) D'après Hecke, loc. cit. 

SOC. D'HISr. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV). 10 



XXIV COMPTES RENDUS DES SEANCES 

lestéleutospores mêmedu Puccinia maydis, ceque Kellerman(l) 
croit possible. D'après lui les sporidies de la rouille du maïs 
amèneraient la formation de sores à urédospores sur le maïs. 
Gela paraît extrêmement étrange, étant donné que jusqu'à 
présent on n'a jamais constaté, pour les rouilles hétéroïques, 
la possibilité d'infection d'une plante par des téleutospores 
provenant d'une plante de même espèce. Cependant les résul- 
tats obtenus par Kellerman ne pouvaient être mis en doute 
sans que ses expériences aient été reprises avec soin. 

Hecke (2) a vainement essayé l'infection du maïs par les 
téleutospores du Puccinia maydis. 

M. Vincens a également repris ces essais en variant le plus 
possible les conditions d'expérience. 

Des graines de maïs ont été semées dans de la terre à laquelle 
avaient été intimement mélangés des débris de feuilles pulvé- 
risées et portant des téleutospores de Puccinia maydis. 

Du liquide portant en suspension des téleutospores commen- 
çant à germer a été déposé: 

1° Sur des graines précédemment gonflées dans l'eau et près 
de germer; 

2° Sur des graines dont les germes commençaient à appa- 
raître; 

3° Sur des feuilles sortant à peine de terre; 

4° Dans le cornet formé par la feuille supérieure de jeunes 
pieds de 4 à 5 feuilles. 

De plus, des pieds très jeunes, à feuilles non encore étalées, 
ont été laissés pendant 48 heures dans de l'eau, renfermant en 
suspension une grande quantité de téleutospores. 

Enfin des essais ont été faits en pleine terre, dans les mêmes 
conditions que ceux faits avec les yecidiospores, sur Zea japo- 
ponica, Zea hirta,Zea caragua, sur maïs blanc et maïs jaune 
précoce. 

(1) W. A. Kellerman,— Uredineous infection experiments in 190 
Journal of Mycoloyy . Vol. II, p. 20. 
(2; Hecke. Loc. cit. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XXV 

Aucun pied de maïs ne présente la moindre tache de rouille 
même après un mois. 

Cependant M. Vincens ne considère pas l'absence des fructi- 
fications de Puccinia comme prouvant suffisamment l'absence 
d'infection. Il est en effet possible que, dans les conditions où 
ont été faits les essais, le champignon ait pénétré dans la 
plante et se développe avec elle sans manifester sa présence à 
l'extérieur. Les choses se passent ainsi pour plusieurs rouilles 
et l'on sait que, d'après Eriksson (1), le germe des rouilles des 
céréales existerait dans la graine quand elle se détache de la 
plante mère ; les fructifications n'apparaissent cependant que 
plusieurs mois après la germination de l'hôte et sur des plantes 
jusqu'alors très saines en apparence. 

Ce n'est donc qu'après que les maïs sur lesquels ont été faits 
les essais d'infection auront acquis tout leur développement à 
à côté de témoins non infectés que l'on pourra savoir si oui ou 
non l'auto-infection par téleutospores est possible. 

En somme, les expériences de M. Vincens confirment l'hé- 
térsecie constatée par Arthur, Hecke, Tranzchel ; mais, comme 
celles de Hecke, elles laissent subsister un doute sur la possibilité 
de l'auto-infection du maïs pas les spores d'hiver du Puccinia 
maydis. 

M. J. Comère fait hommage à la Société d'un travail ayant 
pour titre : De révolution périodique des Algues d'eau douce 
dans les formations passagères. Dans ce mémoire, l'auteur 
présente le résultat d'une série d'observations faites sur les 
conditions écologiques du développement des Algues qui peu- 
plent les petits réservoirs aquatiques soumis à la dessication 
annuelle, tels que les mares, les flaques d'eau, les fossés bor- 
dant les routes ou délimitant les champs cultivés, etc., etc. 

Les conditions de l'évolution des Thallophytes dans cette 



(1) Eriksson. Sur l'origine et la propagation de la Rouille des cé- 
réales par la semence. Annales des sciences naturellps 1901-1902. 



XXVI COMPTES RENDUS DES SEANCES 

catégorie de formations sont très différentes de celles qui règlent 
le cycle végétatif des formations permanentes. Le processus 
vital, favorisé au début par l'élévation précoce de la tempéra- 
ture, commence et se termine beaucoup plus tôt que dans les 
milieux plus stables, montrant quatre phases caractéristiques : 
l rc phase, fin de la période hyémale, température moyenne au- 
dessous de 10°, avec petites Diatomacées naviculoïdes; 2 e phase, 
première période vernale, température 10° à 12°, d'abord Dia- 
tomacées filamenteuses, puis Conferva, Ulothrix, Œdogonium 
et quelques Desmidiacées nautiques, surtout Closterium; 
3 d phase, deuxième période vernale, température 12° à 20° et 
au-dessus, Conjuguées filamenteuses, disparition des Diatoma- 
cées; quatrième période, période estivale, dès le début, évapo- 
ration progressive de l'eau contenue dans les formations, ter- 
minaison du cycle évolutif. 



Séance du 21 juin 1911 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Vincens rend compte de ses nouvelles observations sur 
le Zaghouania Phillyrese. 

Dans une précédente communication, le 18 mai 1910, l'au- 
teur a signalé la présence, au Jardin botanique de Toulouse, du 
Zaghouania PhiUyreœ sur Phillyrea média. Il avait alors pu 
constater : 

1° La présence de téleutospores mélangées aux urédospores; 

2° L'existence, sur les tiges, d'hypertrophies portant des cre- 
vasses dans lebquelles se forment urédospores et téleutospores ; 

3° La germination facile des sporidies dans l'eau; 

4° L'apparente spécialisation de Zaghouania Phillyrea} sur 
Phillyrea média. 

Ces observations ont été complétées par celles qui ont pu être 
faites dans la suite. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XXVII 

Au mois de mai 1910 des essais d'infection avaient été faits 
en serre, avec des téleutospores, sur un pit d sain de Pkillyrea 
média. Les résultats obtenus expliquent en partie l'allure de la 
maladie sur les plantes observées en plein air. 

Les téleutospores se sont montrées incapables d'infecter les 
feuilles âgées, elles n'o:it produit de rouille que sur les organes 
jeunes apparus au printemps 

Elles ont provoqué l'apparition sur les feuilles, après une 
dizaine de jours, de taches secidiennes déformantes, mais loca- 
lisées, alors même que l'infection avait été faite sur de très 
jeunes feuilles. 

L'infection présentait la même localisation sur les jeunes 
tiges tout en provoquant, le plus souvent, la formation d'hy- 
pertrophies avec contournement sur le point attaqué. 

Enfin, un fait remarquable a été le développement presque 
immédiat de bourgeons axillaires qui normalement ne devaient 
se développer que bien plus tard. Les pousses auxquelles ils 
ont donné naissance ont été entièrement envahies par le para- 
site. La présence de ce dernier ne s'est manifestée qu'une 
quinzaine de jours après l'infection, par la couleur rosée qu'ont 
alors prise les bourgeons et par leur volume plus gros que celui 
des bourgeons sains. Les pousses auxquelles ils n'ont pas tardé 
à donner naissance sont restées généralement très courtes, mais 
étaient épaissies et de couleur rougeâtre lavée de pourpre, les 
feuilles en étaient plus petites que celles des pousses normales, 
épaisses et jaunes et, de plus, les écailles de la base, qui nor- 
malement sont libres et caduques, formaient une coupe char- 
nue, bilobée. Tous les organes infectés par les téleutospores se • 
sont recouverts sur les points atteints de pycnides et d'œcidies, 
puis se sont desséchés au début du mois de juillet. Des urédos- 
pores se sont formées à partir du mois de juin et jusqu'à l'au- 
tomne sur les feuilles âgées. Aucune fructification n'a persisté 
en hiver et la plante, portée au dehors, s'est montrée indemne 
au printemps 1911. 

Il n'en a pas été de même sur Phillyrea naturellement infecté 
au Jardin botanique. 



xxvin Comptes rendus des séances 

Ainsi que l'avaient prévu MM. Dumié et Maire, les urédos- 
pores se forment toute l'année sur les feuilles âgées. Des taches 
nouvelles avec soresà urédospores se forment même en hiver ; 
elles sont rares il est vrai à cette époque, mais il est probable 
que leur multiplication y est normale en Algérie, en Tunisie 
et en Corse, où MM. Dumée et Maire ont étudié le Zaghouania. 
Gela seul suffirait pour assurer la conservation du parasite pen- 
dant l'hiver. 

Le mycélium du parasite n'est pas vivace dans les feuilles, 
dont les taches et le pourtour des taches se dessèchent au bout 
de quelques semaines ; il est au contraire vivace dans les hyper- 
trophies des tiges, à la surface desquelles il fournit des spores 
dès que la température devient favorable. 

Les téleutospores bien caractérisées n'apparaissent qu'au 
milieu du mois de mars et disparaissent totalement à la fin du 
mois de mai. Or, c'est au milieu du mois d'avril que commen- 
cent à se développer les premières pousses de Phillyrea média. 
Ainsi le maximum d'abondance des spores correspond bien à 
la présence des organes qu'elles sont capables d'infecter. 

Les taches et les déformations iccidiennes sur les jeunes 
organes ont apparu au milieu de mai en 1910 et en 1911 ; les 
pousses complètement envahies ont été très rares 

Phitlyrea angustifolia s'est montré indemne pendant tout 
l'été 1910. La rouille s'est manifestée seulement en décembre 
par quelques rares sores à urédospores, sous les feuilles d'un 
rameau abrité sous ceux du Ph. média. Au printemps 1911 
quelques taches secidiennes se sont montrées sous des feuilles 
de ce même rameau qui a donné, de plus, une pousse déformée 
parle parasite. Ces organes sont déj-i desséchés à la fin du mois 
de juin et Ph. angustifola ne porte plus de rouille. Il est à 
remarquer qu'en 1910 les t eunes feuilles n'apparurent qu'à la 
fin du mois de mai; en 1911, l'arbuste ayant été à peu près 
entièrement dépouillé de ses feuilles âgées, par les gelées 
d'hiver, les pousses nouvelles ont commencé à se développer 
dès le début du mois de mai, c'est-à-dire à une époque très 
favorable à l'infection, grâce à l'abondance des téleutospores. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XXIX 

Phillyrea latifolia a été particulièrement envahi parla forme 
gecidienne, aussi bien en 1910 qu'en 1911. Ses jeunes pousses 
apparaissent au milieu d'avril comme celles de Ph. média. Ce 
qui est remarquable pour cette espèce, c'est le grand nombre 
des bourgeons axillaires prématurément développés en pousses 
hypertrophiées, envahies parle parasite. De plus tous les organes 
atteints sont morts dans la suite et, pendant l'hiver 1910-191 1 , 
Ph. latifolia ne portait aucune fructification de rouille. La 
contamination des jeunes organes en 1911 n'a pu se faire que 
grâce au voisinage de Ph. média. 

Phillyrea Vilmoriniana voisin de Ph. latifolia a porté, en 
1910, quelques larges taches avec uniquement des pycnides; 
ces taches étaient desséchées en juillet. Il n'a servi d'hôte à 
aucune rouille au printemps 1911. 

Ainsi Phillyrea média apparaît comme étant, sous notre 
climat, l'hôte le plus favorable au développement du Zaghouania 
Phillyrese et à sa conservation. Seul il porte les quatre formes 
reproductives de cette rouille et seul il la nourrit pendant toute 
l'année. Zaghouania Phillyrese n'offre pas cependant une espèce 
biologique propre à Phillyrea média; les trois autres Phillyrea 
du Jardin botanique de Toulouse ont été atteints à des degrés 
divers, mais les spores caractéristique du Zaghouania n'appa- 
raissent (ou, tout au moins, n'ont apparu jusqu'ici) que sur 
Ph. média. 

Il semble que l'apparition de la forme aecidienne dépende 
assez étroitement des conditions météorologiques desquelles 
dépend le développement simultané des spores et des organes 
que seuls elles peuvent infecter. Il est curieux de comparer la 
facilité avec laquelle la forme aecidienne apparaît, quand les 
conditions précédentes sont réalisées, avec la difficulté avec 
laquelle se développent les urédospores et les téleutospores sur 
les hôtes sur lesquels il semble que l'adaptation se soit pas 
aussi parfaite que sur Ph. média. 

C'est là un fait qui, étudié de plus près, pourrait peut-être, 
pense l'auteur, jeter un peu de lueur sur l'intéressant pro- 



XXX COMPTES RENDUS DES SEANCES 

blême de l'origine de l'étrange hétérsecie d'un grand nombre de 
rouilles. 



Séance du 5 juillet 101 I 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Ducos a étudié les antipodes du sac embryonnaire de 
Nigella Damascena, qui se font remarquer par des phéno- 
mènes de gigantisme très accusés. 

C'est un fait général observé par plusieurs auteurs : Gui- 
gnard , Westermaier , Osterwalder, Mottier , Souèges, etc., 
que les antipodes des lienonculacées acquièrent des dimensions 
et d< s caractères à peu près inconnus dans les autres familles. 
Leur grande taille, le nombre de leur noyaux, la multiplication 
de ces derniers par division directe sont autant de particula- 
rités distinctives. 

Les auteurs qui ont observé cette hypertrophie, en parti- 
culier Osterwalder, sur Aconitum Napellus ; Souèges, sur 
Clematis Vitalba, ont essayé de l'expliquer en supposant pour 
ces cellules des fonctions physiologiques très spécialisées. Se 
basant sur la présence d'un caudicule antipodial pénétrant les 
tissus au voisinage de l'hypostase, sur la présence d'ergasto- 
plasme dans la cellule, ils supposent que les liquides nutritifs, 
venant de la chalaze, se déversent dans le sac embryonnaire à 
travers les antipodes, qui leur offrent une voie d'accès plus facile, 
et qui leur feraient subir au passage des modifications chimiques 
destinées à les rendre plus favorables à la nutrition de l'em- 
bryon. Ces antipodes joueraient en même temps le rôle de 
glandes digestives, destinées à faciliter au sac embryonnaire la 
destruction du nucelle. Leur taille géante serait en rapport avec 
leur activité physiologique très considérable. 

M. Ducos est arrivé sur le Nigella Damascena à des con- 
clusions différentes. Les antipodes présentent les mêmes carac- 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES XXXI 

tères histologiques que ceux observés par les auteurs ; mais ces 
antipodes ne sont pas insérées au fond du sac embryonnaire au 
voisinage de la chalaze. Après la fécondation, elles augmentent 
de taille, et par suite de l'agrandissement du sac embryonnaire 
au dessous d'elles, elles tournent sur elles-mêmes et s'insèren* 
latéralement à égale distance du micropyle et de la chalaze. 
L'absence de caudicule, la disposition des cellules du piédestal 
servant à l'insertion, cellules dont les parois sont perpendi- 
culaires à la direction de l'écoulement nourricier supposé, la 
distance considérable des antipodes à la chalaze, ne permettent 
pas de leur attribuer le rôle de canal conducteur pour les maté- 
riaux nutritifs. Il est infiniment plus probable que ces matières 
se déversent dans le fond du sac embryonnaire, comme on l'ad- 
met généralement chez les autres plantes. 

Au sujet de la fonction glandulaire M. Ducos fait remarquer 
que cette fonction est inutile au sac embryonnaire, qui est 
toujours capable, par lui-même, de digérer le nucelle et 
auquel on ne saurait refuser cette puissance digestive dans ce 
cas spécial, puisqu'il doit en définitive digérer toujours, bien 
qu'un peu tardivement, les antipodes géantes. Leur dévelop- 
pement ne serait donc qu'un obstable à l'exercice de cette 
fonction que le sac embryonnaire suffit à remplir. Si les sécré- 
tions digestives existent, elles ne serviraient qu'à l'accroisse- 
ment particulier de ces antipodes qui ne sécréteraient que 
pour leur usage personnel. 

Il conviendrait alors d'expliquer la formation des cellules 
antipodes géantes comme le résultat d'une action pathologique 
dont le monde biologique offre d'autres exemples. Les cellules 
géantes, plurinucléées par division directe ou mononucléées, 
sont dans la généralité des cas produites par une action 
physiologique ou mécanique, toujours néfaste à divers degrés. 
Dans le cas des antipodes géantes, cette excitation pathologique 
serait due à l'action des diastases du sac embryonnaire. Le 
plus souvent les antipodes sont digérées sans résistance^ Chez 
les Renonculacées, grâce à leur robustesse, les antipodes 



XXXII COMPTES RENDUS DES SEANCES 

prolongeraient leur résistance en réagissant suivant des modes 
connus, mais finiraient en dernière analyse par disparaître, 
comme toujours, sous l'influence du sac embryonnaire. 

M. L. Mengaud présente à la Société une Hache en pierre 
polie trouvée à Saint-Sernin-de-Gourgoy, près Briatexte 
(Tarn). — L'instrument est d'un type courant, presque banal. 
Le tranchant est bien conservé ; la partie arrière est brisée. 
Elle mesure 102 millimètres de long, 65 millimètres de large 
et 32 millimètres dans sa plus grande épaisseur. Fortement 
patinée en surface et portant quelques traces de chocs et de 
rayures, elle est formée d'une diabase grenue verdâtre ayant 
beaucoup d'analogie avec les diabases ophitiques. 

Cette hache a été trouvée à la surface du sol, pendant un 
labour, dans la propriété de M. Gabar.de, maire de Saint- 
Gauzens, près de Briatexte (Tarn). Le champ de la trouvaille 
est dans la propriété dite « Borio pitiouno », sur une des ter- 
rasses du Dadou d'altitude moyenne : 135 mètres en ce point. 
Cette terrasse est la continuation de celle qui, à Graulhet, à 
10 kilomètres en amont, a livré une dent de mammouth 
(Elephas primigenius) par 148 mètres d'altitude. En aval de 
Graulhet cette terrasse se divise en trois niveaux qui ont respec- 
tivement 145-140 mètres, 135-130 mètres et 125-120 mètres 
entre Briatexte et l'embouchure du Dadou. 

La matière première de la hache est une 'diabase dont il 
existe des fdons dans la vallée du Dadou, plus en amont aux 
environs de Réalmont. On a même pu prendre un galet roulé 
de cette diabase, quoiqu'ils soient assez rares dans les alluvions 
de Saint-Sernin et des alentours. 

L'existence d'une hache en pierre polie dans cet endroit n'a 
rien de bien surprenant. M. Mengaud a tenu toutefois à signaler 
cette trouvaille parce que, faute d'attention de la part des tra- 
vailleurs des champs sans doute, c'est la première fois qu'on 
recueille des débris de l'industrie humaine préhistorique entre 
Briatexte (signalé par Caraven-Cachin) et l'embouchure du 
Dadou. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XXXIII 

Séance du 15 novembre 1911 
Présidence de M. Abelous, président. 

M. J. de Rey-Pailhade fait la communication suivante sur 
les rapports de la cystéine et du philotiiion : 

« M. Albert Desmoulières, chef de laboratoire de chimie de 
la Faculté de médecine de Paris, vient de publier un important 
travail sur la cystinurie; c'est un tableau complet de tout ce 
qui touche à cette question. Ce sera un excellent guide pour 
les travailleurs de l'avenir, cependant quelques points, impor- 
tants à notre avis, n'ont pas été signalés. Les recherches sont si 
nombreuses que certains mémoires peuvent passer inaperçus 
aux meilleurs yeux. 

« M. Desmoulières, dans son excellente bibliographie de l'an- 
née 1907, ne cite pas le travail de A. Heffter, de Marburg : 
Die reduzierenden Bestandteile der Zellen, publié le 15 juillet 
1907, dans Medizinisch-naturwissenschaftliches Archiv. A. 
Heffter, à la page 85, signale une réaction de la cystéine, qui 
ne figure pas dans le livre de M Desmoulières. M. Heffter 
montre par une expérience quantitative que la cystéine racé- 
mique donne avec le soufre de l'hydrogène sulfuré à la tempé- 
rature de 20°. 

« Cette réaction, qui est celle du philothion, a fait admettre 
par Heffter, et nous l'admettons aussi, que le philothion est une 
albumine contenant dans sa constitution moléculaire de la cys- 
téine. Nous avons souvent signalé cette hypothèse très vrai- 
semblable, notamment en août dernier, dans une conférence 
faite devant le corps médical de Bagnères-de-Luchon ; M. le 
docteur Bardet, secrétaire perpétuel de la Société de thérapeu- 
tique de Paris, assistait à cette conférence. 

« Cette réaction du soufre avec la cystéine est très importante 
par sa grande netteté et surtout parce que, dans l'état actuel 
de nos connaissances, la cystéine ou le philothion peuvent 
seuls la produire. 



XXXIV COMPTES RENDUS DES SEANCES 

4L Cette réaction est le chaînon qui réunit la cystéine, substance 
cristallisée, au philothion, c'est-à-dire à cette albumine surhy- 
drogénée, dont la fonction physiologique paraît être de servir à 
l'oxydation d'une partie de l'hydrogène de la ration alimentaire. 

« L'hydrogène philothionique étant celui de la chaîne libre du 
sulfhydryle — SH, cette réaction jette une première lumière 
sur le rôle physiologique du soufre 

« D'après cela, le soufre servirait à la construction d'un ins- 
trument de la vie chimique de la cellule, instrument chargé 
d'oxyder de l'hydrogène alimentaire. 

« Nous nous proposons d'instituer des expériences pour ap- 
profondir davantage ce sujet qui touche au mécanisme de la 
vie générale. 

« L'article Philothion, du deuxième Supplément de chimie, 
de Wurtz, rédigé en 1907 par L. Lambling, fait déjà pressentir 
l'importance de la cystéine. Les travaux exécutés depuis cette 
époque ont beaucoup éclairci cette question. 

« L'hydrolyse des matières albuminoïdes a démontré que ces 
substances contenaient toutes de la cystéine dans leur groupe- 
ment moléculaire ; plus tard, la synthèse chimique en hydro- 
génant ce corps l'a dédoublé en deux molécules de cystéine. 
Baumann avait prévu l'existence de la cystéine dans l'organisme 
vivant. 

« Cette existence est vraiment prouvée par l'action du soufre 
sur la cystéine et par les propriétés du philothion vis-à-vis du 
soufre. 

« Les organismes vivants paraissent renfermer en quantité 
plus ou grande la plupart des corps obtenus par la synthèse 
chimique. » 

M. de Rey-Pailhade remet le rapport des délégués officiels 
aux essais de la montre décimale; puis il présente une carte de 
la Terre de Van Diémen de 1802, sur laquelle figure, entre au- 
tres noms français, celui du cap Péron, du nom du célèbre na- 
turaliste. 

Les Anglais ayant supprimé presque tous les noms français, 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XXXV 

M. de Fleurieu a fait en Australie des conférences pour les 
faire rétablir ; tout fait espérer que les noms français seront ré- 
tablis. 



Séance du 6 décembre 1911 

Présidence de M. Abelous, président. 

Après vote conforme aux statuts, le Bureau pour 1912 est 
ainsi constitué : 

Président M. Dop. 

Vice-présidents MM. Mengaud et Lécaillon. 

Secrétaire général M. Ribaut. 

Secrétaire adjoint M. Vincens. 

Trésorier M. de Montlezun. 

Bibliothécaire- Archiviste M. de Lastic. 

Conseil d'administration. — MM. Garrigou et Laromiguière. 
Comité de publication. — MM. Abelous, Garalp, Jammes 
et Lamic. 



LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

REÇUES PAR LA SOCIÉTÉ 



PUBLICATIONS FRANÇAISES (1) 

Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France 

(Moulins). 
Mémoires de La Société des Sciences naturelles de Cannes. 
Bulletin mensuel de la Société centrale d'Agriculture, d'Horti- 
culture et d'Acclimatation de Nice et des Alpes-Maritimes. 
Bulletin de la Société ariégeoise des Sciences, Belles-Lettres 

et Arts (Foix). 
Mémoires de la Société académique d'Agriculture, des Sciences, 

Arts et Belles-Lettres de l'Aube (Troyes). 
Bulletin de La Société d'études scientifiques de l'Aude (Car- 

cassonne). 
Mémoires de la Société des Sciences et Arts de Carcassonne. 
Mémoires et procès-verbaux de la Société des Lettres, Sciences 

et Arts de l'Aveyron (Rodez). 
Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau. 
Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la 

Haute- Vienne (Limoges). 
Bulletin de la Société de Géographie (Marseille). 
Bulletin de la Société linnéenne de Provence (Marseille). 

(i) Par ordre alphabétique des départements. 



XXXVIII LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

Mémoires de l'Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres 
et Arts de Caen. 

Annales de lai Société des Sciences naturelles de la Charente- 
Inférieure (La Rochelle). 

Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique 
de la Corrrèze (Brive). 

Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles 
de Semur. 

Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres 
de Dijon. 

Bulletins et mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du- 
Nord (Saint-Brieuc). 

Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard. 

Bulletin de la Société d'émulation du Doubs (Besançon). 

Bulletin départemental d'archéologie et de statistique de la 
Drôme (Valence). 

Bulletin de la Société académique de Brest. 

Travaux scientifiques du Laboratoire de Zoologie et de Phy- 
siologie maritimes de Concarneau. 

Mémoires et (comptes rendus de la Société scientifique et 
littéraire d'Alais. 

Biulletin de la Société d'études des Sciences naturelles de 
Nîmes. 

Mémoires de l'Académie du Gard (Nîmes). 

Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles 
de Bordeaux. 

Mémoires de la Société Linnéenne de Bordeaux. 

Bulletin de la Société de Géographie commerciale de Bordeaux. 

Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles- 
Lettres (Toulouse). 

Journal d'Agriculture, publié par les Sociétés d'agriculture de 
la Haute-Garonne et du Tarn (Toulouse). 

Compte rendu des Travaux des Facultés et des Observatoires 
(Toulouse). 

Bulletin de la Société Ramon (Tarbes). 



LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES XXXIX 

Bulletin de la iSociété archéologique, scientifique et litté- 
raire de Bêziers. 

Bulletin de la Société d'étude des Sciences naturelles de Béziers. 

Bulletin mensuel de l'Académie des ^Sciences et Lettres de Mont- 
pellier. 

Bîulletin de l'Académie Delphinale (Grenoble). 

Bulletin de la Société de statistique des Sciences naturelles et 
des Arts industriels du département de l'Isère (Grenoble). 

B|ulletin [de la! Société dauphinoise d'Etudes biologiques (Gre- 
noble). 

Mémoires ide la (Société d'émulation du Jura (Lons-le-Saulnier). 

Bîulletin [oje la Société de Borda (Dax). 

Annales die la (Société d'Agriculture, Industrie, Sciences, Arts 
et Bielles-Lettres du département de la Loire (Saint-Etienne). 

Annales de la Société académique de Nantes et de la Loire- 
Inférieure. 

Bulletin de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la 
France (Nantes). 

Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences, Belles-Lettres 
et Arts d'Orléans. 

Mémoires de la Société des Sciences et Lettres de Loir-et- 
Cher (Blois). 

Bulletin de la Société des Etudes littéraires, scientifiques et 
artistiques du Loi (Gahoirs). 

Reeueil des Travaux de la Société d'Agriculture, Sciences et 
Arts d'Agen. 

B'ulletin de laj Société d'Agriculture, Industrie, Sciences et Arts 
de la Lozère (Mende). 

Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques d'Angers. 

Notices, mémoires et documents publiés par la Société d'Agri- 
culture, d'Archéologie et d'Histoire naturelle du départe- 
ment de la Manche (Saint-Lô). 

Mémoires de la Société nationale, des Sciences naturelles et Ma- 
thématiques de Cherbourg. 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV) 11 



XL LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

Mémoires de la Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et 

Arts du département de la Marne (Châlons-sur-Marne). 
Mémoires de la Société des Sciences et Arts de Vilry-le-Françoïs. 
Bulletin de l ( a Société d'Histoire naturelle (Reims). 
Mémoire de l'Académie Stanislas (Nancy). 
Bulletin de la Société des Sciences (Nancy). 
Société polymathique du Morbihan (Vannes). 
Bulletin de lai Société nivernaise des Sciences, Lettres et Arts 

(Nevers). 
Annales de la Société géologique du Nord (Lille). 
Mémoires de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des 

Sciences, des Lettres et des Arts (Dunkerque). 
Mémoires de la Société nationale d'Agriculture, Sciences et 

Arts centrale du département du Nord (Douai). 
Mémoires de la Société académique d'Archéologie, Sciences et 

Arts du département de l'Oise (Beauvais). 
Bulletin historique et -scientifique de l'Auvergne (Clermont- 

Ferrand). 
Mémoires de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts 

de Clermont-Ferrand. 
Annales de la station limnologicnie de Besse (Clermont-Fer- 
rand). 
Annales de la Société d'Agriculture, Sciences et Industrie de 

Lyon. 
Mémoires de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts 

de Lyon. 
Annales de la Société Linnéenne de Lyon. 
Annales de la Société de Botanique de Lyon. 
Bulletin de la Société des Sciences naturelles de Tarare. 
Annales de l'Académie de Mâcon. 
Bulletin de lai Société d'Histoire naturelle de Mâcon. 
Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la 

Sarthe (Le Mans). 
Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Savoie (Chambéry). 
Bulletin et mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris. 



LISTE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES XLI 

Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des 

Sciences (Paris). 
Bulletin de la Société Botanique de France (Paris). 
Bulletin de la Société Philomathique de Paris. 
Feuille des Jeunes naturalistes (Paris). 
Bulletin de la Société Géologique de France (Paris). 
Annales de la Société entomologique de France (Paris). 
Spelunca (Paris). 
Recueil des publications de la (Société haVraise d'Etudes diverses 

(Le Havre). 
Bulletin de la Société géologique de Normandie (Le Havre). 
Bulletin de la Société industrielle de Rouen. 
Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles de 

Rouen. 
Mémoires de la Société des Sciences naturelles et médicales de 

Seine-et-Oise (Versailles). 
Mémoires de l'Académie des Sciences, des Lettres, Arts, 

d'Amiens. 
Recueil de l'Académie des Sciences, jBelles-Letlres et Arts du 

Tarn-et-Gar onne (M ontauban) . 
Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques et archéologiques 

de Draguignan. 
Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Toulon. 
Annales de la Société d'émulation du département des Vosges 

(Epinal). 
Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles 

de L'Yonne (Auxerre). 
Bulletin de la Société d'Etudes d'Avallom. 



XLII LISTE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES 



PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES (1) 

Neues Jahrbuch fur Minéralogie und Paléontologie (Stuttgard). 
Zeitschrift fur wissenschaftliche Insektenbiologie (Berlin). 
Botanischer Verein der Provinz Brandenburg (Berlin). 
Nova acta. — Kaiserl. Leop.-Carol. Dcutschen Akademie 

der Nafurforscher (Halle). 
Mitteilungcn aus dem naturhistorischen Muséum (Hamburg). 
Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Metz. 
Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Golmar. 
Quarterly Journal of the geological Society (London). 
Geological literature added to the geological society's Library 

(London). 
Transactions of the entomological Society London. 
Annuai report of the geological commission (Capc-Town). 
Proceedings of the scientific meetings of the Zoological Society 

of London. 
Boletin de la Academia Nacional de Ciencias en Cordova 

(Buenos-Ayres). 
Boletin del Instituto Geographico Argentino (Buenos-Aires). 
Revista Argentina de historia natural (Buenos-Aires). 
Annales du Musée du Congo (Bruxelles). 
Annales de la Société entomologique de Belgique (Bruxelles). 
Bulletin de la) Société Royale belge de Géographie (Bruxelles). 
Académie royale de Belgique. — Bulletin de la classe des 

Sciences (Bruxelles). 
Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique 

(Bruxelles). 
Annales de la Société de Géologie de Belgique (Liège). 
Bulletin de la Société géologique de Belgique (Liège). 
Archivos del Museoi Nacional (Rio de Janeiro). 

(i) Par ordre alphabétique de pays. 



LISTE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES XLIII 

The proceedings and transactions of the Nova Scotia (Ha- 
lifax). 

Institute of Sciences (Halifax, Nova Scotia). 

Actes de la Société scientifique du Chili (Santiago). 

Bulletin de l'Institut Egyptien (Alexandrie). 

Anales de la Sociedad espaîbla de historia natural (Madrid). 

Boletin de lai Sociedad espanola de historia natural (Madrid). 

Boletin de la Sociedad geografica de Madrid. 

Proceedings of the United States National Muséum (Wa- 
shington). 

Pensylvania Geological Survey (Washington). 

U. S. département of agriculture (publications) ^Washington). 

Smithsonian institution. U. S. national Muséum (Washington). 

Transactions of the Wisconsin (Madison). 

United States Geological Survey Annual report (Washington). 

United States Geological Survey Bulletin (Washington). 

Missouri Botanical Garden. Annual .report (Saint-Louis). 

Annals of the New-York. Academy of Sciences (New-York). 

Transactions of the New -York. Academy of Sciences (New- 
York). 

Transactions of the Connecticut Academy of Arts and Sciences 
(New-Havem). 

Proceedings of the Boston Society of natural history (Boston). 

Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences 
(Boston). 

Geological and natural history survey of Minnesota (Minnea- 
polis). 

Proceedings of the Academy of natural sciences (Philadelphia). 

Proceedings of the Rochester Academy of sciences (Rochester). 

Contributions Pensylvania University. 

University of California publications (Berkeley). 

The university of Chicago. The décennal publications (Chicago). 

Proceedings ôî the Dovenport Academy (Dovenport). 

Bulletin of the State Laboratory of natural history, University 
of Illinois (Urbana). 



XLIV LISTE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES 

Bulletin of the Wisconsin Natural History Society (Milwaukee). 

Tufts collège studies (scientific séries). 

Bolletino dei Laboratorio di Zoologia générale e agraria délia 

R. Scuola superiore d'Agricoltura (Portici). 
Atti délia Societa Italiana di scienze naturali (Milano). 
Memorie délia Sociela italiana di Scienze naturali di Milano. 
Bulletino délia Societa entomologica Italiana (Firenze). 
Bolletino délia Societa; Zoologica Italiana (Roma). 
Atti dell' academia scientifica Veneto-Trentinohlstriana (Padova) 
Atti délia Societa Toscana de Scienze Naturali (Pisa). 
Atti délia Societa dei naturalisti e matematici di Modena. 
Rendiconto délie sessioni délia R. Accademia délie Scienze dell' 

istituto di Bologna. 
Memorie délia R. Academia délie Scienze dell' istituto di 

Bologna (sezione délie scienze naturali). 
The Journal of] the geological society of Tokyo. 
Annotationes zoologicae Japonenses (Tokyo). 
Archives trimestrielles de l'Institut Grand Ducal (Luxembourg). 
Parergones dei Instituto Geologico de Mexico. 
Boletin dei instituto geologico de Mexico. 
Boletin dei cuerpo de los Inginieros de las Minas dei Pêrù 

(Lima). 
Commission du Service Géologique de Portugal (Lisbonne). 
Annaes scientificos da Academia polytechnica do Porto. 
Bulletin de la Société Impériale des Sciences (Pétersbourg). 
Bulletin de l'Académie Impériale des Sciences de Saint-Péters- 
bourg). 
Bulletin de la Société Impériale des naturalistes de Moscou. 
Anales dei Museo National de San-Salvador. 
Acta societatis pro fauna et flora fennica (Helsingforslae). 
Entomologisk Tidskrift, utgifven af entomologiska Fôrenin- 

gen i Stockholm. 
Biullelin tpf the geological institution of the University of 

Upsala. 
Bulletin de la Société des Sciences naturelles de Neuchâtel. 



LISTE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES XLV 

Bulletin die la 1 Société Vaudoise des Sciences naturelles (Lau- 
sanne). 

Mémoires de la Société Fribourgeoise des Sciences naturelles 
de Fribourg. 

Revue de Glaciologie (Fribourg). 

Berichte der Naturforschenden Gesellschaft zu Freiburg. 

Mémoires de l'Institut National Genevois (Genève). 

Blulletin k de la .Société Valaisanne des Sciences naturelle^ 
(Sion). 

Verhandlungen der Naturforschenden Gesellschaft in Basel. 

Vierteljahrschrift der Naturforschenden Gesellschaft in Zurich. 

Anales del Museo< Nacional de Montevideo (Mnseo de his- 
toria natural). 




TABLE DES MATIERES 

EE L'ANNÉE 1911 



Séance du 18 janvier i 

— 1 er février m 

15 février vi 

1 er mars x 

— 15 mars xn 

— 5 avril xix 

17 mai , xx 

— 7 juin xxi 

21 juin xxvi 

5 juillet '. . . xxx 

— 15 novembre xxxm 

— 6 décembre xxxv 

Liste des membres au l or juin 1911 7 

Admissions de nouveaux membres m, vi 

Composition du Bureau de 1911 5 

Election du Bureau de 1912 î , xxxv 

Liste des publications périodiques reçues par la So- 

* ciété xxxvn 

Dons d'ouvrages xxv 

Travaux scientifiques 

ZOOLOGIE 

Lecaillon et Audigé. — Recherches relatives aux 
moyens à employer pour combattre les insectes 
nuisibles. Première note : emploi de la naphta- 
line 61 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIV). 12 



XLVIII TABLE DES MATIERES 

Deumié. — Modes de détermination de la date d'éclo- 

sion des papillons de Cochylis et d'Eudemis x 

Vincens. — Champignons parasites de la Cochylis et 

de 1 Eudemis xn 

Vincens et Deumié. — Parasites de la Cochylis et de 

l'Eudemis i, vm 



botanique 



Bonnet. — Phénomènes nucléaires corrélatifs de la 
dégénérescence dans les cellules nourricières du 
pollen de Yucca gloriosa ni 

— Cellules nourricières du pollen de Cobsea 
scandens, Datura stramonium et Hemcrocallis 

fulva vm 

— Cinèsessomatiques chez Yucca gloriosa. xix 
Brunet. — Pénétration des plantes méditerranéennes 

dans le Massif central vi 

Comère. — Additions à la flore des algues d'eau 
douce du Pays toulousain et des Pyrénées cen- 
trales .11 , xi 

Dop. — Strychnos de l'Indo Chine française i 

— Noticn d'espèce et aire d'extension géogra- 
phique xx 

Ducos. — Antipodes du sac embryonnaire de Nigella 

Damascena xxx 

Vincens. — Une maladie des Eucalyptus 78 

— Etude sur des avoines moisies 83 

— Champignons parasites de la Cochylis et 

de l'Eudemis xn 

— La rouille du Maïs xxi 

— Nouvelles observations sur le Zaghoua- 

nia Phillyreœ xxvi 



XLIX TABLE DES MATIERES 



GEOLOGIE 



Canal. — Contribution à l'étude du glaciaire du mas- 
sif du Saint-Barthélémy (Ariège) 92 

Canal et Mengaud. — Gisement à Hippurites de 

Montferrier (Ariège) 87 



PRÉHISTOIRE 

Mengaud. — Hache en pierre polie trouvée à Saint- 

Sernin-de-Gourgoy, près Briatexte (Tarn) xxxn 

MISCELLANÉES 

De Rey-Pailhade. — Rapports de la cystéine au 

philothion xxxm 

— Montre décimale. xxxiv 

— Carte de la Terre de Van 
Diemen • xxxiv 




LE TOME QUARANTE-QUATRE 

A PARU 

Du commencement à la page 60. ... en octobre 1911 
De la page 61 à la fin en mai 1912. 



Toulouse. — Imp. BONNET, rue Romiguières, 2. 



SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉMKGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3« mercredi de chaque mois, 
du 2 ,n< ' mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Rue des Couteliers, iS y Toulouse. 



SOMMAIRE 

J. Canal. —Contribution à l'étude du glaciaire du massif 

du Saint-Barthélémy {suite et fin) 93 

Comptes rendus des séances. ... . . i 

Liste des publications périodiques reçues par la Société. xxxvn 
Table des matières xlvii 



*^r